La conférence de presse a permis également à Georges Yaméogo, président de l’AICB, de dresser le bilan de la campagne cotonnière écoulée. (Ph.: DR)

Campagne cotonnière 2016/2017 : Le Burkina Faso toujours leader

• 683.000 tonnes récoltées

• Une hausse de 4% du prix d’achat

• 820.000 tonnes en prévision

 

L’Association interprofessionnelle du coton du Burkina (AICB) a tenu une conférence de presse le 22 avril dernier à Ouagadougou. Trois sujets principaux étaient à l’ordre du jour: les bonnes performances enregistrées au cours de la campagne 2016/2017, l’embellie des cours du marché mondial du coton et l’amélioration de la qualité des fibres issues des semences conventionnelles mise en culture à 100%.
La conférence de presse fut également le lieu de dresser un bilan de la campagne cotonnière écoulée, les nouveaux prix d’achat du kg du coton-graine et de cession des intrants et le règlement du litige opposant l’AICB à la firme américaine Monsanto.
En ce qui concerne la campagne écoulée, les résultats obtenus ont été jugés satisfaisants, vu qu’il subsistait une certaine appréhension après la décision de suspendre provisoirement la culture du coton OGM. Les superficies emblavées étaient de l’ordre de 740.349 ha contre 662.902 ha, soit une hausse de 12% comparativement à la campagne de 2015/2016.
Quant à la production récoltée, l’AICB fait état de 683.000 tonnes de coton-graine collectées contre 586.000 tonnes à la campagne précédente. Ce résultat équivaut à une hausse de 16%. Le rendement moyen a quant à lui été estimé à 922 kg/ha contre 885 kg/ha, soit une hausse de 4%.
Ces résultats sont en deçà de la prévision de 700.000 tonnes envisagées avant la campagne. Toutefois, l’interprofession se dit satisfaite car le Burkina conserve malgré tout sa place de leader dans la production du coton en Afrique.

Les membres de l’AICB se disent satisfaits de la campagne écoulée et de la qualité de la fibre du coton.

Concernant la Marge après remboursement des crédits (MARI), au profit des producteurs, résultant de la campagne 2016/2017, elle se situera à 96 milliards contre 84 milliards pour la dernière campagne. Malgré les difficultés rencontrées du fait de la décision d’abandonner le coton OGM, l’AICB dit n’avoir aucun regret à ce jour. En effet, la qualité du coton burkinabè est décrite comme bonne dans toutes les trois zones de production, avec un taux marginal de coton-graine de 2e choix.
Il ressort de la comparaison des données de classement de la fibre une nette amélioration de la proportion de soies longues selon l’AICB. Après le bilan de la campagne écoulée, les regards sont aussitôt tournés vers la campagne à venir. Pour ce faire, les prix des engrais ont déjà été fixés. Malgré leur coût un peu excessif sur le marché mondial, l’AICB dit les avoir obtenus grâce à la réduction du taux d’intérêt bancaire de 0,5% consenti par les banques et l’octroi d’une subvention de 3,455 milliard de FCFA.
Des perspectives d’amélioration des cours du coton sur le marché sont à prévoir. Pour ce faire, le prix d’achat du coton a été fixé comme suit : 245 FCFA/kg pour le coton premier choix et 220 FCFA/kg pour le deuxième choix. Ce prix d‘achat est en hausse de 4%, soit + 10 FCFA/kg, comparativement à la campagne écoulée.
Les objectifs de l’AICB pour la campagne à venir sont d’atteindre une production de 820.000 tonnes de coton-graine au plan national. Cet objectif est réalisable selon l’AICB qui compte sur la perspective d’une bonne pluviométrie repartie à bon escient sur le territoire. Toutefois, des rencontres avec les organismes de recherche en matère cotonnière et de larges campagnes de communication et de sensibilisation sont prévues par l’interprofession afin d’atteindre ces objectifs et de les booster davantage.

Germaine BIRBA


Litige Monsanto/AICB

L’un des chapitres qui resteront gravés dans la mémoire de tous est la décision de la culture du coton 100% conventionnel. Cette décision a été prise suite à la dégradation de la qualité de la fibre du coton burkinabè qui a eu pour conséquence la perte du «label coton Burkina», avec un manque à gagner de 50 milliards. L’expérience du coton 100% conventionnel est plus que satisfaisante. Selon l’AICB, «la qualité de la fibre s’est fortement améliorée en termes de longueur. La production du coton 100% conventionnel a permis d’obtenir des soies longues, dont la proportion est en hausse importante».
En ce qui concerne le litige entre l’interprofession et Monsanto, un règlement à l’amiable a été trouvé entre les deux parties. C’est donc une nouvelle ère qui s’ouvre pour le coton burkinabè.

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Numéro d'édition: 204

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