Jean-Martin Coulibaly, ministre de l’Enseignement de base et de l’Alphabétisation. (DR)

Retard dans le paiement des bourses : 2 milliards de FCFA à régler avant la rentrée

• 4 milliards de FCFA pour les conférences pédagogiques en 2017

• La journée continue est-elle adaptée à l’éducation ?

• Que faire pour de meilleurs résultats ?

 

A la veille de la rentrée scolaire 2016-2017, nous sommes allés à la rencontre du ministre de l’Enseignement de base et de l’Alphabétisation, dont l’autorité couvre le primaire et le secondaire. Il nous dit ses angoisses et ses attentes pour cette nouvelle année.

L’Economiste du Faso : Comment se prépare la rentrée scolaire? Faites-vous face à des difficultés particulières ?
Jean-Martin Coulibaly (Ministre de l’Enseignement de base et de l’Alphabétisation) : La rentrée se prépare bien. La question qui a été soumise à mon département est celle liée aux conférences pédagogiques sur lesquelles nous avons d’ailleurs beaucoup échangé. Il y a eu des lettres ouvertes concernant la mise en œuvre de l’organigramme. Pour ce qui concerne ces conférences pédagogiques, je dirai que, sur l’année 2016, nous nous sommes aperçus qu’elles n’avaient pas été suffisamment dotées. Vous savez également que l’année 2016 a été une année économiquement difficile pour le pays.
Malgré les deux lois de finances rectificatives, nous n’avons pas pu avoir le budget nécessaire à organiser toutes les conférences.
Certains partenaires ont estimé que si nous ne pouvons pas les organiser pour tout le monde, il ne fallait alors rien faire. Du côté de l’administration, nous avons quand même dit que pour la qualité de l’éducation, nous devrions pouvoir faire ce que nous pouvons avec ce que nous avons. Nous avons donc instruit le directeur en charge de la question d’organiser prioritairement les conférences qui concernent les acteurs qui sont directement dans les classes, à savoir les enseignants, pour les différents niveaux d’enseignement. Pour 2017, les dispositions ont été prises. Ce sont des questions qui ne sont pas de nature à mettre en difficulté la rentrée scolaire. Il y a une dotation de près de 4 milliards de FCFA pour cela. La rentrée devrait donc bien se dérouler.

Il y a ce mécontentement des établissements privés qui reçoivent des boursiers de l’Etat et dont les bourses ne sont pas toujours versées. A combien évaluez-vous cette dette ? Ne craignez-vous pas que des établissements qui attendent de rentrer dans leurs fonds refusent certains de vos boursiers ?
Le chiffre tourne autour de 2 milliards de FCFA. Nous n’avons pas toute la situation, de façon très lisible, de ce retard de paiement. Le retard est imputable à trois facteurs. Il y a les réaménagements budgétaires successifs auxquels nous avons dû faire face à l’arrivée du gouvernement. Le deuxième élément est lié aux justificatifs qui doivent nous permettre d’engager les paiements. Ces derniers sont parfois de qualité insuffisante. La troisième raison est liée au parcours dans le circuit. Ces justificatifs qui sont détenus par ces établissements sont consolidés au niveau provincial avant de remonter au niveau régional pour arriver au niveau central avant d’être transmis au niveau des finances pour contrôle.
C’est quand nous avons un rapport de vérification et d’acceptation que nous pouvons payer. Le processus de règlement est tel que l’on règle pour toute une région ou rien. Ce qui veut dire que si dans une région il y a des brebis galeuses dont les justificatifs n’ont pas été acceptés, le système de dépenses est bloqué. Je voudrais rassurer nos partenaires que tout est mis en œuvre pour que ces frais leur soient réglés avant la rentrée. Nous en avons discuté avec le ministère des Finances pour lever l’étape de vérification.
Je ne pense donc pas que nous arrivions à une situation où des établissements refusent leur accès à des boursiers. C’est un partenariat gagnant-gagnant que nous entretenons depuis très longtemps. Il y a une difficulté qui est là et qui s’explique. Si nous allons à une rupture, personne n’y gagne. Je rassure une nouvelle fois que tout est mis en œuvre pour qu’ils soient payés avant la rentrée.

Pensez-vous que le système de journée de travail continu soit bénéfique à l’enseignement ?
La journée de travail continu a été instaurée sur toute l’étendue du territoire burkinabè. Si nous commençons à vouloir faire des particularités pour l’éducation, cela peut engendrer aussi d’autres difficultés. Comment un salarié soumis à la journée de travail continu peut-il gérer son enfant qui va à l’école du matin à midi et y retourne à 15h pour finir à 17h ? Ce qui est important, c’est de voir comment cela est compatible avec le rythme scolaire de l’enfant. Nous y réfléchissons. Si à ce niveau, il s’avère qu’il y a des difficultés importantes, nous allons apporter l’information au gouvernement pour qu’une décision soit prise concernant le système éducatif.

Les résultats scolaires n’ont pas été reluisants cette année. Quel appel avez-vous à lancer aux éducateurs, aux élèves et aux parents d’élèves ?
Les résultats de cette année ne sont pas aussi particuliers que cela. Ça fait à peu près 10 ans que les résultats sont dans ce ton. Il nous faut réfléchir aux causes réelles de cette situation. Ces causes sont multiples. Soit les contenus ne sont plus suffisamment adaptés, parce que notre société a évolué, de sorte que ces contenus sont devenus obsolètes, soit le suivi que l’on fait de l’action pédagogique n’est pas régulier. Il faut s’assurer que les enseignants soient dans les classes et enseignent ce qui est prévu. Il faudra aussi s’assurer que les encadreurs suivent bien les enseignants et vérifient l’application des normes en la matière.
C’est tout un ensemble. J’ai invité tous les acteurs à y réfléchir afin que nous voyions ce que nous pouvons faire pour que notre éducation ait une meilleure qualité, pour être bénéfique à toute la nation et à tous les enfants du Burkina. o

Propos recueillis par Alexandre Le Grand ROUAMBA
Ecoles sous paillotte : le processus ralentit

Le problème des écoles sous paillotes connait-il véritablement une solution ?
De l’avis du ministre Jean-Martin Coulibaly, le programme lancé, à Fada N’Gourma sous le haut patronage du Premier ministre, est en train de s’exécuter. Ce programme a été ralenti avec l’arrivée de la saison des pluies.
Là où les sites sont accessibles, les entreprises ont fait les fouilles et ont commencé à construire. De façon globale, le processus de passation de marchés est achevé. Il ne reste que l’exécution, conclut le ministre Coulibaly. o

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Numéro d'édition: 20

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