Oumarou Ky, DG de l’ABNORM. (DR)

Productions locales: la marque «NBF» pour lever les doutes

• Une attestation proposée par l’ABNORM

• Produits, services et procédés concernés

• Des entreprises s’y mettent déjà

 

Depuis quelque temps, la marque «NBF» a fait son apparition au Burkina. Des produits de certaines entreprises, qui ont souscrit à ses exigences, portent son logo dans un coin de leurs emballages. Matérialisé par les initiales N, B et F étalées sur une étoile jaune et le tout logé dans un cercle de fond vert, cet insigne établit la preuve de la conformité du produit qui le porte. La marque NBF a été récemment opérationnalisée (au cours de l’année de 2017) à la suite d’un décret adopté en Conseil des ministres en fin novembre 2016.
Ce décret fixe les conditions d’utilisation de la marque applicable aux produits, procédés et services. Sa mise en œuvre est confiée à l’Agence burkinabè de normalisation, de la métrologie et de la qualité (ABNORM).
En décembre 2016, des ateliers ayant réuni cette agence, les utilisateurs, les consommateurs, les fabricants ont été organisés pour valider les projets de règlements techniques particuliers de certification portant sur 20 produits alimentaires dans les domaines des céréales et légumineuses, les oléagineux, les fruits et légumes et les produits animaux.
Mais que doit-on véritablement comprendre en voyant cette marque, et qu’est-ce qui justifie sa création? C’est, entre autres, les questions que L’Economiste du Faso a posées à Oumarou Ky, DG de l’ABNORM, à l’occasion l’opérationnalisation de la marque.

L’Economiste du Faso : En quoi consiste véritablement la NBF?
Oumarou Ky, DG de l’ABNORM : NBF signifie Marque nationale de conformité aux normes du Burkina Faso. Il ne s’agit pas d’une norme, mais d’un système de certification.
La norme donne les exigences, par exemple, alors que la certification apporte la preuve que le produit est conforme.

A partir de quand a-t-on décidé d’avoir une marque nationale au Burkina?
Le projet de la NBF a été engagé à partir de 2014 avec l’élaboration des premiers règlements techniques particuliers de certification sur les produits sensibles tels que les huiles comestibles de coton, les farines infantiles, le riz, les jus de mangue, les nectars de mangue.
Pourquoi est-ce important de disposer d’une marque locale en dépit des marques internationales?
Il faut noter que la certification utilise les normes comme référentiel.
Aussi, en ce qui concerne les normes, les pays conjuguent leurs efforts pour la normalisation internationale au niveau des organismes supranationaux (ISO, Codex alimentarius, CEI, IUT, etc.).
Dès lors que ces normes sont adoptées au niveau international (comme normes internationales), il est recommandé aux différents Etats de les adopter en tant que normes nationales (pour éviter de créer des obstacles techniques non nécessaires au commerce international, surtout quand elles sont utilisées dans la réglementation).
En effet, le Burkina, à l’instar des autres pays membres de l’OMC, a souscrit au code de pratique de la normalisation qui interpelle les Etats membres à s’appuyer sur les normes internationales pour l’élaboration des normes nationales. Si les normes internationales sont pertinentes (c.-à-d. prenant en compte leurs préoccupations), on les adopte comme elles sont. Sinon, on les adapte.
Disons donc que l’alignement de nos normes aux normes internationales permet à nos entreprises d’être compétitives sur le marché international, mais cela permet également d’avoir une réglementation normative en bonne intelligence avec les accords de l’OMC.

Quels avantages y a-t-il à disposer d’une marque de cette nature?
Comme avantages de la certification, on peut noter:
– la protection du consommateur,
– la confiance entre le client et le fournisseur,
– l’assainissement et la transparence du marché,
– la compétitivité des entreprises, etc.
En effet, l’apposition de la marque nationale de conformité aux normes sur un produit permettra à un consommateur de faire la différence entre les produits certifiés et non certifiés.
Aussi, la certification constitue :
– une marque de sérieux et de confiance,
– un argument commercial,
– une condition pour participer à certains appels d’offres,
– un passeport pour accéder aux marchés européens.
La certification permettra, pour les acheteurs, utilisateurs et consommateurs, une transparence du marché, la confiance et la protection. Pour les producteurs ou prestataires de services elle sera également signe de confiance et un argument commercial de plus pour mieux vendre. Enfin pour l’État, elle constituera un outil d’assainissement du marché.

Y a-t-il des marques de ce genre dans d’autres pays de la sous-région?
Oui, des démarches similaires, existent dans les pays de la sous-région, notamment au Sénégal, en Côte d’ivoire, au Niger, au Bénin, au Ghana, au Nigeria, etc. Chaque pays disposant des normes nationales et de sa marque nationale de conformité aux normes.
Mais il faut noter également un dynamisme tendant à la mise en place d’une marque régionale de certification. Déjà, on peut noter l’harmonisation des normes avec la mise en place et le fonctionnement des Comités techniques régionaux de normalisation au niveau UEMOA et CEDEAO avec à leur actif des normes régionales harmonisées.

Qu’est-ce qui constitue la cible de la certification NBF?
Au stade actuel, l’ABNORM procède à la certification des produits, procédés et services. Ensuite, seront entamées la certification système et la certification des personnes (la certification de personnes consiste à évaluer et à reconnaître formellement les aptitudes nécessaires à l’exercice d’une activité professionnelle, en conformité avec un référentiel métier élaboré et validé par des experts).

Entretien réalisé par Karim GADIAGA


Des conditions d’obtention et de retrait fixées

Pour arriver à la validation des règlements techniques de la marque NBF concernant le premier lot de 20 produits alimentaires en décembre 2016, un travail participatif a permis la sélection des laboratoires ou centres de recherche chargés de la réalisation des essais. Par la suite, la même procédure inclusive a permis d’examiner les rapports de vérification et d’essais, puis de fixer les conditions d’octroi ou de refus du droit d’usage de la marque. Pareil pour les conditions de maintien, de suspension ou de retrait du droit d’usage de la marque.

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Numéro d'édition: 209

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