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Villes africaines : Pauvreté, surpeuplement et vie chère

 

En Afrique, les villes abritent actuellement 472 millions d’habitants. Un chiffre voué à doubler au cours des 20 prochaines années, au regard de la tendance actuelle.
En effet, on observe de plus en plus qu’un nombre croissant de migrants quitte les zones rurales pour s’installer en ville. Ces informations émanent d’un rapport intitulé «Ouvrir les villes africaines au monde» que la Banque mondiale a rendu public ce 9 février 2017.

L’absence d’ouverture des villes africaines sur le monde s’explique aussi par le fait que les villes africaines produisent peu de biens et de services exportables sur les marchés régionaux et internationaux. (Ph.: Banque Mondiale)

Le rapport qui met en lumière les enjeux du développement urbain en Afrique subsaharienne affirme que les plus grandes villes affichent un taux de croissance de 4 % par an.
Ce taux indique que ces villes connaissent une croissance rapide de leur population mais pendant ce temps, leur croissance économique est en berne, déplore le rapport.
Les villes africaines ont été classées en 3 catégories dans le présent rapport. La première catégorie regroupe les petites villes dont le nombre d’habitants serait de moins 800.000 personnes.
La deuxième catégorie concerne les villes ayant une population comprise entre 800.000 et 2 millions de personnes et la troisième catégorie regroupe celles qui totalisent plus de 2 millions de personnes. La ville de Ouagadougou se trouve dans cette dernière catégorie.
Quelles soient petites, moyennes ou grandes, les villes africaines se caractérisent par le surpeuplement, le manque de connectivité et le coût très élevé de la vie.
Ces caractéristiques communes freinent le développement urbain et constituent des sources de problèmes quotidiens pour les habitants.
Mais la Banque mondiale prévient: «Grâce à une meilleure gestion urbaine, les pays africains pourraient s’appuyer sur les villes pour accélérer leur croissance et s’ouvrir aux marchés mondiaux». Plus en détails, que représentent ces 3 caractéristiques communes aux villes africaines?
Le surpeuplement est selon la Banque mondiale l’absence de densité économique. Peu d’investissements sont faits dans les infrastructures comme le logement.
Pourtant, les structures industrielles et commerciales existent. Sans une politique de construction de logements formels adaptée, la population ne fera qu’augmenter dans les quartiers informels au cœur des villes, et donc à proximité des emplois.
A Dar es Salam en Tanzanie par exemple, 28% des résidents vivent à 3 au moins dans une seule pièce, tandis qu’à Abidjan, ils sont 50 % à vivre dans ces conditions. A Lagos, au Nigeria, 2 personnes sur 3 habitent dans des bidonvilles.
Le manque de connectivité indique que les villes se sont développées sous la forme d’un ensemble de petits quartiers fragmentés, sans moyens de transport fiables, ce qui limite les déplacements des populations et les opportunités d’emploi pour les travailleurs. Dans une telle situation, les entreprises ont des difficultés à tirer parti des économies d’échelle et d’agglomération.
Cette absence d’ouverture des villes africaines sur le monde s’explique aussi par le fait que les villes africaines produisent peu de biens et de services exportables sur les marchés régionaux et internationaux.
Aussi, les routes bitumées représentent une part négligeable de l’espace urbain en Afrique et se limitent aux centres villes.
Les villes africaines se caractérisent par les coûts élevés pour les ménages et les entreprises. En effet, le bas niveau des salaires ne permet pas de prendre en charge les coûts élevés des denrées alimentaires, du logement et du transport auxquels doivent faire face les travailleurs. Les denrées alimentaires coûtent 35% plus chers dans les villes africaines que dans celles des autres pays à faible revenu.
Tous ces paramètres augmentent les coûts de la main-d’œuvre pour les entreprises, réduisant du même coup le rendement attendu des capitaux investis. Une situation qui dissuade les investisseurs et les partenaires commerciaux à investir dans les villes africaines où l’essentiel des dépenses des ménages est consacré au logement.
Elles coûtent environ 55 % de plus que dans les villes des autres pays. Pour que les pays africains puissent récolter les fruits de l’urbanisation, les villes doivent parvenir à attirer les investisseurs en leur offrant des perspectives d’économies.
Le rapport relève également que les villes africaines sont fragmentées dans le leur structuration si on les compare aux villes asiatiques et latino-américaines. Par exemple, à Harare au Zimbabwe et à Maputo au Mozambique, plus de 30 % des terrains situés dans un rayon de 5 km du quartier d’affaires ne sont pas bâtis.
La principale recommandation du rapport est de réformer les marchés fonciers afin de simplifier les droits de propriété et de renforcer les plans d’aménagement urbain.
Dans la mesure où les projections estiment que dans les 20 prochaines années l’essor démographique des villes africaines va entraîner une demande accrue d’infrastructures, de logements et d’équipements, pour faire face à cette demande, il importe d’adopter des stratégies évolutives.
Il s’avère nécessaire de mettre l’accent sur la gestion des droits de propriété, la détermination de la valeur des terrains, la gestion des prix fonciers et le renforcement de l’affectation des sols et l’aménagement du territoire.

Elie KABORE


Bail d’habitation privé: le Burkina est sur la bonne voie

Afin de contribuer à réglementer l’accès à l’habitation privé, le Burkina Faso s’est doté de la loi N°103-2015/CNT portant bail d’habitation privé au Burkina Faso. Elle vise à terme la diminution, la réglementation et le contrôle des loyers. Mais depuis l’adoption de la loi, les textes d’application tardent à voir le jour. La loi prévoit de doter le Burkina Faso d’un référentiel des loyers afin d’éviter la spéculation des bailleurs. La mise en œuvre de cette loi devrait contribuer à réduire l’accès au logement dans les centres urbains où on note une grande concentration humaine et à rapprocher les logements des lieux de travail.

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