Le pont s’est effondré au moment du passage d’un train de marchandises, le mardi 6 septembre, près de la ville de Dimbokro en Côte d’Ivoire. (DR)

Transport ferroviaire  : La circulation a repris partiellement

• Un plan de transport rail-route mis en place

• La liaison rétablie d’ici le 25 septembre

Non seulement le délai pour le rétablissement intégral de la liaison ferroviaire Abidjan-Ouaga devrait être plus court que prévu mais en plus, l’activité du train ne sera pas totalement bloquée pendant le temps de la réparation. A la suite de l’effondrement du pont près de la ville de Dimbokro, dans le Centre de la Côte d’Ivoire, le mardi 6 septembre dernier, la direction de la SITARAIL, concessionnaire de l’exploitation du chemin de fer, a annoncé un plan B qui permet de maintenir la circulation du train avec des wagons voyageurs et marchandises, y compris l’évacuation des conteneurs disponibles sur le terminal d’Abidjan. C’est une reprise partielle des activités de la société qui a commencé dès le 10 septembre.

Ce plan de transport de circonstance, sur un modèle rail-route, prévoit plusieurs départs du train par semaine entre Bouaké et Ouagadougou.
Lesquels déplacements sont complétés par le transport routier grâce à un dispositif spécial. A partir de Bouaké, des camions déchargeront les trains en provenance de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso pour les acheminer sur Abidjan. En raison de la spécificité de la situation, les camions ne devraient pas subir de contrôles douaniers pour ne pas perdre du temps en route. Les trains de marchandises ont été mis en circulation à partir du lundi 12 septembre 2016. Pour le cas spécifique des marchandises, le plan permet de mettre en service 5 trains par jour, dont 3 au départ de Bouaké, 1 au départ de Ouagadougou et 1 autre au départ de Bobo-Dioulasso.
Lorsque l’accident est survenu le 6 septembre dernier, suite à « une erreur qui a fait passer sur le pont des équipements hors gabarit », les craintes tablaient sur un arrêt total des activités du train pendant plusieurs semaines. Ce qui devrait occasionner un coup dur pour l’économie des pays, en raison du rôle stratégique du transport ferroviaire dans l’approvisionnement en marchandises diverses sur chaque côté de la frontière. Fort heureusement, ce n’est pas le cas, grâce à la solution palliative qui a été mise en place et qui permet d’amoindrir le préjudice.
Pour ce qui concerne également le délai de la réhabilitation du pont endommagé, les prévisions sont finalement moins alarmistes. La SITARAIL, par la voie de son directeur général, a annoncé, en début de semaine dernière, que des travaux devraient permettre de «rétablir le trafic dans les plus brefs délais». Ces travaux ont déjà commencé et se poursuivent sur les lieux de l’accident. «Notre objectif est de limiter ces travaux à un maximum de 15 jours pour reprendre la circulation des trains le vendredi 23 ou le samedi 24 septembre», a confié Joel Housninou, directeur général de la SITARAIL. Des ingénieurs nationaux et internationaux ont été affectés sur le chantier et ils s’affairent à l’aide des grues dépêchées sur place pour réparer le pont.

Karim GADIAGA


Rétablir un outil stratégique

Chaque année, ce sont plusieurs voyageurs et plusieurs tonnes de marchandises que le train transporte entre les deux pays. D’après les chiffres officiels, en 2015, ce sont 200 mille personnes et 900 mille tonnes de marchandises qui ont transité par cette voie ferrée longue de 1.260 km. Par le train, le Burkina Faso exporte du coton, du manganèse et des animaux vers Abidjan. En retour, il importe de la Côte d’Ivoire de nombreuses marchandises dont le pétrole, le ciment, des engrais et des produits alimentaires. Le rapport commercial est très déséquilibré en faveur de la Côte d’Ivoire. 85% des flux proviennent de la Côte d’Ivoire en direction du Burkina Faso, contre 15 % dans le sens inverse.
En cette période de l’année, le transport des marchandises en provenance du Burkina concerne plus le coton. Une grande partie du coton d’exportation burkinabè transite par Abidjan à destination du marché international.

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Numéro d'édition: 172

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