La demande en emballages au Burkina provient des PME présentes dans la transformation des farines et grumeaux de céréales, confitures, fruits séchés, miel, beurre de karité, mais aussi des grandes entreprises agro-alimentaires comme la SN-Citec, SOFIB, Jossira, MINOFA, Sn-SOSUCO, Brakina, etc. (Ph.: Yvan Sama)

Produits made in Burkina : Face au défi de l’emballage

• 1er Forum sur une problématique cruciale

• Gagner en attractivité et en fiabilité

• Se mettre au diapason du marché mondialisé

 

Pour l’ensemble des produits destinés à la commercialisation, l’emballage est facteur de compétitivité et de renforcement de la valeur ajoutée. Malheureusement, ce facteur est encore très mal maitrisé par les producteurs locaux, notamment ceux qui font la transformation des produits de l’élevage et de l’agriculture. C’est une situation qui handicape de nombreux produits made in Burkina et freine l’élan des entreprises dans la conquête des parts sur le marché international. Il faut trouver les moyens de franchir cet obstacle. C’est l’objet du 1er Forum sur l’emballage qui s’est tenu du 10 au 12 octobre dernier à Ouagadougou. L’initiative est de l’Agence de promotion des exportations du Burkina (APEX-B), structure placée sous la tutelle du ministère en charge du Commerce et de l’Industrie.
Sous le thème « Emballage de qualité, facteur de compétitivité des entreprises à l’exportation », le forum a été une occasion pour une trentaine de producteurs et de commerçants grossistes dans le domaine des emballages du Burkina, d’Afrique et d’Europe de présenter leur savoir-faire et leurs offres. Face à eux, il y avait plus d’une centaine d’entreprises locales intéressées par l’utilisation des emballages.
Des industries solidement implantées, mais aussi des PME/PMI dans le secteur de la transformation et de l’exportation des produits agricoles. Cette rencontre entre offreurs et demandeurs d’emballages s’est déroulée sous forme de conférences et de panels ayant permis de partager des expériences, d’exprimer les préoccupations et les besoins, mais aussi sous forme de B to B où des partenariats d’affaires ont pu être initiés.
En dépit de leur qualité intrinsèque (naturels, bio, efficaces ou délicieux), les produits burkinabè ont très souvent du mal à s’imposer chez les consommateurs en général, mais spécifiquement lorsqu’ils sont destinés à l’exportation. La faute à l’emballage qui n’attire pas ou n’est pas fiable. En plus de ne pas toujours être attractif, l’emballage de nombreuses productions made in Burkina dispose rarement d’un bon étiquetage. C’est-à-dire l’essentiel des éléments d’informations qui doivent guider et rassurer les consommateurs.
A titre d’exemple, la majorité des produits céréaliers est conditionnée en sachets plastiques, avec des étiquettes en noir et blanc qui n’informent pas suffisamment le consommateur. Les visuels en couleur, les boîtes en carton imprimé sont généralement jugés chères.
Selon les spécialistes, l’emballage de qualité comporte 3 dimensions qui sont « l’esthétique », « la protection-conservation » et « les informations sur le produit ». Des choses mal maitrisées sur la plupart des produits conditionnés au Burkina. Si la faute est à mettre sur le compte de l’ignorance des producteurs non sensibilisés aux enjeux, il faut aussi reconnaitre parfois l’absence d’une offre « adaptée, intelligente, en phase avec les exigences de transport et financièrement accessible ».
La résultante de ces lacunes se traduit défavorablement sur la compétitivité des produits sur le marché extérieur et même souvent auprès des consommateurs locaux, inondés de produits d’exportation visuellement plus séduisants.
Il n’existe quasiment pas de chiffres et des études actualisés sur la faiblesse de la compétitivité des produits d’origine burkinabè, relativement à la problématique de l’emballage. Ainsi, il est difficile de quantifier les conséquences directes de ce handicap sur les parts de marché des entreprises locales.
Toutefois, plusieurs anecdotes existent pour montrer que les défauts sur les emballages ont fait perdre des opportunités d’affaires ou réduit les marges bénéficiaires des produits à l’exportation. Il y a eu des situations où pour rattraper les défaillances sur l’emballage et éviter de subir la déconvenue de la sous-estimation de la qualité du produit, des exportateurs ont été contraints de changer leurs emballages sur place dans les pays de destination.
Des emballages « moches et peu valorisants» emmenés du Burkina ont dû être remplacés par de bien meilleurs trouvés illico presto en Asie ou en Europe. Aujourd’hui, il apparait nécessaire d’anticiper ce genre d’incidents.

Karim GADIAGA


L’offre sur le marché local se diversifie

Traditionnellement, les besoins d’emballages des producteurs burkinabè, ceux des grandes entreprises agro-alimentaires notamment, étaient couverts par la production locale de deux manufactures industrielles que sont Fasoplast et la Société nationale de cartons et d’emballages (SONACEB), mais aussi par l’importation. Désormais, quelques PME et entreprises du secteur informel se sont mises en place et essaient de satisfaire les besoins des producteurs modestes. Une autre partie du besoin en emballages est également couverte par la récupération (recyclage) des articles.
Le gros défi qui se présente aux fournisseurs locaux d’emballages est celui de l’amélioration et la diversification de leurs offres pour prendre en compte les questions d’esthétique, de la netteté de l’impression des étiquettes, mais aussi la variété des produits qui ont besoin d’emballages. L’importation d’origine asiatique a une longueur d’avance sur ce plan. Pour lui résister, la production locale d’emballages doit se réadapter et faire preuve de plus d’ingéniosité grâce à une technologie de meilleur niveau. Cette réadaptation doit se faire en tenant compte du contexte d’interdiction des sachets plastiques et de la promotion des emballages biodégradables au Burkina et ailleurs dans le monde.

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Numéro d'édition: 176

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