A l’image du premier Compact, le 2e devrait financer des projets à gros pénitentiel de création de croissance et permettant de lutter contre la pauvreté. (DR)

2e Compact du Burkina : Phase d’identification des besoins

• Un processus participatif en cours

• Plusieurs acteurs mobilisés, informés et impliqués

• Des échanges sur les contraintes à la croissance économique

 

Juin 2019, c’est l’échéance prévue pour la signature et le début de la mise en œuvre sur le terrain du second Compact du Burkina. Le Compact est un paquet d’investissements financés par Millenium challenge account (MCA), un fonds du gouvernement américain. L’agence américaine qui gère ce fonds est le Millennium challenge corporation (MCC) créé en janvier 2004.
Après un premier Compact, dont la mise en œuvre s’est déroulée entre 2009 et 2014, le Burkina Faso a été, de nouveau, sélectionné en décembre 2016 pour bénéficier d’un autre Compact.
Il appartient maintenant au gouvernement burkinabè de définir les projets à financer en tenant compte de la philosophie qui est celle du MCA. Il s’agit notamment de «la réduction de la pauvreté par la croissance économique qui, elle-même, est créée par l’investissement privé». En effet, l’ambition du MCA est de stimuler la croissance économique pour lutter contre la pauvreté. Les projets qu’il accompagne sont conçus pour lever les contraintes structurelles et majeures qui freinent la croissance économique.
A partir de la notification de la sélection, le Burkina dispose d’environ deux ans pour présenter au partenaire américain les projets qui auront été identifiés comme décisifs pour stimuler la croissance.
C’est une phase très délicate qui doit être très bien maitrisée.
Le pilotage de cette phase est actuellement confié à l’Unité de coordination de la formulation du deuxième Compact (UCF-Burkina). Un organe mis en place en mars 2017 et à la tête duquel on retrouve un Economiste principal, assisté de quatre autres experts.
L’UCF est à pied d’œuvre depuis le mois d’avril. Elle doit formuler un Compact de qualité, de façon participative et inclusive, dans des délais satisfaisants. Il faut aller vite, car le temps presse ; mais bien. En effet, le Burkina est en concurrence, pour le partage des fonds du MCC, avec deux autres pays que sont la Tunisie et le Sri Lanka.
C’est pourquoi le processus qui doit aboutir à l’identification des projets du 2e Compact se veut participatif et inclut plusieurs étapes jugées incontournables. Plusieurs acteurs dont la participation au processus a été jugée importante y sont associés. Il s’agit notamment des représentants des ministères et institutions concernés par la question, du secteur privé (organisations et entreprises), des organisations de la société civile, des partenaires techniques et financiers, des médias nationaux (publics et privés), de l’ambassade des USA au Burkina Faso, du MCC et ses partenaires. D’ailleurs, une délégation du MCC a été réçu le 31 août pour faire le point sur le dossier.
Le travail participatif a commencé avec la tenue des consultations préliminaires avec les parties prenantes. Cela a abouti à l’élaboration des drafts zéro de 8 chapitres qui composent l’analyse des contraintes; première étape de la formulation du Compact.
Depuis 29 juin dernier, l’UCF organise à Ouagadougou une série d’ateliers d’information, de concertations et d’échanges avec tous les acteurs.
Le but des ateliers est de «mobiliser, impliquer et informer» sur le processus de formulation de ce 2e Compact.
Parmi les questions traitées, on a surtout apprécié «le lien entre le Compact et le PNDES». «Ce lien a fait l’objet de préoccupations pour beaucoup d’acteurs. Cette cohérence est déjà établie de façon structurelle dans notre démarche. En effet, nous avons fait l’analyse de cohérence entre les huit (8) chapitres de l’analyse des contraintes et les axes, les contraintes et les objectifs spécifiques du PNDES. Le résultat qui ressort c’est que tous les 8 chapitres concordent avec des objectifs spécifiques précis du PNDES. Quel que soit donc le choix du secteur d’intervention, nous sommes assurés que ce choix correspondra à au moins un objectif spécifique du PNDES», rassure l’UCF.
Selon la démarche menée par l’UCF, l’analyse préliminaire qui a consisté à identifier formellement les contraintes fortes à la croissance économique va déboucher sur un diagnostic approfondi des problèmes; c’est-à-dire une analyse causale.
Ce travail doit être achevé d’ici à janvier 2018, avec l’indication des «actions les plus pertinentes à mener pour lever ou atténuer ces contraintes».
Puis, il y aura la «définition et le choix des projets » qui vont permettre de mieux régler les grands problèmes identifiés à l’échéance d’août 2018.
La dernière étape du processus sera celle «des analyses de faisabilité et de rentabilité de chacun des projets, y compris les études environnementales», à l’échéance d’avril 2019. Lorsque tout cela sera validé au niveau local, il s’agira maintenant de négocier avec la partie américaine les conditions techniques, juridiques, budgétaires, etc. Puis interviendra la signature à l’échéance de juin 2019.
C’est après toute cette procédure que la phase de déroulement sur le terrain des projets du 2e Compact pourra commencer pour 5 ans. Le premier Compact, déroulé en 5 ans également, avait consisté en des projets d’infrastructures routières, des projets dans l’agriculture, l’élevage, le foncier, la décentralisation, etc.

Karim GADIAGA


 

Les 8 chapitres de l’analyse des contraintes

Les 8 chapitres sur lesquels travaille l’UCF-Burkina répondent à un souci de compréhension des contraintes à l’investissement privé et à la croissance économique dans notre pays.
Selon l’UCF, il ressort essentiellement que l’analyse de ces 8 chapitres devrait mettre le doigt sur les contraintes les plus fortes à la croissance économique et de faire des choix de projets les plus structurants.

Les 8 chapitres se déclinent comme suit:

Chapitre 1: «Pauvreté et croissance»
Chapitre 2: «Financement de l’économie»
Chapitre 3: «Risques macroéconomiques et distorsions»
Chapitre 4: «Risques microéconomiques et distorsions»
Chapitre 5: «Défaillances des marchés en matière d’innovation»
Chapitre 6: «Capital humain»
Chapitre 7: «Infrastructures»
Chapitre 8: «Capital naturel».

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Numéro d'édition: 218

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