Selon l’Organisation mondiale de la santé, en Afrique sub-saharienne, 25,8 millions de personnes vivent avec le VIH. En 2014, environ 40 % des malades avaient accès aux traitements et plus de 10 millions d’hommes ont décidé se faire circoncire. (Ph.:UN)

Sida en Afrique : La circoncision fait chuter le taux d’infection

• Une étude de 4 ans menée en Ouganda

• 10 millions de circoncis en 2014 selon l’OMS

 

Le 12 juillet dernier, la revue JAMA (Journal of american medical association) a publié une étude qui démontre l’utilisé de la circoncision dans la lutte contre le Sida. Cette étude a été réalisée en Ouganda, dans des communes rurales du pays. Elle a été réalisée sous la houlette du Dr Kong et de ses collègues sur 45.000 personnes vivant dans le district rural de Rakai entre 1999 et 2013.
Les chercheurs ont collecté des données sur l’utilisation des antirétroviraux, le recours à la circoncision, les comportements sexuels, les conditions de vie, ainsi que le taux de nouvelles infections.
Leur analyse a porté sur 3 périodes distinctes: avant l’accès aux médicaments et la circoncision médicalisé (1999-2004), au lancement de ces programmes de prévention (2004-2007), puis une fois que ces programmes ont été assimilés par la population (2007-2013).
En 14 ans, les chercheurs ont vu le recours à la circoncision augmenté de 19 % à 39 %. L’utilisation des médicaments en prévention a également connu une hausse chez les hommes et les femmes passant de 0 à plus de 20 %. Pour le docteur Kong, «la biologie de ces deux stratégies de prévention a été prouvée, mais la grande question était de savoir si elles allaient avoir un impact sur les nouvelles infections dans les communautés qui luttent toujours pour contrôler la propagation du VIH».
Et les chercheurs ne sont pas repartis bredouilles. Ils ont pu démontrer que dans les communautés comprenant au moins 40% d’hommes circoncis, le taux de nouvelles infections a diminué de plus d’un tiers, en comparaison avec les zones où seulement 10% des hommes ont été circoncis. Un autre résultat engrangé par les chercheurs porte cette fois-ci sur la protection par les antirétroviraux, sur les personnes vivant avec le VIH Sida.
Dans les communautés où plus de 20 % des femmes séropositives ont accès aux médicaments, les nouvelles transmissions ont chuté de 23 % chez les hommes. En revanche, aucune réduction n’a été observée chez les femmes. Même si comme le souligne Xiangrong Kong, «ces effets seront observés dès que l’usage de ces traitements augmentera chez les hommes».
«Il nous reste encore un long chemin avant de maîtriser l’épidémie de VIH en Afrique. La population doit adopter ces stratégies et nous avons besoin d’un soutien financier durable pour y arriver», a souligné le chercheur.
En Afrique sub-saharienne, 25,8 millions vivent avec le VIH. En 2014, environ 40 % des malades avaient accès aux traitements et plus de 10 millions d’hommes ont décidé se faire circoncire, selon l’OMS.

NK


Le Bostwana, bon élève

De l’objectif de détection, traitement et suppression virale fixé par l’ONSUSIDA, le Botswana tire son épingle du jeu, selon une étude parue dans le Lancet HIV. Le pays est en passe d’atteindre les objectifs fixés, à savoir le 90-90-90 (NDLR, 90% de séropositifs connaissant leur statut, 90% de personnes traitées et 90% en état de suppression virale) et ce d’ici 2020. La méthode ? Le pays a adopté depuis 2002 une stratégie agressive. Toute personne qui en a besoin, reçoit des antirétroviraux gratuitement. En 2004, un dépistage de routine a été mis en place à l’hôpital.
Mais le système déployé par le gouvernement semble efficace en termes de détection et de prise en charge. 83 % de ces personnes connaissaient déjà leur statut sérologique. Parmi elles, 87 % étaient sous antirétroviraux. Et la quasi-totalité des personnes traitées avait atteint le stade de la suppression virale (96 %), c’est-à-dire que le taux de VIH dans leur sang était très faible.
«Ironiquement, le traitement des personnes infectées par le VIH pourrait être notre moyen le plus efficace et le plus efficient d’éviter de nouvelles contaminations», conclut Max Essex, principal auteur de l’étude, qui souligne l’absence persistante d’un vaccin. De fait, la réussite botswanaise est bien plus marquée que dans la plupart des pays occidentaux. En France, par exemple, on estime que 30.000 séropositifs ignorent encore leur infection. Au total, 150.000 personnes vivent avec le virus.

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Numéro d'édition: 167

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