Secteur minier : Le Burkina peut-il arrêter sa production d’or et de zinc ?

• Le pays produit 1,13% de l’or mondial

• L’or et le zinc sont utilisés dans divers domaines

• Le secteur minier burkinabè attire malgré tout

 

Le dynamisme du secteur minier burkinabè se caractérise par l’augmentation en une dizaine d’années des sociétés minières installées au Burkina Faso dans les domaines de la recherche et de l’exploitation. Ainsi, le nombre de sociétés minières industrielles est passé d’une société en 2008 à une dizaine malgré l’arrêt des activités de Burkina Manganèse et de Kalsaka Mining. La quantité d’or produit par ces sociétés est passée de 5 tonnes en 2008 à 36,3 tonnes en 2015.
Sur le plan des recettes minières collectées, si en 2008 les mines ont rapporté 1,691 milliard de FCFA au budget national, cette contribution est passée à 15,532 milliards de FCFA dès 2009 pour s’établir à 168,410 milliards de FCFA en 2015.

La production du Burkina par rapport à celle du monde

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Depuis 2008, le secteur minier a rapporté au budget national la somme de 905,554 milliards de FCFA en termes de recettes, taxes et impôts. Sur le plan des recettes d’exportation, le secteur minier totalise pour la seule année 2013 une valeur d’exportations égale à 733 milliards de FCFA.
Une bonne partie de l’or burkinabè, soit 90%, est exportée vers la Suisse auprès de la société de raffinage Metal Or. L’Afrique du Sud serait une autre destination de l’or produit au Burkina Faso.
Ces données sont la preuve que le Burkina Faso compte sur son secteur minier pour assurer son développement. Mais des voix s’élèvent pour dénoncer le fait que les attentes des Burkinabè ne soient pas comblées par le secteur minier. En effet, de nombreux conflits naissent entre d’une part les sociétés minières et leurs employés et d’autre part les sociétés minières et les communautés riveraines. Ce qui fait dire à certaines langues que le Burkina Faso doit arrêter l’exploitation de son sous-sol. La question fondamentale est de savoir si le Burkina Faso peut arrêter sa production? Le pays évolue dans un environnement mondial où les besoins en matières premières sont importants.
Pour comprendre cette situation et proposer des éléments de réponse, il s’avère nécessaire de faire un rappel des quantités d’or produites et l’usage fait de cet or. En plus de production du Burkina Faso, le monde cumule une production totale 175.000 tonnes d’or. La production mondiale de l’or serait de 3.200 tonnes. La production annuelle d’or du Burkina représente 1,13% de la production mondiale. Où va cet or?
L’or était utilisé comme monnaie de change et parure depuis l’antiquité. Cependant, l’usage de l’or a changé avec le temps.
Près de 55% de l’or extrait et vendu servent à la fabrication de bijoux. L’équivalent de 23% de cet or va dans l’investissement et 12% vont aux banques. L’industrie (Électronique) et la médecine (les dentistes par exemple) absorbent 10% de l’or mondial.
Sur les 3.200 tonnes d’or produites annuellement, 1.050 tonnes, soit 32%, proviennentt du recyclage.
Les grands pays producteurs d’or au monde ont pour nom la Chine, l’Australie, la Russie, les États-Unis, le Canada.
Outre l’or, le Burkina Faso produit du zinc à la mine de Perkoa dans le Sanguié. Au 31 décembre 2015, la production a été évaluée à 137.344 tonnes métriques sèches de concentré de zinc contre 135.369 tonnes métriques sèches en 2014. Le zinc est un minerai sulfureux utilisé dans la production de l’acier afin de réduire l’oxydation. Il est aussi utilisé dans les alliages cuivre/zinc – laiton. On retrouve du zinc dans les moulages comme les poignées des portes, dans les pièces de monnaie. Le zinc est aussi utilisé dans l’alimentation comme un supplément nutritif. Il est également un élément essentiel à la composition de certaines produits pharmaceutiques. La Chine serait le plus important producteur et consommateur de zinc. Toute la production mondiale de zinc est estimée à 13,4 millions de tonnes.

Elie KABORE


Le secteur minier burkinabè attire

L’une des caractéristiques du secteur minier burkinabè est l’accroissement continue des titres et permis octroyés d’année en année.
Au cours de l’année 2015, 3 nouveaux permis d’exploitation industrielle octroyés portent désormais le nombre de permis à 18. Aussi, 51 permis de recherche ont été octroyés, portant ainsi le nombre de permis de recherche à 702. Au niveau de l’exploitation semi-mécanisée, 7 permis d’exploitation ont été attribués au cours de la période, portant leur nombre à 35 permis. Les 9 autorisations d’exploitation artisanale traditionnelle octroyées au cours de la période portent leur nombre à 362. Le nombre d’autorisations d’exploitation de substances de carrières a été porté à 66 à l’issue des 20 nouvelles autorisations octroyées au premier semestre 2015.
Les activités de recherche ont donné des résultats probants et des projets avancés entreront bientôt en production. C’est le cas de Kiaka dans les provinces du Boulgou et du Zoudwéogo, Bomboré dans le Ganzourgou, Boumgou dans la Tapoa, Natougou de SEMAFO dans la Tapoa, Balogo de Golden Rim dans le Nahouri et enfin Tanlouka de la société Tanlouka Sarl dans le Ganzourgou.

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Numéro d'édition: 179

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