L’Union européenne finance la décentralisation

• 560 millions pour améliorer les capacités de gestion

• 351 communes concernées

 

L’Union européenne (UE) a procédé, le 25 janvier dernier à Ouagadougou, à la signature de deux conventions entre l’Association des municipalités du Burkina Faso (AMBF) et l’Association des régions du Burkina Faso (ARBF). Le montant de ces deux subventions est estimé à environ 560 millions de F CFA, soit 328 millions à l’AMBF et 230 millions pour l’ARBF. Le premier soutient le Programme d’appui au développement territorial (PADT) via l’AMBF et l’autre le Programme d’appui à la consolidation de la décentralisation au niveau régional (PACDR) porté par ARBF.
L’objectif de ces deux projets est la consolidation de la décentralisation au niveau communal et régional à travers un appui aux autorités et élus locaux.
Le PADT aura pour objectif d’apporter un appui renforcé aux 351 communes du pays en vue d’améliorer leur autonomie et leurs capacités opérationnelles d’administration locale.
Les actions de ce projet sont, entre autres, l’amélioration du renforcement des capacités institutionnelles et opérationnelles qui accompagne la gouvernance locale et l’amélioration des maitrises d’ouvrages locaux.
Au niveau des régions, le Projet d’appui à l’ARBF pour la consolidation de la décentralisation au niveau régional (PACDR) se concentrera sur l’amélioration des performances de la mise en œuvre des activités de l’Etat et des activités de l’ARBF ainsi que des collectivités régionales. Ce projet financé à environ 230 millions sur deux ans renforcera les capacités institutionnelles et opérationnelles de l’ARBF afin de mieux accompagner les 13 conseils régionaux.
Ces deux projets entrent dans le cadre des grandes orientations de l’Union européenne et dans la stratégie de développement de l’Etat burkinabè. En effet, l’UE soutient depuis plusieurs années la décentralisation au Burkina Faso, selon son ambassadeur Jean Lamy. «La décentralisation renforce la démocratie et la bonne gouvernance en rapprochant la prise de décision du citoyen, en rendant plus transparente et efficace la gestion des ressources publiques», dira-t-il.
L’expérience en matière de décentralisation au Burkina Faso, depuis plus de 20 ans, a été source de plusieurs acquis tels que l’accès à l’eau potable, l’assainissement, l’amélioration de l’offre éducative et sanitaire, le développement des activités économiques locales et bien d’autres. Toutefois, des difficultés ont été également enregistrées. Ce sont les ressources limitées des collectivités territoriales et leur inégale répartition, la faiblesse des capacités opérationnelles des collectivités, la timidité du transfert des compétences et des ressources, qui ne permettent pas aux collectivités territoriales d’assurer la gestion de la continuité du service public.
L’UE à travers ces deux projets attend beaucoup des communes et des régions. Elle espère un meilleur appui de l’AMBF pour assurer la maitrise d’ouvrage local et l’amélioration des capacités institutionnelles et opérationnelles de l’association pour accompagner la gouvernance locale. Toute chose qui est un motif de satisfaction pour Eric Tiemtoré, président de l’AMBF, qui exprime sa reconnaissance en ces termes: «La signature du contrat de subvention entre l’UE, l’ARBF et l’AMBF constitue une opportunité réelle pour les deux structures faitières des collectivités territoriales régions et communes, de mobiliser des moyens leur permettant de jouer pleinement leur rôle et de renforcer leur place dans le paysage institutionnel de la décentralisation dans notre pays».

Germaine BIRBA


Les défis des communes et régions

Le renforcement et l’approfondissement du processus de décentralisation constituent un défi majeur et permanent pour les collectivités territoriales. Ainsi, l’ARBF et l’AMBF devront s’organiser et se mobiliser pour faire avancer les acquis du processus, pallier les limites constatées dans l’appui à la décentralisation et être des forces de propositions pour participer activement au niveau local à la mise en œuvre des politiques publiques et être en capacité de suivre la mise en œuvre.

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Numéro d'édition: 191

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