Mise en œuvre du PNDES : Les mises en garde des PTF

• Quelques insuffisances révélées

• Le système statistique national est à améliorer

• Mettre en œuvre une politique budgétaire soutenable

Les Partenaires techniques et financiers (PTF) du Burkina, par la voix de Cheick Fantamady Kanté, représentant résident de la Banque mondiale au Burkina Faso, «réitèrent leur volonté de continuer à accompagner le gouvernement sur la base des besoins qu’il aura exprimés, afin d’accélérer opérationnalisation du PNDES et de contribuer ainsi à changer positivement la vie des Burkinabè; ce qui est la véritable raison d’être de la coopération au développement entre les PTF et le Burkina Faso».
C’était le 9 juin 2017 au cours de la revue annuelle 2017 du Plan national de développement économique et social (PNDES). Cheick Fantamady Kanté a félicité le gouvernement pour avoir adopté ce nouveau référentiel qu’est le PNDES et pour avoir mis en place un programme de suivi-évaluation et la mise en place progressive des instances de pilotage. A travers lui, les PTF se sont réjouis du succès de la conférence de Paris sur le financement du PNDES, tenue en décembre 2016 et qui a déjà un effet positif et tangible sur les stratégies de coopération. Ils ont aussi réitéré leur solidarité et leur compassion à l’endroit du peuple burkinabè dont ils saluent la résilience face aux différentes attaques terroristes.
Mais, les PTF ont tenu à révéler quelques insuffisances dans la mise en œuvre du PNDES. Si des mesures correctives sont apportées, elles pourraient contribuer au plein succès du PNDES. Ils ont d’ailleurs adressé ces insuffisances sous la forme d’un mémorandum au Secrétariat technique du PNDES.
Sur le plan de la dotation en ressources matérielles et humaines des structures de pilotage, les PTF souhaitent qu’il devienne plus performant pour maintenir une productivité soutenue de l’ensemble du dispositif.
En réponse à cette recommandation, le Premier ministre Paul Kaba Thiéba a rassuré que pour « l’ensemble des secrétariats techniques de notre processus, des dispositions seront prises pour qu’ils puissent bénéficier de ressources nécessaires pour leur fonctionnement».
Pour Cheick Fantamady Kanté, en plus de la mise à disposition de moyens suffisants, beaucoup d’efforts restent à consentir afin d’assurer l’élaboration de projets solides. Paul Kaba Thiéba a reconnu qu’il a instruit les cadres sectoriels de dialogue d’œuvrer à rendre disponibles d’ici le 30 septembre 2017 les politiques sectorielles devant servir de cadre d’intervention des acteurs du développement dans les secteurs de planification. Ces politiques permettront d’une part de rationaliser et de renforcer la cohérence des politiques publiques et d’autre part de favoriser l’alignement des acteurs du développement sur les priorités nationales.
Les investissements structurants contenus dans le PNDES encouragent les PTF à rester mobilisés pour une réalisation rapide des projets. Cependant, ils souhaitent que la poursuite de ces objectifs s’accompagne d’une amélioration constante de l’Etat de droit et de la gouvernance sur tous les aspects.
Sur le plan macro-économique, ils ont félicité le gouvernement pour avoir su maintenir en 2016 une politique orientée vers la stabilité, avec une croissance de 5,9% du Produit intérieur brut (PIB) contre 4% en 2015. « Cette bonne performance a été réalisée malgré un contexte international difficile impacté par la nature précaire de la reprise, 8 ans après la reprise de la crise financière mondiale, et un contexte national marqué par la mise en place des institutions démocratiques, la multiplication des revendications sociales et les défis sécuritaires consécutifs aux attaques terroristes», a indiqué le représentant résident de la Banque mondiale au Burkina Faso. Il a poursuivi son propos en affirmant que ces bonne performances économiques doivent se consolider par une stratégie de réformes ambitieuses, réalistes en matière de gestion des finances publiques.
Les PTF ont révélé les réels efforts de mobilisation de ressources internes. Mais ces efforts sont à consolider. Pour ce faire, il est nécessaire que le PNDES continue d’être adosser à un cadrage macro-économique à moyen terme, avec la mise en œuvre d’une politique budgétaire soutenable. Toujours dans ce sens, les PTT attirent l’attention du gouvernement sur la nécessité d’assurer l’alignement entre la revue du PNDES et le calendrier budgétaire pour renforcer la cohérence de l’action gouvernementale avec son principal instrument d’intervention qui est son budget.
Les PTT reconnaissent l’alignement du PNDES sur les objectifs de développement durable (ODD) qui luttent contre les inégalités et qui font la promotion des modes de production et de consommation durables. C’est pour cette raison qu’ils comptent s’engager davantage pour assurer les effets multiplicateurs pour une pleine participation et autonomisation des femmes.
«Les inégalités doivent être combattues. Une action renforcée sera nécessaire pour changer la situation actuelle d’inégalités, négative au développement du Burkina Faso», a déclaré Cheick Fantamady Kanté. Il a aussi encouragé la valorisation du dividende démographique et le renforcement du plus haut niveau des actions de communication pour le changement de comportements, pour la maitrise de la démographie.
Rendez-vous est pris pour la fin de l’année 2017 pour connaitre la capacité réelle de l’économie nationale qui a connu d’importantes mutations avec l’importance croissante du secteur minier.

Elie KABORE

 


Le système statistique national est à améliorer

Les systèmes d’information sectorielle et le système statistique national n’ont pas pu produire l’ensemble des données utiles pour renseigner sur certains indicateurs, regrettent les PTF. Tout en relevant cette difficulté à produire à temps ces données, ils ont affirmé qu’il est important de se donner les moyens de les collecter à bonne date afin de permettre le suivi de la mise en œuvre.


 

 

 Contribution à la mise en œuvre efficiente du PNDES

«Dans le domaine des infrastructures routières, la mise en œuvre des projets nécessite la mobilisation de matériels lourds très importants. Tenez, pour un marché de travaux, nous pouvons estimer en termes de coûts la part du matériel à 60%; l’expertise à 20- 30%; le reste revient aux bénéfices et divers.
Hors, si nous regardons la structure de nos entreprises d’une part et la situation des chantiers sur le terrain d’autre part, la principale difficulté est due au manque d’engins appropriés pour exécuter correctement les travaux. Il en résulte des conséquences fâcheuses pour tous les acteurs: mauvaise exécution des travaux, prolongation des délais provoquant des malaises au sein des populations riveraines.
Doit-on continuer dans cette ambiance au risque de compromettre la bonne mise en œuvre du PNDES ?
Pour une solution, il est judicieux que les services publics se mettent en première ligne: il s’agit d’équiper les PME en matériels lourds de chantiers.
Aussi, dans la mobilisation des fonds /PNDES, on devra ouvrir un volet Equipement en matériels pour appuyer les entreprises attributaires de gros marchés de travaux.
Regardez, avec le climat actuel des affaires, vous pouvez créer en un temps record votre entreprise, soumissionner aux appels d’offres et gagner des marchés. Mais, disposez-vous réellement des 60% pour vous déployer sur le terrain?

S. Marcel KABRE
Tel (226 78-08-58-58)

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Numéro d'édition: 211

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