Pour l’ambassadeur Filippe Savadogo, initiateur du symposium, la rencontre va contribuer à un meilleur vivre ensemble des Burkinabè. (Ph.: DR)

Dialogue interculturel et religieux : Créer une dynamique à Ouagadougou

• Renforcer les fondements de la paix

• Enraciner la tolérance en Afrique

• Gérer la diversité humaine

 

Le 17 juin 2016, l’ambassadeur Filippe Savadogo avait déjà vendu la mèche lorsqu’il avait rencontré le Premier ministre Paul Kaba Thiéba : l’organisation d’un symposium à Ouagadougou sur le dialogue des religions et des cultures. Une initiative qui va contribuer à la réflexion sur un meilleur vivre ensemble des Burkinabè.
En rencontrant la presse le 20 février dernier, Filippe Savadogo et les membres du comité d’organisation du symposium ont révélé la date de cette rencontre. Elle se tiendra du 3 au 7 mars 2017.
L’objectif de ce symposium est d’«harmoniser les différentes approches développées par les organisations et institutions internationales et régionales, afin de donner une vision cohérente de la question.» Chef d’orchestre du symposium, Filippe Savadogo (ancien représentant permanent de l’Organisation internationale de la francophonie aux Nations-Unies) est aidé dans sa tâche par Lazare Ki-Zerbo (spécialiste de programmes à l’Organisation internationale de la francophonie).
Ce symposium ambitionne d’enraciner l’«Initiative africaine d’éducation au développement et à la paix par le dialogue interreligieux et interculturel». Cette initiative, selon les organisateurs, a été lancée le 29 mai 2015 à Cotonou, par Albert Tévoèdjrè, ancien médiateur de la République du Bénin. Ce cadre de concertation se tiendra en plein FESPACO. Et Filippe Savadogo de préciser qu’elle permettra de comprendre que « notre monde est complexe et changeant ». Alors, il est nécessaire de créer la dynamique d’un dialogue interculturel au Pays du cinéma africain. Si le dialogue interreligieux ne date pas d’aujourd’hui au pays des Hommes intègres, il est utile également de se rendre à l’évidence que rien n’est définitivement acquis. D’où la nécessité de maintenir la concertation. Le symposium de Ouagadougou va se pencher sur des questions du genre : «Comment, sur quelles valeurs sociétales, savoirs et savoir-faire endogènes, engagements internationaux allons-nous nous appuyer pour gérer la diversité humaine et la diversité religieuse de notre continent?» C’est là que le rôle des leaders religieux dans la gouvernance démocratique sera analysé.
Du 3 au 7 mars prochain, les organisateurs feront le point de la mise en œuvre des engagements internationaux sur la question du dialogue interculturel. Aussi, le rendez-vous de Ouagadougou se fixe-t-il pour objectif d’obtenir un consensus entre les parties prenantes, principalement au contact des réalités sous-régionales marquées par les différentes dérives religieuses auxquelles on assiste tant au Mali, au Niger, au Burkina qu’au Nigeria.
La rencontre de Ouagadougou sera sanctionnée par un «Plan d’action opérationnelle de Ouagadougou». Les organisateurs du symposium ont foi que «l’éducation à la paix et au développement, à travers le dialogue interreligieux et interculturel, peut grandement contribuer à renforcer les fondements d’une paix viable et d’un développement équitable», car «la cohabitation pacifique entre les différentes communautés religieuses et culturelles est un bien inestimable pour la paix et pour le développement harmonieux des peuples».

Alexandre Le Grand ROUAMBA


Le dialogue interreligieux : une force

Les rencontres entre les peuples et leurs traditions culturelles et religieuses se font toujours plus intenses à la faveur de la mondialisation, d’où l’importance et la nécessité urgente d’y penser. Face à la montée de l’extrémisme religieux, nombre de rencontres se tiennent pour faire l’état des lieux. Par ces temps qui courent, le meilleur vivre ensemble à travers une tolérance religieuse et culturelle est une nécessité vitale.


«Prières catho mobile» Jésus est sur le réseau

L’archidiocèse de Ouagadougou poursuit son œuvre de développement des médias pour l’annonce de la bonne nouvelle. Le 20 février 2017, l’archevêque de Ouagadougou, le Cardinal Philippe Ouédraogo, a procédé au lancement d’une plateforme catholique d’annonce de la parole de Dieu. «Prières catho mobile» est une plateforme qui offre des services mobiles aux catholiques.

Les animateurs de la conférence de presse de lancement. (Ph.: DR)

Il s’agira d’envoyer chaque jour par messages électroniques des prières, la parole de Dieu et des brèves sur la vie de l’Eglise catholique du Burkina. Le projet est initié par l’archidiocèse de Ouagadougou à travers ses médias catholiques que sont la Radio Avé Maria, TV Maria et le journal Duc in Altum, en partenariat avec Bayard Afrique et le réseau de téléphonie mobile Orange (ex-Airtel).
Selon les responsables de «Prières catho mobile», il s’agit de permettre aux fidèles de rester connectés à l’Eglise famille, de renforcer l’esprit d’union dans la prière, d’informer davantage les fidèles catholiques sur la vie de l’Eglise en prêtant l’oreille à ce qui s’y passe. Le Père Jean Paul Sagadou de Bayard Afrique, l’un des coordonnateurs du projet, a insisté sur la dimension pastorale de la plateforme en précisant que la philosophie qui entoure «Prières catho mobile» se résume à utiliser les moyens de notre temps pour annoncer l’Evangile, à défaut d’utiliser ceux de l’époque des Jésus et de ses 12 disciples. «Nous voulons aller au large», fait-il remarquer.
L’opérateur de téléphonie Orange (ex-Airtel) rassure sur la sécurité du système, et Lionel Bilgo de Bayard Afrique de préciser que les contenus seront produits par les médias catholiques du diocèse.
Pour le Cardinal Philippe Ouédraogo, il n’y a rien de tel que de passer par des canaux du moment pour que l’Evangile parvienne à tous les peuples, puisque «l’Eglise existe pour évangéliser». Pour ce faire, il suffit au fidèle de souscrire à 500 FCFA en composant *447*5# et il reçoit au moins quatre sms d’Orange par jour, soit le matin, à midi, en fin d’après-midi et le soir.

Jean de Baptiste OUEDRAOGO

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Numéro d'édition: 195

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