Encore un effort !

Dans l’affaire qui oppose les 300 ex-travailleurs à leur employeur de la mine d’ Inata, la société des mines du Belahourou (SMB), il faut se rendre à l’évidence que le règlement pour solde de tout compte passe par la négociation. Munis d’une décision de justice assortie de la formule exécutoire, les travailleurs sont finalement passés à l’acte en saisissant la production de la mine en octobre dernier.
La main-levée obtenue ensuite par la mine en s’acquittant de l’astreinte qui fut à l’origine de la saisie n’a été que de courte durée, puisque les 74 kg d’or ont fait l’objet d’une nouvelle saisie. Cette fois-ci, c’est le principal que réclament les ex-travailleurs: le montant des primes de quart et de panier. La mine est soupçonnée de faire dans le dilatoire en multipliant les recours (ce qui est son droit).
Mais, dans les faits, le paiement des droits des travailleurs risque d’être un chemin de croix, à moins de saisir tout le patrimoine de la société, ce qui va paraitre économiquement incorrect pour un gouvernement qui est en train de faire la cour aux investisseurs afin d’obtenir un bon niveau de financement du PNDES.
La santé financière fragile de la société, si elle est confirmée et reconnue par les travailleurs, devrait être un bon motif de discussions pour trouver un mode opératoire afin de régler le paiement des montants dus. Un échéancier avec des engagements fermes n’est donc pas à exclure. Les parties devraient d’abord, ensemble et non séparément, déterminer avec précision les bénéficiaires et les montants dus à chacun. C’est le premier pas indispensable pour aller de l’avant dans ce long conflit du travail. Ce conflit devrait également pouvoir servir de déclic pour le secteur minier. Celui-ci traine depuis plus 10 ans des textes obsolètes et pas adaptés à la réalité du terrain. Vivement, que l’on adopte la convention collective.

Abdoulaye TAO

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Numéro d'édition: 181

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