Parmi les 20 plus gros consommateurs d’énergie, l’Australie, la Chine, l’Italie, le Mexique, le Nigeria, la Russie et le Royaume-Uni ont réduit leur intensité énergétique de plus de 2 % par an. C’est dans le secteur industriel que la diminution est la plus sensible. (DR)

Objectifs énergétiques 2030 : L’accès à l’électricité ralentit

• Des avancées trop lentes

• Selon la Banque mondiale et l’Agence internationale de l’énergie

• Multiplier les investissements par cinq pour parvenir à l’accès universel

 

Les avancées en matière d’accès à l’électricité, aux énergies renouvelables sont actuellement «trop lentes» pour que l’on puisse atteindre d’ici à 2030 les objectifs énergétiques. C’est ce qui ressort du rapport de suivi mondial (Global Tracking Framework, GTF), publié le 3 avril 2017, par la Banque mondiale et l’Agence internationale de l’énergie (AIE).
Le document témoigne que la progression de l’accès à l’électricité est en recul. «Si cette tendance n’est pas inversée, le taux mondial d’électrification ne sera que de 92% à l’horizon 2030, bien loin de l’accès universel», affirme le communiqué relatif au rapport, sur le site de la Banque mondiale.
Bonne nouvelle tout de même dans ce rapport, on note la progression de la maîtrise de l’énergie. «Sur la période couverte par le rapport (201-2014), les économies d’énergie permettaient de répondre aux besoins cumulés de deux pays comme le Brésil et le Pakistan», soutient le rapport GTF.
Et de poursuivre que même si la plupart des pays n’en font pas assez, certains font état d’améliorations encourageantes. Il s’agit de l’Afghanistan, du Cambodge, du Kenya, du Malawi, du Soudan, de l’Ouganda, de la Zambie et du Rwanda. Ces pays attestent qu’il est possible de tendre plus rapidement vers l’accès universel grâce à des politiques adaptées, à des investissements (publics et privés) solides et à l’innovation technologique, selon les conclusions du document.
D’après les estimations, pour atteindre les objectifs d’énergie durable pour tous, il faudrait doubler ou tripler les investissements dans les énergies renouvelables et en consacrer trois à six fois plus à l’efficacité énergétique. En outre, il serait nécessaire de multiplier les investissements par cinq si l’on entend parvenir à l’accès universel d’ici à 2030.
«Cette édition du Global Tracking Framework appelle à intensifier les efforts sur plusieurs fronts. Il s’agit d’étoffer le financement, de s’engager plus résolument et d’adopter les nouvelles technologies à plus grande échelle.
La Banque mondiale s’attache, aux côtés de ses partenaires internationaux au développement, à aider les pays à réaliser ces objectifs», explique Riccardo Puliti, directeur principal du pôle énergie et industries extractives au sein de la Banque.
Pour le Directeur exécutif de l’AIE dont les propos ont été repris sur le site de la Banque mondiale, «le Global Tracking Framework montre qu’il est urgent d’accélérer les interventions qui déboucheront sur une énergie durable pour tous».
Notons que le rapport, dont c’est la troisième édition, mesure les avancées sur la période 2012-2014 pour les trois objectifs: assurer un accès universel à l’électricité et à des combustibles propres pour la cuisson des aliments, multiplier par deux le taux d’amélioration de l’efficacité énergétique et doubler la part des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique mondial d’ici à 2030.
Il s’appuie sur les chiffres officiels fournis par les pays et propose une analyse harmonisée à l’échelle régionale et mondiale. L’édition 2013 a évalué les progrès réalisés entre 1990 et 2010 et celle de 2015 sur la période 2010-2012.

NK


 

En marge du forum énergie durable pour tous

Le rapport a été lancé à l’occasion du Forum Énergie durable pour tous dont voici les grands axes :
Accès à l’électricité: en 2014, 1,06 milliard de personnes n’avaient toujours pas accès à l’électricité, ce qui représente une amélioration minime depuis 2012. Le rapport estime que la situation des pays très peuplés et dont la population a peu accès à l’électricité, tels que l’Angola et la République démocratique du Congo, où le taux d’électrification est en recul, est particulièrement préoccupante. Certains pays ont réalisé des avancées rapides, augmentant leur taux d’électrification de deux à trois points de pourcentage par an. C’est le cas du Kenya, du Malawi, du Soudan, de l’Ouganda, de la Zambie, et surtout du Rwanda. D’autres, comme l’Afghanistan et le Cambodge progressent à vive allure en recourant davantage à l’énergie solaire hors réseau, signe de l’importance des nouvelles technologies. Les pays qui comblent rapidement leur retard observeront des améliorations dans l’éducation, la santé, l’emploi et la croissance économique.
Combustibles propres pour la cuisson des aliments : le nombre de personnes qui utilisent des combustibles solides traditionnels a légèrement augmenté pour atteindre 3,04 milliards (57,4 %, soit à peine plus qu’en 2012), ce qui montre que les progrès ne suivent pas le rythme de l’accroissement démographique. En Afghanistan et au Nigeria, par exemple, l’accès aux combustibles propres diminue d’environ un point de pourcentage par an. En revanche, l’Indonésie est le pays qui a réalisé le plus de progrès, avec une hausse supérieure à 8 points par an. Le Viet Nam et le Soudan ont eux aussi enregistré de bons résultats.
Énergies renouvelables : les avancées sont dans l’ensemble modestes. Si les nouvelles technologies de production énergétique, telles que l’éolien et le solaire, gagnent rapidement du terrain (un tiers de l’expansion de la consommation d’énergies renouvelables en 2013-2014), elles partent d’un niveau très bas (seulement 4 % de la consommation d’énergies renouvelables en 2012). L’enjeu est d’accroître le recours à ce type d’énergie dans les secteurs du chauffage et du transport, qui représentent l’essentiel de la consommation énergétique mondiale.
Efficacité énergétique : parmi les 20 plus gros consommateurs d’énergie, l’Australie, la Chine, l’Italie, le Mexique, le Nigeria, la Russie et le Royaume-Uni ont réduit leur intensité énergétique de plus de 2 % par an. C’est dans le secteur industriel que la diminution est la plus sensible. Pour l’avenir, le secteur résidentiel, dont l’intensité énergétique a tendance à augmenter, doit être au centre des efforts de maîtrise de l’énergie.
Source : Banque mondiale

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Numéro d'édition: 202

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