Société-Culture

Licenciés de Bissa Gold : Exterhum demande un délai

 

Un an après, les travailleurs licenciés de la société minière de Belahourou (SMB)/Inata et Exterhum Africa/Bissa Gold sont toujours dans l’attente de l’application des décisions de justice par leurs employeurs. Le 27 juillet dernier, alors qu’ils avaient prévu une marche de protestation, un courrier reçu d’Exterhum Africa a changé la donne. L’ex-employeur demandant un délai de 30 jours pour régler les droits légaux du personnel licencié. «Nous sommes actuellement en phase de détermination des méthodes de calcul et du montant des droits des différents travailleurs concernés, avec notre client Bissa Gold SA. En effet, il s’agira pour nous d’analyser les temps travaillés depuis la date d’embauche pour chaque travailleur. C’est un travail méticuleux et précis. C’est pourquoi, jusqu’à ce jour, aucun calendrier n’a été arrêté ni transmis aux avocats des travailleurs. Ceci ne signifie en aucune manière que la situation des travailleurs licenciés est oubliée ou négligée», tel est le contenu de la lettre envoyée aux travailleurs par le directeur des ressources humaines d’Exterhum Africa, Jean Marie Bitibaly.
En attendant une réaction similaire de la part de SMB/Inata, le représentant de la CNTB a mentionné que les travailleurs licenciés de cette «boîte» souhaitent l’exécution par leur employeur d’une sentence rendue en leur faveur, depuis le 5 mars 2015.
Les syndicalistes ont dénoncé le non-respect des décisions de justice par les sociétés minières et les licenciements au mépris de la loi et surtout le manque de fermeté de l’Etat. 116 travailleurs, y compris tous les délégués syndicaux et des délégués du personnel d’Exterhum Africa/Bissa Gold, ont été licenciés suite à un arrêt de travail consécutif à un préavis de grève régulièrement déposé. La cause de cette situation, selon le secrétaire aux normes de la Confédération nationale des travailleurs du Burkina (CNTB), Thomas Paulin O. Ouédraogo, est due au manque de fermeté de l’Etat burkinabè envers les sociétés minières à faire appliquer les lois du travail.
Le plus grave, selon lui, ces sociétés profitent des failles du Code minier pour licencier «abusivement». Face à la sourde-oreille des premiers responsables de la société, le différend a été porté devant les juridictions. A ce jour, le conflit est toujours pendant devant le Conseil d’arbitrage pour ce qui concerne le conflit collectif et à l’Inspection du travail, relativement aux licenciements. Une rencontre de conciliation a eu lieu le 21 avril 2016 à Ouagadougou entre les différents protagonistes et leurs avocats, sous la houlette du ministre en charge du Travail, Clément P. Sawadogo. De cette rencontre, un engagement «d’éponger» le paiement des droits légaux non contestés dus aux travailleurs a été pris par Exterhum Africa/Bissa Gold. Malheureusement, depuis cette date, force est de constater qu’aucune réaction de la société n’a été constatée par les travailleurs. Mieux, Thomas Paulin O. Ouédraogo affirme qu’elle s’est illustrée par un mutisme face aux interpellations des avocats des travailleurs. La décision a été prise par les travailleurs déflatés de manifester leur colère le 27 juillet 2016. Mais contre toute attente, à la place de cette manifestation de protestation, les journalistes ont eu droit à une conférence de presse. Mais pourquoi ce rétropédalage?

ACS


 

Thomas Paulin O. Ouédraogo, membre du bureau de la CNTB, a expliqué que suite à une correspondance de la société Exterhum Africa leur demandant de sursoir à leur marche de protestation et de lui accorder un délai de 30 jours pour finaliser le traitement des dossiers, ils ont préféré organiser une conférence de presse.

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