Jacob Ouédraogo, ministre de l’Agriculure. (DR)

Agriculture / Les besoins en céréales sont couverts

* 40 mille ha de bas-fonds à aménager pour le riz

* 33% des terres prévues pour les femmes

 

L’Economiste du Faso : L’excédent céréalier est atténué par le déficit au niveau du riz et du blé. Qu’est-ce qui est fait pour réduire cela? Surtout au niveau du riz dont le potentiel est important?

Jacob Ouédraogo, ministre de l’Agriculure: La production céréalière au titre de cette campagne 2016-2017 est de 4.705.030 tonnes, soit une augmentation de 6,48% par rapport à la production moyenne des cinq dernières années et une hausse de 12, 30% par rapport à la production céréalière de la campagne 2015-2016. Effectivement, le bilan céréalier fait ressortir un excédent brut estimé à 214.718 tonnes. Cet excédent céréalier est dû à l’excédent brut de 793.468 tonnes, dégagé par les céréales traditionnelles (mil, sorgho, maïs, fonio). Il est vrai que cet excédent est atténué par les déficits bruts respectifs de 366.769 tonnes et 211.981 tonnes pour le riz et le blé. Toutefois, il n’y a pas péril en la demeure. Au contraire, en considérant le solde import/export, le bilan céréalier national fait ressortir un excédent net de 859.356 tonnes. Ce qui correspond à un disponible apparent par habitant de 251 kg/personne/an.
Par ailleurs, pour prévenir toute situation de crise alimentaire, nous avons prévu d’augmenter les capacités de stockage de 35.500 tonnes à 50.000 tonnes, d’accroître le niveau des stocks de sécurité alimentaire de 38.148 tonnes à 50.000 tonnes et de renforcer les dispositifs central et déconcentré de sécurité alimentaire. Concernant le riz, cette céréale n’est pas mise en marge de notre vision sur l’accroissement des productions agricoles. Le Projet riz pluvial (PRP), exécuté avec le soutien de la Chine Taïwan, constitue un pilier dans la production du riz et dans l’amélioration des revenus des producteurs burkinabè.
L’aménagement de 6.422 hectares de nouveaux bas-fonds et la réhabilitation de 1.035 hectares de bas-fonds, sur une prévision de 5.000 hectares de bas-fonds, sont des mesures favorables à la production du riz. Par ailleurs, notre département a engagé, en droite ligne du Programme national de développement économique et social (PNDES), l’aménagement de 40.000 ha de bas-fonds, propices à la production de riz. En outre, à la suite de la conférence des partenaires pour le financement du PNDES, tenue les 7 et 8 décembre 2016 à Paris, nous avons entamé des concertations avec la société Intervalle Genève, présente en Côte d’Ivoire et au Sénégal, dans l’optique de développer davantage la filière riz. Les grandes lignes de ce partenariat vous seront déclinées très prochainement.

Quelle est la situation réelle de la production du blé au Burkina. Ce sont des producteurs individuels ou des agro-industriels qui s’en occupent ?
A vrai dire, la production du blé au Burkina Faso est au ralenti, sinon à un stade embryonnaire. Mais nous avons pris des mesures de relance de cette spéculation. Elles consistent en l’aménagement et à l’exploitation de 2.000 ha de terres dédiées spécifiquement à la culture du blé, au Sourou. Il s’agit d’un projet prioritaire de notre département à réaliser en mode Partenariat public-privé (PPP). La production sera confiée aussi bien à des producteurs individuels ou familiaux qu’à des investisseurs privés.

Au niveau des actions de soutien à la production, quel est le niveau d’intégration du genre dans les appuis que vous accordez aux producteurs ?
Dans nos actions de soutien à la production, nous apportons des intrants et du matériel agricoles aux producteurs et productrices, notamment à ceux disposant de peu de moyens, pour développer leurs activités. Lors de la campagne écoulée, nous avons mis à la disposition des producteurs 12.015 tonnes d’engrais pour un coût de 4,665 milliards de F CFA; 3.915 tonnes de semences améliorées pour un coût de 2, 55 milliards de F CFA; 7.048 unités d’équipements agricoles à prix subventionné à hauteur de 901 millions de F CFA et 3.208 bœufs de traits. Le cumul de ces réalisations s’élève à 13 milliards de F CFA. Nous veillons à ce que 50% des bénéficiaires de nos interventions soient des femmes. Lors de la campagne agricole écoulée, en particulier, 52% des bénéficiaires des opérations de distributions des équipements agricoles et des animaux de trait étaient des femmes. En sus, nous sensibilisons particulièrement le monde paysan à l’accès des femmes à la terre et aux autres facteurs de production. A titre illustratif, 33% des terres aménagées sont attribuées aux femmes. Permettez-moi de saluer l’engagement de la première dame du Faso en faveur des productrices agricoles dont elle a défendu la cause à l’évènement de haut niveau intitulé «Aux côtés des femmes rurales, intensifions nos efforts pour en finir avec la faim et la pauvreté», tenu le vendredi 16 décembre 2016 au siège de l’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), à Rome en Italie.

L’avant dernier Conseil des ministres a pris des décisions pour juguler la crise à l’UNPCB. Du point de vue du gouvernement, quel est le problème ? L’immixtion du gouvernement ne crée-t-il pas un précédent ?
La crise au sein de l’Union nationale des producteurs de coton du Burkina (UNPCB) est interne aux acteurs de la filière. Un groupe a contesté le bureau en place et a même mis sur pied un comité de transition. Nous avons réussi à concilier les deux parties et un administrateur provisoire, assisté d’un représentant de chaque partie, a été installé le 9 janvier dernier avec pour mission de conduire la structure à des élections libres et transparentes d’ici à la fin du mois de février.
Mais il ne s’agit pas d’une immixtion dans les affaires de la faîtière. Le ministère de l’Agriculture et des Aménagements hydrauliques est chargé d’appuyer l’organisation du monde rural. Bien plus, les unions et les fédérations agricoles sont sous sa tutelle technique.
Par dessus la filière coton, nous avons un droit de regard sur toutes les faîtières de producteurs. Et, très bientôt, nous allons pleinement exercer nos prérogatives au sein de ces organisations, dont certaines sont en proie à des querelles intestines, afin d’y ramener la quiétude nécessaire au développement des activités de production.

Propos recueillis par FW

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Numéro d'édition: 189

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