Editorial

Agendas

La scène était inédite pour les journalistes présents à Paris, au pied à terre du Premier ministre, à l’Hôtel Raphael. Il y recevait ses ministres le 4 décembre dernier, à leur arrivée dans la capitale, pour un débriefing. A certains, il a lancé: «Et ton SYNTSHA et ton SYNATIC?» Histoire de prendre des nouvelles. Cela a eu le mérite de détendre l’atmosphère, mais trahissait mal une préoccupation réelle du chef du gouvernement, au four et au moulin, multipliant les audiences dans le cadre des préparatifs de la conférence des bailleurs. La mission était de séduire les partenaires techniques et financiers et de les encourager à accompagner le PNDES.
Or, à l’interieur, le thermomètre social n’arrête pas de monter et la menace sécuritaire est prégnante. Si la réponse à cette dernière est transversale, parce qu’inscrite dans une dynamique sous-régionale, le front social, lui, reste l’affaire du gouvernement. L’apaisement dépendra de la qualité du dialogue entre les partenaires sociaux et du sens de la responsabilité de part et d’autre. Pour un pays qui cherche des appuis pour sa relance économique, on a du mal à comprendre cette montée des revendications d’ordre pécuniaire, comme s’il y avait déjà un gâteau à partager. Le gouvernement est gêné aux entournures, même si on peut lui reprocher d’avoir ouvert la boîte de pandore en début de mandat. Une trêve sociale serait ainsi la bienvenue, d’où les appels de certains syndicats. Mais force est de reconnaitre que les parties n’ont malheureusement pas les mêmes agendas: le SYNTAS entamait une grève de 48h, le jour de l’ouverture de la conférence, tandis qu’un groupe de syndicats signait une déclaration de soutien au PNDES.
Abdoulaye TAO

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