Les deux délégations ont échangé à bâtons rompus sur les contraintes liées au développement du secteur privé burkinabè. (DR)

Climat des affaires au Burkina : Le FMI prêt à jouer sa partition

• Lever les goulots d’étranglement

• Le Burkina mal classé

• Assistance technique dans les PPP

 

Pour une économie forte, durable et inclusive, le Burkina Faso a bénéficié de la part du FMI d’un programme économique (2013-2017) au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC). Arrivé à échéance en 2017, le gouvernement burkinabè va se voir renouveler un autre programme économique pour 2018. Dans le nouveau programme économique actuellement en discussions avec le gouvernement Thiéba, le monde des affaires souhaite voir un certain nombre de ses préoccupations pris en compte: la seule façon, selon lui, d’avoir un secteur privé attractif et compétitif. Ces préoccupations ont été déclinées dans la matinée du mardi 12 septembre 2017 à Ouagadougou au directeur général adjoint du FMI, Mitsuhiro Furusawa. Cela porte sur le coût et la qualité des facteurs de production en général et des sujets concernant l’électricité, les infrastructures, les télécommunications et les ressources humaines, spécifiquement.
Le patron de la chambre de commerce a émis le souhait que le programme du FMI pour le Burkina permette de desserrer ces contraintes qui étouffent la compétitivité des entreprises. De la représentante du secteur agroalimentaire à ceux de l’artisanat, du secteur clinique et polyclinique, en passant par Mahamadi Sawadogo, lui-même, tous ont souligné le difficile accès au financement qui demeure l’un des principaux obstacles au développement du secteur privé. Les membres consulaires ont aussi souhaité que le FMI soit attentif à l’apurement de la dette intérieure qui les affecte énormément.
Pour que le secteur privé, moteur de croissance du pays, joue pleinement sa partition, M. Sawadogo souhaite que l’institution de Bretton Woods engage des réformes structurelles qui concourent à renforcer l’attractivité économique du Burkina Faso. Et, les hommes d’affaires burkinabè souhaitent que ces réformes soient contenues dans le nouveau programme économique. M. Sawadogo a également plaidé pour un meilleur classement du Burkina Faso dans le classement mondial des affaires. En effet, le pays des Hommes intègres occupe la 146e place en 2017. Pour y arriver, à la chambre de commerce, on a des pistes de solution. Il s’agit du transfert de propriété, de la protection des actionnaires, du commerce transfrontalier et de la rationalisation des licences d’affaires.
A cette rencontre, M. Sawadogo a rappelé la ferme volonté de la CCI-BF d’accompagner l’Etat burkinabè dans la mise en œuvre des Partenariats public-privé (PPP). Le FMI, qui a développé un programme d’assistance technique en termes de renforcement des capacités des entreprises dans le domaine des PPP, s’est dit disposé à cet accompagnement. Pour expliquer le contenu de cette assistance technique, qui mieux que le directeur général adjoint du FMI, Mitsuhiro Furusawa? D’entrée de jeu, le DGA du FMI a fait remarquer que le FMI n’a pas pour habitude de soutenir le secteur privé, mais plutôt d’apporter de l’assistance technique. A propos des PPP, il a souligné que «les PPP peuvent accélérer la croissance en offrant des financements pour des infrastructures qui, autrement, ne seraient pas à la disposition de l’Etat». Mais, il prévient que les PPP ne marchent pas à coup sûr partout. Et il rappelle que les PPP peuvent exposer les finances publiques à des risques budgétaires qui, pour être évités, exigent un solide dispositif institutionnel conjugué à une bonne gouvernance et à de bonnes capacités réglementaires. En plus, Mitsuhiro Furusawa a souligné que le FMI se tient à la disposition du secteur privé pour toutes les informations utiles pour une meilleure appropriation des PPP ; lesquelles informations peuvent être obtenues auprès de la représentation du FMI au Burkina Faso.

Rachel DABIRE


Présent au Burkina Faso depuis le 10 septembre 2017, le DGA du FMI, Mitsuhiro Furusawa, a eu des rencontres avec les plus hautes autorités du pays. C’est ainsi que, dans la matinée du lundi 11 septembre 2017, il a eu une séance de travail avec le Premier ministre Paul Kaba Thiéba, suivie d’une autre rencontre avec le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré. Le lendemain, c’était au tour du nouveau président de l’Assemblée nationale, Alassane Bala Sakandé, de s’entretenir avec lui. A toutes ces personnalités, Mitsuhiro Furusawa a réaffirmé les bonnes relations de coopération entre le FMI et le Burkina Faso. Le DGA du FMI a également visité la centrale électrique de Zagtouli qui, d’après les spécialistes, sera opérationnelle d’ici à la fin de l’année.

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Numéro d'édition: 220

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