Le président Roch Marc Christian Kaboré a encouragé les hommes d’affaires à investir au Burkina Faso. (DR)

Le Burkina Faso, pays d’honneur au 5e Fiad

• 2.000 participants à Casablanca

• Le président invite à investir au Burkina

• L’Afrique a du potentiel

 

«Les nouveaux modèles de croissance inclusive en Afrique », c’est sous ce thème que l’Afrique s’est retrouvée à Casablanca au Maroc, du 16 au 17 mars dernier, lors du 5e Forum international Afrique développement (Fiad). Initié par la banque marocaine Attijariwafa, le Fiad est une plateforme de rencontres d’affaires qui donne l’occasion d’échanger autour des problématiques liées au développement économique du continent.
Il a pour ambition de mettre en avant les grands projets de développement, ainsi que les projets d’investissement, afin de mettre en exergue tout le potentiel économique de l’Afrique. Pour cette 5e édition qui a réuni plus de 2.000 participants venus de 30 pays, le Burkina Faso a été choisi comme pays invité d’honneur. Ce forum fut donc l’occasion pour le président Roch Kaboré et sa délégation de présenter les défis économiques du Burkina Faso à travers le Plan national de développement économique et social (Pndes) et d’inviter les hommes d’affaires à investir au Burkina Faso.
Selon le président, le Pndes accorde une place de choix au secteur privé qui devra jouer sa partition soit à travers des investissements directs, soit par le mécanisme du partenariat public-privé. Le Pndes s’organise autour de trois axes stratégiques que sont la réforme des institutions et la modernisation de l’administration, le développement du capital humain et la dynamisation des secteurs porteurs pour l’économie et l’emploi.
Ce programme devra permettre au Burkina Faso de jouer le rôle d’intégration des pays de la sous-région. Le président Roch Kaboré n’a pas manqué de souligner que l’Afrique relèvera ses grands défis à travers l’union : «Au regard des besoins énormes auxquels l’Afrique doit faire face, seul la mutualisation de nos efforts tracera les sillons de notre succès collectif. Dans ce sens, nous nous devons de renforcer et d’accélérer la dynamique de coopération intra-africaine. C’est pourquoi, au niveau institutionnel, nous nous devons de concrétiser le projet de la zone de libre-échange intercontinental pour accélerer à la libre circulation des biens et des personnes». Le Fiad s’inscrit dans la démarche de la promotion du commerce, des investissements et des échanges dans la coopération sud-sud, en positionnant le royaume du Maroc en tant que moteur de l’inclusion africaine. Ce 5e forum est d’autant plus important pour le Maroc qu’il a manifesté officiellement son désir de faire partie, en tant que membre à part entière dans la communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest.
Les pays de l’Afrique ont un taux de croissance d’environ 5%. Toutefois, l’impact de la croissance sur la pauvreté reste limité. S’il est vrai qu’il y a un recul de la pauvreté, il n’en demeure pas moins que les inégalités continuent de se creuser. La pauvreté reste un grand défi à relever, d’autant plus qu’elle touche les jeunes de 12 à 24 ans, soit 72% de la population africaine. Dans moins de 30 ans, la population active va doubler pour atteindre plus de 1,100 milliard de personnes, un chiffre supérieur à ceux de la Chine et de l’Inde. L’urbanisation et la démographie africaine sont un atout majeur. 187 millions de personnes supplémentaires vivront dans les villes africaines au cours de la prochaine décennie. L’Afrique comptera 2,4 milliards d’habitants en 2050, et un Africain sur deux sera urbain dans 15 ans. Le Forum international Afrique développement créé depuis 7 ans est convaincu que le développement du continent ne peut se faire qu’à travers un engagement fort de ses opérateurs économiques à concrétiser des projets créateurs de valeurs et de richesses pour tous.
Depuis sa création, le forum a pu mobiliser plus de 6.000 opérateurs économiques de 36 pays et générer plus de 13.000 réunions d’affaires. Le club Afrique développement, créé l’année dernière, est dans une phase ascendante avec plus de 4.000 membres actifs bénéficiant de ses services incluant des rencontres d’affaires régionales, des missions sectorielles, une plateforme de mise en relation et d’accès à l’information. Pour les années à venir, en coordination avec le patronat marocain, le Fiad mettra en place le programme Stand up for african women’s, un programme de soutien à l’entrepreneuriat féminin.
De grandes choses peuvent être entreprises en Afrique pour permettre le développement, car les peuples d’Afrique ont les moyens à travers l’inclusion, comme le disait le Directeur général du groupe Attijariwafa: «L’Afrique pourra se développer à travers l’inclusion. Cela requiert d’investir plus massivement dans le capital humain, la promotion de la femme africaine, le renforcement des infrastructures d’énergie, de transport et des logistiques. Cela requiert aussi d’impliquer et de libérer les énergies des acteurs privés dans une démarche de création de valeurs partagées, à travers une délocalisation bien pensée assurant la création d’emplois, les transferts d’expertise, la maîtrise de l’urbanisation du continent, une inclusion sociale génératrice de croissance et l’assurance d’une inclusion financière forte permettant d’intégrer nos populations dans le secteur formel ».

Germaine Birba


Un forum ascendant

Attijariwafa Bank est le premier groupe bancaire et financier du Maghreb et de l’Uemoa. Il est présent dans 23 pays et est basé au Maroc. Le groupe compte plus de 16.286 collaborateurs, 2.595 agences au Maroc, 307 agences en Afrique de l’Ouest. Ses fonds propres sont estimés en 2014 à plus de 407,065 millions de dollars.
En plus de l’activité bancaire, le groupe opère à travers les filiales spécialisées dans tous les métiers financiers tels que le crédit, l’immobilier, l’assurance, la consommation. Depuis 7 ans, le groupe a signé un partenariat avec Maroc-Export pour la co-organisation du Fiad, un évènement qui réunit de nombreux acteurs du monde économique pour le développement d’un partenariat sud-sud. Depuis sa création, le forum a pu mobiliser plus de 6.000 opérateurs économiques de 36 pays et générer plus de 13.000 réunions d’affaires.

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Numéro d'édition: 198