Le frigo écologique intéresse beaucoup de particuliers dans le monde, mais aussi des ONG travaillant dans le domaine humanitaire et le développement rural. (Ph. Go Energyless)

Go Energyless : La start-up passe à la vitesse supérieure

• Avec le coup de pouce d’Impact Journalism Day

• Des ONG intéressées par le projet

UNE année chargée s’annonce pour Go Energyless, la jeune start-up à l’origine de la solution écologique et économique du réfrigérateur traditionnel. «Fresh’it» est un concept qui s’inspire de pratiques ancestrales marocaines. Le pot fabriqué à base d’argile permet de conserver les aliments et les médicaments, particulièrement l’insuline. Présentée par L’Economiste dans le cadre de l’opération Impact Journalism Day (IJD), cette solution a attiré l’attention dans les quatre coins du monde. Les effets de l’IJD ne se sont pas fait attendre. Le frigo écologique dé-veloppé par la jeune start-up a séduit à la fois des particuliers et des institutions non-gouvernementales. Des commandes pour ce produit ont afflué d’Europe, des Etats-Unis, et même de Singapour. Ainsi, quelques semaines seulement après la parution de ce projet, l’entreprise a été contactée par plusieurs ONG et associations d’Afrique et d’Asie (Niger, Philippines, Bangladesh) qui souhaitent l’implanter sur leur territoire. En effet, cette solution est destinée aux populations n’ayant pas accès à l’électricité, mais aussi à faible revenu. Ce qui a attiré des organismes opérant dans le domaine humanitaire. C’est le cas de Noakhali Rural Development Society, un organisme à but non lucratif, travaillant dans la région de Chittagong, sur la partie côtière sud-est du Bangladesh. Cet organisme qui lutte contre la pauvreté et l’injustice ainsi que contre les conséquences des catastrophes naturelles s’est intéressé à cette solution de réfrigération peu coûteuse et écologique. Il a contacté Go Energyless pour lui demander une étude de faisabilité pour implémenter le projet sur son territoire, au Bangladesh. «Nous avons été approchés afin d’étudier l’implémentation d’une unité de fabrication de frigos naturels sur place à Chittagong. Nous sommes actuellement en train de mettre en place un protocole d’étude», affirme RaowiaLamhar, CEO et cofondatrice de Go Energyless. En effet, plus de la moitié de la population totale de la zone d’action se compose de paysans sans terre, déshérités, et de familles agricoles marginalisées. La solution de Go Energyless serait d’une extrême importance. Au Maroc, également, Fresh’it intéresse. L’association Migration & Développement, une ONG de développement rural intervenant dans les zones de montagnes afin de favoriser le développement socioéconomique durable, s’est proposée de financer une étude de faisabilité pour implémenter le projet dans le Souss Massa.
Le projet, qui a attiré également l’attention d’un incubateur marocain, pourrait probablement prendre un nouveau tournant pour se développer davantage. Il s’agit du fonds d’investissement Venture Capital, qui finance la création et le développement de TPE/PME dans l’agroalimentaire, les énergies renouvelables et les NTIC. Une opportunité qui pourrait donner un coup d’accélération au développement de la start-up. D’autant plus que cette dernière compte renforcer l’équipe avec une troisième personne qui se chargera de la partie production et commercialisation. Avec l’augmentation de la demande du produit, la petite équipe ne suffit plus. Et pour parer aux fréquentes ruptures de stock, la priorité est de mettre en place une nouvelle unité de production des frigos naturels à Marrakech. «On sera plus efficace avec la réalisation d’une unité de production à part entière à Marrakech, dont le démarrage est prévu pour le mois de novembre», ajoute Lamhar. Les effets «Impact Journalism Day» ont commencé à se produire pour la jeune start-up. Et ce n’est que le début. Dans le plan préétabli par l’équipe Go Energyless, le segment de l’écotourisme faisait partie des priorités pour le développement de la commercialisation du frigo traditionnel. Or, les choses vont s’accélérer les prochains mois, ce qui pousse l’équipe à revoir ses priorités.

Sabrina BELHOUARI


Pour réagir à cet article : courrier@leconomiste.com Impact Journalism Day, accélérateur de développement

DEPUIS plus de deux ans, L’Economiste participe à une grande opération de journalisme d’impact à travers un réseau de plus de 50 journaux de référence mondiale (120 millions de lecteurs). Ces journaux publient simultanément le même jour (en juin) un supplément sur des projets innovants à fort impact social. C’est l’opération «Impact Journalism Day», initiée par l’entreprise sociale Sparknews. Les retombées de l’Impact Journalism Day pour les start-up peuvent prendre plusieurs formes. Pour l’édition d’Impact Journalism Day de 2015, 65 participants porteurs de projets ont été interviewés dans le cadre d’une enquête d’impact réalisée par Sparknews. D’après les résultats de l’enquête, 66% des projets gagnent en visibilité, 42% ont reçu des donations ou bénéficié d’un investissement externe. En outre, les opportunités de business ont augmenté chez 39% des projets ayant participé à Impact Journalism Day, à travers des connections avec des partenaires et/ou clients. Et, enfin, trois sur quatre porteurs de projets pensent que l’IJD a eu un impact sur l’évolution de leur travail (www.leconomiste.com).

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Numéro d'édition: 181

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