Centre professionnel industriel de Bobo-Dioulasso A quand l’ouverture ?

• Un maillon essentiel pour les industries de Bobo

• La maintenance des équipements à l’épreuve des faibles budgets

• Le PNDES doit mieux faire

 

Une des grandes orientations du Programme national de développement économique et social (PNDES) concerne la formation professionnelle. Outre la réalisation d’infrastructures, il est prévu le recrutement et la formation d’apprenants en vue d’alimenter les entreprises en main-d’œuvre qualifiée et de contribuer à la création d’entreprises. Pour ce faire, le PNDES compte construire 45 centres de formation technique et professionnelle dont 7 en 2017. La réalisation de 20 lycées professionnels (dont 2 en 2017) est ainsi en bonne place dans ce programme. Pour tous ces projets, les études techniques et architecturales ont déjà été réalisées.
Mais le PNDES n’aura de chance de succès que si les insuffisances relevées dans la mise en œuvre des programmes de formation professionnelle précédents sont pas corrigées. Prenons l’exemple du Programme de renforcement de la formation professionnelle (PRFP) mis en œuvre sur la période 2007-2016 et financé en grande partie par la Chine Taïwan.


C’est dans ce cadre que le centre professionnel industriel de Bobo-Dioulasso a été réalisé. Les travaux de construction de ce centre se sont achevés en fin 2015 et l’installation des équipements a pris fin en début 2016. Un an après son équipement, le centre n’est toujours pas opérationnel, alors que l’on s’attendait au recrutement des premiers élèves et à l’ouverture des classes en octobre 2016.
Pourquoi ce beau joyau au cœur d’une ville industrielle comme Bobo-Dioulasso a du mal à débuter la formation ?
Tout commence en 2007. A l’issue d’une concertation avec les acteurs industriels de Bobo-Dioulasso, le projet du centre voit le jour.
Deux grandes filières de formation ont été identifiées, à savoir le génie mécanique et le génie électricité. Elles visent à fournir à la zone industrielle de Bobo-Dioulasso une main-d’œuvre qualifiée et aussi à contribuer à la maintenance de la zone industrielle de cette ville.
L’évaluation de son exécution avait été estimée à 2,1 milliards de FCFA en 2007. Finalement sa réalisation a coûté 3,9 milliards de FCFA, soit un dépassement de 1,86 milliard de FCFA du budget initial, entièrement supporté par Taïwan. Transféré au ministère des Enseignements secondaire et supérieur, la non-ouverture du centre serait liée, selon nos informations, à la question du statut. Tant que cette situation n’est pas entièrement réglée, il serait difficile d’opérationnaliser le centre. Pourtant, le Conseil des ministres du 22 octobre 2015, après avoir adopté le décret portant création et érection du Centre de formation professionnelle industrielle de Bobo-Dioulasso, a procédé à l’adoption de ses statuts particuliers, conformément aux dispositions du décret N° 2014-612/PRES/PM/MEF du 24 juillet 2014 portant statut général des établissements publics de l’Etat à caractère scientifique, culturel et technique.La solution au problème de ce centre doit être trouvée dans les meilleurs délais. Aussi, le gouvernement doit anticiper la réalisation des centres de formation professionnelle prévue dans le cadre du PNDES afin qu’ils ne subissent pas les mêmes sorts. Le gouvernement devrait corriger une seconde insuffisance qui concerne cette fois-ci la maintenance des équipements des centres de formation professionnelle existants et ceux qui seront construits. Avant le centre de Bobo-Dioulasso, le Centre de formation professionnelle de référence de Ziniaré (CFPR-Z) a été érigé dans le cadre de la coopération avec la Chine Taïwan. La construction de ce centre achevé en 2010 a coûté 6,2 milliards de FCFA dont 4,1 milliards pour la construction et 2,1 milliards de FCFA pour les équipements.
Aussi, 4 lycées professionnels dont celui de Koudougou, Gaoua, Dédougou et Dori ont été érigés durant les 7 dernières années avec l’appui de Taïwan. Ils ont déjà contribué à former plus de 1.300 élèves. En plus des 2 centres de formation professionnelle de Ziniaré et de Bobo-Dioulasso, ces 4 lycées professionnels ont reçu d’importants équipements d’un montant d’environ 11 milliards de FCFA.
Les dotations budgétaires de ces centres de formation sont tellement insuffisantes qu’ils sont confrontés à des difficultés financières. Il se pose ainsi la question de la maintenance de ces équipements, alors qu’il faut les rendre viables et durables. C’est une question de programmation des ressources.

Elie KABORE


Les investissements réalisés pour le compte des 4 lycées professionnels

Le lycée professionnel national Maurice Yaméogo de Koudougou a été inauguré en novembre 2011. Il sert de lieu de formation des enseignants du technique et professionnel. Depuis 2012, environ 900 élèves ont été formés.Sa réalisation a coûté la somme de 3,5 milliards de FCFA dont 1,2 milliard de FCFA pour les équipements.
Le lycée professionnel régional Doma Somé de Gaoua a ouvert ses portes en 2012 après un investissement de 2,7 milliards de FCFA dont 0,8 milliard pour les équipements. L’établissement a déjà formé environ 360 élèves à ce jour.
Le lycée professionnel régional Nazi Boni de Dédougou ouvert en 2014 a été réalisé à hauteur de 2,5 milliards de FCFA dont 0,69 milliard pour les équipements.
Le dernier lycée professionnel régional est celui de Dori. Les travaux commencés le 3 mai 2016 sont réalisés à hauteur de 70% au 31 décembre 2016.

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Numéro d'édition: 191

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