L’Europe cherche les meilleurs moyens pour stopper l’affaire des migrants. (DR)

Immigration : Un mur à Calais contre les migrants

• Le Royaume-Uni finance pour 2,7 millions d’euros

• Un projet qui divise

 

Les travaux pour la construction d’un mur à Calais (Nord-Pas-de-Calais) en France, destiné à empêcher les migrants de grimper sur les camions à destination du Royaume-Uni, vont démarrer prochainement.
Le ministère de l’Intérieur du Royaume-Uni a fait l’annonce ce mercredi, et a décidé de financer l’opération. Le mur de quatre mètres de haut et d’un kilomètre de long sera construit le long de la route nationale qui conduit au port de Calais.
D’un coût de 2,7 millions d’euros, le mur végétalisé sera financé par le Royaume-Uni et construit par les services français de la Direction interdépartementale des routes.
Les travaux sont prévus de septembre à décembre. Ce mur est destiné à empêcher les milliers de migrants originaires d’Afghanistan, d’Irak ou du Soudan qui affluent à Calais pour tenter de traverser la Manche pour s’introduire sur la rocade portuaire et grimper sur les camions en route vers le Royaume-Uni. Selon les autorités, ils sont aujourd’hui 6.900 dans la « Jungle » de Calais, mais des associations évoquent plus de 9.000 réfugiés, dont 900 mineurs isolés. Ils étaient entre 3.500 et 5.000 à la fin du démantèlement de la zone sud du camp en mars.
La France a, par ailleurs, annoncé son intention de poursuivre par étapes le démantèlement du camp et d’intensifier les départs volontaires de Calais en créant d’ici la fin de l’année quelque 8.000 places dans diverses structures d’accueil. Le projet a suscité de nombreuses critiques au Royaume-Uni. La députée des Verts, Caroline Lucas, a qualifié le mur de «monstrueux». Le collectif Citizens a demandé à ce que l’argent dépensé soit plutôt utilisé pour faire venir des enfants mineurs bloqués à Calais ayant de la famille au Royaume-Uni. Mardi dernier, un migrant soudanais d’une trentaine d’années est mort de ses blessures après une bagarre entre migrants soudanais et afghans.
Avec le dispositif qui rend de plus en plus difficile leurs tentatives pour passer en Angleterre, il s’est créé entre les migrants des tensions exacerbées, avec plus de velléités d’en découdre. Dans ce secteur, en fin de nuit, les services de police et de gendarmerie ont dû évincer à plusieurs reprises des groupes de 20 à 30 migrants en amont qui tentaient d’accéder aux voies de circulation en vue de s’introduire dans des camions en direction du port de Calais et du Royaume-Uni.
Selon un décompte des services de l’Etat, il s’agit du 11e migrant mort à Calais et ses environs depuis le 1er janvier 2016.

Germaine Birba


La Hongrie s’y met également

La Hongrie veut également stopper les réfugiés qui tentent de rentrer dans le pays et ce, malgré la féroce opposition d’autres pays européens et de groupes de défense des droits de l’homme. Ce lundi, les forces de défense hongroises ont commencé à construire un mur temporaire le long de la frontière que le pays partage avec la Serbie.
Les autorités hongroises estiment qu’elles sont confrontées à un afflux inédit par son importance de réfugiés qui rentrent en Hongrie. En moyenne, ce sont 1.000 personnes qui traversent illégalement la frontière chaque jour pour rentrer en Hongrie. Ainsi, l’immigration illégale est devenue un problème sérieux et sa gestion est une tâche de premier ordre.
On estime que près de 80.000 réfugiés sont entrés en Hongrie cette année. En 2014, ils étaient 43.000. La grande majorité des migrants qui passent par la Serbie viennent de Syrie, d’Afghanistan et d’Irak. Nombre d’entre eux font une demande d’asile en Hongrie pour ensuite rejoindre un autre pays de l’Union européenne, comme l’Allemagne ou la Suède.

Commentaires
Numéro d'édition: 171

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.