Des 17 pays que compte le portefeuille de l’Agence de notation Standard & Poor’s, le Burkina Faso est le seul à avoir une perspective positive pour l’année 2017. (DR)

Croissance en Afrique subsaharienne Le Burkina tire son épingle du jeu

• Seul pays à avoir une perspective positive pour 2017

• Un PIB en hausse

• Les perspectives de la Banque mondiale

Le Burkina Faso est le seul pays d’Afrique subsaharienne à avoir une perspective positive pour l’année 2017. L’information est tirée du rapport de Standard &Poor’s sur les perspectives de 17 pays de la région, publié le 10 janvier dernier et reprise par FinancilAfrik. Les raisons évoquées pour cette croissance positive du Burkina se justifient selon l’agence de notation par un solde budgétaire stationnaire entre 2016 et 2017 (6,2%), un PIB en croissance, estimé à 5,5% pour 2017 contre 5,5% en 2016.De même, en moyenne, le pays connaitra une baisse de sa dette extérieure. Avec un taux de 53,2% en 2016, la dette passera à 51,5% en 2017.Une bonne note pour le pays qui a acquis la confiance de ces partenaires techniques et financiers autour du PNDES.
Dans l’ensemble, le portefeuille S&P comprend 17 pays. A  l’exception du Botswana (A-), de l’Afrique du Sud (BBB-) et du Mozambique (CC), tous les autres pays sont dans la catégorie B spéculative. Le Sénégal, le Cap-Vert, le Botswana et l’Afrique du Sud ont quant à eux une perspective neutre.
Par ailleurs, l’agence relève que les capacités de remboursements des dettes du Ghana, du Cap-Vert, du Kenya, de l’Ouganda, du Mozambique et de la Zambie se sont amoindries. Les performances budgétaires sont faibles pour les 4/5 des pays subsahariens.

Chute des matières premières  et faible croissance
En résumé, pour l’agence, l’année 2017 sera difficile pour les pays subsahariens en raison principalement de la chute des prix des matières premières  et de la faible croissance de la région.
Et d’ajouter le faible potentiel de croissance des marchés exportateurs que sont l’Europe et la Chine, la perspective d’un baril de pétrole à 50 dollars (quoique révisée à la hausse suite au dernier accord de l’OPEP) et une notation régionale moyenne qui s’est dégradée, oscillant entre BB- et B.
De ces constantes, Standard and Poor’s constate que la tendance générale de 2016 à la dégradation des notations souveraines semble se poursuivre en 2017. En effet, l’agence avait, au cours de la seconde moitié de l’année 2016, dégradé 4 pays que sont le Mozambique, la République démocratique du Congo, le Nigeria (passé de B+ à B)  et le Rwanda (passé de B+ à B). La perspective est passée de stable à négative en Angola. Par contre, le Rwanda, le Kenya, le Cap-Vert et le Nigeria bénéficient de la tendance inverse, passant d’une perspective négative à une perspective stable.

NK


Les perspectives de la Banque mondiale

Pour la Banque mondiale, par contre, la croissance en Afrique subsaharienne devrait enregistrer un léger rebond à 2,9 % en 2017. Dans son rapport 2017 sur les perspectives régionales, publié le 10 janvier dernier, l’institution se montre plus optimiste.
Pour elle, c’est la croissance dans les économies peu riches en ressources naturelles qui va tirer la région vers le haut.
«La croissance en Afrique du Sud et dans les pays exportateurs de pétrole devrait être plus faible, alors qu’elle devrait rester robuste dans les économies peu riches en ressources naturelles. La croissance en Afrique du Sud devrait progresser à 1,1 % cette année. Le Nigeria devrait se remettre de la récession et afficher une croissance de 1 %. La croissance en Angola devrait progresser à 1,2 %», peut-on lire dans le rapport.
Pour le cas des autres pays exportateurs de minéraux et d’énergies, les perspectives sont globalement favorables, selon la Banque mondiale. «La croissance au Ghana devrait progresser à 7,5 %, à la faveur de l’amélioration de la situation budgétaire et de la position extérieure qui aide à renforcer la confiance des investisseurs. Les progrès accomplis dans le développement du secteur énergétique au Mozambique aideront à stimuler les investissements dans la production de gaz naturel du pays et contribueront à accélérer le taux de croissance à 5,2 %. La reprise après la crise d’Ebola devrait permettre d’enregistrer une croissance de 4,6% en Guinée, de 5,8 % au Liberia et de 6,9 % en Sierra Leone.
Parmi les pays importateurs de produits de base, le Cap-Vert devrait enregistrer une croissance de 3,3 %, Maurice une légère croissance à 3,5 %, et les Seychelles un ralentissement à 3,5 %, sous l’effet de l’incertitude en Europe qui pèse sur le tourisme, les investissements et les flux commerciaux. Le Lesotho, qui devrait atteindre un taux de croissance de 3,7 %, et le Swaziland, qui devrait sortir de la récession et renouer avec la croissance au taux de 1,9 %, devraient bénéficier du commerce régional et des investissements dans les infrastructures».

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Numéro d'édition: 189

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