Siège de l’UE à Bruxelles. (DR)

Soutien de l’UE au Burkina : Plus de 415 millions d’Euros en 6 mois

• Dont 525 milliards de F CFA au PNDES

• 1.320 km de route financés

• L’UE opérationnalise ses intentions de financement

 

A la table ronde des bailleurs de fonds sur le Programme national de développement économique et social (PNDES), les 7 et 8 décembre 2016, à Paris en France, étaient plusieurs Partenaires techniques et financiers (PTF). Parmi ces PTF, figurait en bonne place l’Union européenne.
En plus d’appuyer déjà le Burkina Faso dans la lutte contre la pauvreté à travers divers programmes, l’UE a décidé à Paris de renforcer cet appui en injectant des centaines de milliards de F CFA dans la mise en œuvre du PNDES.
C’est un total de 800 millions d’Euros, soit 525 milliards de FCFA, d’intention de financement que l’UE a promis au gouvernement burkinabè, à cette rencontre internationale. Cet appui, selon le chef de la

Jean Lamy, diplomate de l’UE au Burkina. (DR)

délégation de l’UE au Burkina Faso, Jean Lamy, s’ajoute à ceux déjà en cours comme le 10e Fonds européen de développement (FED) en matière de transport. Toujours, dans la mise en œuvre du PNDES, l’UE a signé à Paris trois conventions de financement avec l’Etat burkinabè pour un montant total de 134 milliards de F CFA. Cette somme, selon le diplomate, va aller à la bonne gouvernance, à l’appui budgétaire ainsi qu’à l’accès des populations à l’eau potable et aux services de l’assainissement.
Mais bien avant Paris, le diplomate Jean Lamy a laissé entendre que l’UE et l’Etat burkinabè avaient signé le 13 octobre 2016, à Bruxelles, une convention de financement du «Programme d’appui à la politique sectorielle de santé» (PAPS) d’un montant de 55 milliards de FCFA. Selon le communiqué final relatif à cette signature, il est indiqué que «ce programme aidera à la mise en œuvre de la politique de santé du Burkina Faso au cours des quatre prochaines années (2017-2020), telle que récemment redéfinie par le gouvernement burkinabè, pour un montant total de 84 millions € (55 milliards de FCFA), financé sur le 11e FED».
Toujours dans cette volonté de lutter pour la résilience, Jean Lamy confie que les 28 pays membres de l’UE vont signer dans «moins de deux mois» à Ouagadougou un «autre programme très important d’appui à la sécurité alimentaire et nutritionnelle et au développement de l’agriculture durable» pour un montant de 80 milliards de F CFA.
Pour le successeur d’Alain Holleville au Burkina Faso, «en l’espace de 6 mois, ce sont plus de 415 millions d’Euros qui auront été engagés, et qui auront fait l’objet de signatures de conventions entre l’UE et le Burkina Faso pour accompagner la mise en œuvre du PNDES». Ce montant important, de l’avis de Jean Lamy, signifie que «l’UE reste un partenaire important, actif et réactif du Burkina Faso». L’information a été donnée lors du lancement de la construction du pont de Boromo le 19 janvier dernier. Jean Lamy était le parrain de la cérémonie.
Pour lui, l’UE vise deux objectifs majeurs au Burkina Faso: le développement économique et social et le mieux- être de la population.
Mais au-delà du PNDES, Jean Lamy a relevé que l’UE appuie depuis plus de 20 ans le Burkina Faso dans le secteur du transport. C’est ainsi que depuis le 1er FED jusqu’au 10e, l’UE a permis le bitumage et la réhabilitation de 1.320 km de route sur l’ensemble du réseau routier. Cela a consisté concrètement à relier le réseau routier du Burkina Faso aux grands ports de la sous-région dont dépend son développement économique et social. Ce souci de relever le défi du désenclavement interne et externe du Burkina a amené l’UE à soutenir le programme national routier qui fait partie d’une convention spécifique de financement dans le cadre du 10e FED, d’un montant de 87 millions d’Euros, soit près de 57 milliards de F CFA.
Cette convention, de l’avis du représentant de l’UE au Burkina, va permettre la construction de 5 stations de pesages à l’essieu ainsi que des travaux de renforcement du tronçon Sakoinsé- Boromo (RN1). En rappel, la réception provisoire de cette route est intervenue en décembre 2015. Mais cette réception provisoire a laissé voir une dégradation avancée du pont de franchissement sur le fleuve Mouhoun.
Selon les techniciens du ministère des Infrastructures, l’actuel pont qui a été bâti avec des poutres en béton pré-contraint est présentement soutenu par des câbles rouillés. Pour sa reconstruction, l’UE, principal bailleur de fonds, a déboursé un montant de 9 millions d’Euros, soit 6 milliards de F CFA.
Pour Jean Lamy, le soutien financier de l’UE à la construction de ce pont de franchissement est la preuve concrète des engagements de l’UE au PNDES. «Le lancement des travaux témoigne non seulement de l’excellente relation d’amitié et de coopération entre l’UE et le Burkina Faso, mais aussi fournit un exemple concret deux mois après la conférence de Paris de l’appui continu et actif de l’UE au Burkina Faso», a-t-il rappelé. Le lancement de ces travaux a eu lieu le 19 janvier 2017 à Boromo en présence du Premier ministre, Paul Kaba Thiéba, du parrain de la cérémonie, Jean Lamy. Ces travaux sont prévus pour une durée de 18 mois et seront exécutés par l’entreprise française Sogea- Satom.

Rachel DABIRE


Interdiction des surcharges sur les routes En vigueur à partir du 1er avril 2017

L’UE est l’un des principaux bailleurs de fonds dans la construction et la réhabilitation des routes au Burkina Faso. Le dernier montant en date est cette convention de financement de 57 milliards de FCFA pour soutenir le programme national routier. Selon Jean Lamy, pour la pérennisation de ces investissements, il serait impérieux que l’Etat burkinabè veille au phénomène des surcharges des véhicules de marchandises poids lourds qui constitue l’une des principales causes de dégradation des routes dans l’espace UEMOA et en particulier au Burkina Faso.
Il a indiqué que la surcharge des véhicules et la mauvaise utilisation de certaines infrastructures routières font qu’avant leurs réceptions définitives, elles se retrouvent déjà dans un état de dégradation très avancée. Sur ce, il a regretté le retard considérable constaté dans l’application du règlement 14 de décembre 2005 de l’UEMOA, qui est en souffrance d’application depuis 11 ans.
Ce règlement est relatif à l’harmonisation des normes et des procédures de contrôle de la charge à l’essieu dans les 8 Etats membres de l’UEMOA. Selon le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba, le gouvernement a pris toutes les dispositions pour son application à compter du 1er avril 2017 et cela sur l’ensemble des 8 pays membres de l’UEMOA.

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Numéro d'édition: 191

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