L’hôpital de référence connait de nombreux problèmes qui mettent à mal le bon travail de ses agents. (DR)

Agression d’agents de santé : Le Rame tire la sonnette d’alarme

• Les hôpitaux mal équipés

• Usagers insatisfaits

 

L’actualité des semaines écoulées a été rythmée par l’agression d’agents des formations sanitaires publiques par des usagers.
Bobo-Dioulasso d’abord, puis Ouagadougou la semaine dernière. Et en réponse à ces agressions, le Syndicat des agents de la santé humaine et animale (SYNTSHA) a lancé une grève de 24h, le 5 juin dernier, pour protester contre ces actes récurrents.
Face à cette situation, le Réseau d’accès aux médicaments essentiels (Rame) tire la sonnette d’alarme. Il a organisé une conférence de presse dans ses locaux le 7 juin dernier à Ouagadougou afin de livrer à la presse ses sentiments face à cette crise, mais aussi d’apporter des pistes de solutions qui pourraient redonner confiance aux populations et permettre une meilleure communication entre les agents de la santé et les populations.
Ce cas de figure n’est pas le premier du genre au Burkina Faso. En 2011, la maternité Silly Sanou de Bobo-Dioulasso a été brulée par les habitants à la suite du décès d’une parturiente. Un rapport d’Amnesty International dénommé «donner la vie, risquer la mort» sur les décès maternels au Burkina Faso attirait l’attention des hommes politiques sur la montée de la violence dans les services de santé.
Toute cette violence traduit, selon le Rame, une déception vis-à-vis des services de santé et constitue une alerte non négligeable par rapport à l’accueil des usagers et la prise en charge qui ne sont pas sans critiques dans les structures de santé.
Toutefois, le Rame dénonce aussi la précarité du cadre et des conditions de travail des agents de la santé du pays, la faible capacité d’accueil des malades dans les services de santé, les pannes fréquentes des équipements, les ruptures de consommables et de réactifs. Il exhorte l’Etat à prendre à bras le corps la situation de quasi-abandon de l’hôpital de référence, la restructuration, la rénovation et l’équipement des différents services.
A travers la voix de son directeur des opérations, Georges Rouamba, le Rame a fait passer le message suivant à l’Etat: «La restructuration, la rénovation et l’équipement des différents services qui composent l’hôpital s’imposent comme une nécessité afin de répondre de façon efficiente aux besoins de survie de ses usagers et pour résorber la pression que subit au quotidien le personnel soignant».
Les recommandations faites au cours de la conférence de presse par le Rame sont, entre autres, que les responsabilités soient situés quant à la mort du patient qui est à l’origine la crise actuelle ; que la lumière soit faite sur les circonstances de sa mort ; qu’une campagne de sensibilisation des usagers des services de santé sur leurs droits et devoirs soit organisée afin d’éviter que de pareils cas ne se reproduisent dans les différents centres de santé.

GB


Les actions du Rame

Le RAME a été créé en 2003. Son objectif est de contribuer à lever toutes les barrières qui peuvent bloquer l’accès des malades aux médicaments essentiels. L’une des principales missions du RAME est d’influencer les politiques en faveur de la santé pour tous, spécifiquement par la promotion, le soutien à l’application des directives nationales et internationales favorables à l’accès des communautés aux soins de santé en général et aux médicaments essentiels en particulier. Le service de cadre de concertation entre ses membres et les personnes ressources physiques ou morales et la proposition au gouvernement et aux institutions de mesures pouvant favoriser l’amélioration de l’accès des communautés aux médicaments essentiels. Dans le cadre de la campagne de sensibilisation et de communication des agents de santé, le Rame a déjà mené des activités de sensibilisation à travers l’Observatoire, mais une intensification de cette activité est nécessaire. Depuis 2007, il existe une charte des patients développée par le ministère de la Santé. Le Rame préconise que le document soit remis au goût du jour et soit largement diffusé afin que population et agents de santé apprennent à connaitre leurs droits et devoirs afin d’éviter les désagréments.

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Numéro d'édition: 210

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