Economie

Croissance économique des gouvernements : Hausse de l’activité sous Roch Kaboré

 

Cela fait plus d’un an que le président Roch Marc Christian Kaboré tient le destin du Burkina Faso entre ses mains. Si en un an de gestion il est difficile de juger objectivement son bilan, il peut être toutefois intéressant de lui présenter l’héritage économique que lui ont laissé ses prédécesseurs et, par la même voie, lui rappeler indirectement ses engagements. Ce papier vise à présenter la situation économique du Burkina Faso avant l’élection de Roch Marc Kaboré comme président du Faso.
Outre cet objectif, ce document permet aussi de s’interroger sur la capacité du gouvernement Thiéba à dynamiser l’activité économique à travers la réalisation d’un taux de croissance moyen de 8% et la création d’un bassin d’emplois pour les jeunes. Voici ci-dessus un graphique qui présente l’héritage économique en termes de taux de croissance du PIB, depuis les années 1980. Bien que très critiqué au sein des économistes quant à sa pertinence et sa validité comme indicateur de bien-être des populations d’une nation, le PIB reste l’un des indicateurs les plus utilisés dans l’analyse économique. De plus, son utilisation dans ce papier ne remet pas en cause l’objectif poursuivi. Une lecture rapide de ce graphique nous amène à la question suivante: les maniements de gouvernement au Burkina Faso sont-ils fonction de la santé économique du pays? Difficile de donner la ou les réponse(s) adéquate(s). Mais une chose est sure, en dehors de Roch Marc Christian Kaboré, tous les premiers ministres du Burkina Faso ont laissé l’économie sur une pente négative avant de partir.

En dehors de Roch Marc Christian Kaboré, tous les
premiers ministres du Burkina Faso ont laissé l’économie sur une pente négative avant de partir. C’est ce qu’enseigne le graphique construit à partir des données de la Banque mondiale sur la période 1980-2015.

C’est ce qu’enseigne le graphique ci-dessous construit à partir des données de la Banque mondiale sur la période 1980-2015. De façon générale, l’activité économique a évolué en dent de scie sur cette période, témoignant ainsi de la volatilité de la croissance économique au cours des trois dernières décennies.
Une analyse du taux de croissance économique par gouvernement permet de voir ceux qui ont pu maintenir l’économie sur un bon sentier. En effet, depuis Youssouf Ouédraogo (1992-1994) jusqu’à Luc Adolphe Tiao (2011-2014), le graphique nous enseigne que la fin de fonction de chaque gouvernement, à l’exception de celui du Premier ministre Roch Mark Christian Kaboré (1994-1996), coïncide toujours avec une baisse de l’activité économique (cf. Graphique).
Le graphique montre clairement que dans l’histoire des premiers ministres du Burkina Faso, Roch Marc Kaboré reste le seul qui a laissé l’activité économique du pays en bonne santé (11% de croissance en 1996 contre à peine 2% en 1994) en cédant son fauteuil de premier ministre le 6 février 1996.
Aussi, faut-il rappeler que son ministre de l’Economie et des Finances de l’époque n’est personne d’autre que l’actuel chef de file de l’opposition ,Zéphirin Diabré. Maintenant que les deux sont devenus opposants, quel en sera l’impact sur les performances économiques du pays?
Par contre, le successeur de Roch, c’est-à-dire Kadré Désiré Ouédraogo (1996-2000), n’a pas pu maintenir l’héritage économique légué par son prédécesseur. Entre 1996 et 2000, l’activité économique a connu une tendance générale à la baisse, passant de 11 points de croissance en 1996 à moins de 2 points de croissance en 2000, avec des moments de reprise et de stabilisation observés dans les années 1997 à 1999.
Le même constat peut être fait pour les autres gouvernements dont celui de Luc Adolphe Tiao. On note, toutefois, un effort de stabilisation fourni par son successeur Yacouba Zida pendant la transition.
Evidemment, le graphique n’a pas pour objet de jeter gratuitement la responsabilité des pentes négatives sur les gouvernements en question. Il a uniquement une valeur descriptive. Une étude plus approfondie est indispensable pour comprendre les vraies causes de cet essoufflement presque cyclique de l’activité économique.
Le président Kaboré et son gouvernement héritent, c’est vrai, d’une situation économique moins confortable. Mais, cet héritage économique peu reluisant ne s’explique pas uniquement par la «mauvaise» gestion économique de la transition comme certains pourraient le penser. Il est, en fait, la conséquence directe d’un essoufflement global de l’activité économique depuis la fin des années 2010.

BJ 

(bangosjosue@gmail.com)


Donner un souffle nouveau à l’économie

Peut-on espérer une nouvelle reprise de la croissance sous Roch Marc Christian Kaboré, non plus en tant que Premier ministre mais président du Faso? En tout cas, le succès ou l’échec de son programme ambitieux dépendra de la capacité du gouvernement Thiéba à assainir les comptes publics, dynamiser les secteurs clés de l’économie nationale et donner un nouveau souffle à l’activité économique.
Le succès de la conférence des partenaires pour le financement du PNDES permet d’être optimiste. Toutefois, ces fonds doivent être affectés prioritairement aux dépenses d’investissement et aux politiques de lutte contre les inégalités et le changement climatique. Il est donc important que le gouvernement prenne des mesures pour assurer un cadre propice aux investissements privés. Pour ce faire, le volet sécuritaire du PNDES doit être une pièce maitresse de sa politique. C’est une condition sine qua non à la transformation structurelle l’économie et à la réalisation d’une croissance forte, inclusive et durable au profit de la population burkinabè.

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