Industries à Bobo-Dioulasso : La renaissance ?

• Une nouvelle zone industrielle en construction

• Les cimentiers s’y bousculent déjà

• L’agro-industriel en pôle position

 

La ville de Bobo-Dioulasso va-t-elle connaître un regain d’activité économique? Il faut l’espérer avec la vague d’inaugurations d’usines au premier semestre de 2016. Coup sur coup, deux sociétés de ciment présentes à Ouagadougou et non des moindres ont lancé les travaux de leurs secondes usines dans la ville de Sya. Le 27 mai, la première pierre de l’usine CIMASSO a été posée par le Premier ministre Paul Kaba Thiéba. CIMASSO est une filiale du consortium CIM METAL Group, une société anonyme de droit burkinabè de l’homme d’affaires Inoussa Kanazoé, dont on reconnait facilement les autres usines comme CIMFASO à Ouagadougou et CIM Ivoire en Côte d’Ivoire.
Pour la construction de l’usine de Bobo-Dioulasso, c’est un investissement de 60 milliards de F CFA qui a été mobilisé. La moitié sera financée par les partenaires internationaux, 25% par le promoteur et le reste qui sera mobilisé au niveau local auprès des banques locales. Rendez-vous donc dans 18 mois pour voir les premiers effets de cette unité sur le microcosme économique.
D’une capacité de production de 2 millions de tonnes de ciment par an, l’usine va soulager la ville en termes d’emplois. Le business-plan de CIMASSO prévoit de créer environ 1.500 emplois directs et indirects.
La deuxième unité de cimenterie est celle de la société Ciment d’Afrique (CIMAF) du groupe marocain dont la première pierre a été posée le même jour que son concurrent CIMASSO. Ce projet, à terme, vise la création de 200 emplois direct et indirects dont 700 emplois pendant les 18 mois que va durer la construction. Le groupe marocain envisage une production de 700.000 tonnes /an pour un investissement estimé à 20 milliards de F CFA. Toujours dans le secteur de la cimenterie, Diamond Cement qui se positionnait depuis longtemps sur des gites de clinker n’a pas encore dit son dernier mot.
Outre le ciment, le parc industriel de la ville de Bobo s’est agrandi d’un nouveau locataire dans la nouvelle zone, avec Olvea Burkina dont l’usine a été inaugurée le 16 avril dernier. 2 milliards y ont été investis et les promoteurs prévoient la production de 7.000 tonnes de beurre de karité par an.
D’après le directeur général de l’industrie, Joseph Zerbo, contacté par L’Economiste du Faso, il y a actuellement sur le site 6 unités industrielles fonctionnelles et 6 autres en voie de l’être.
Il s’agit majoritairement d’unités agro-industrielles. Dans l’ensemble, les autorités ont déjà signé 56 arrêtés d’attribution. La zone industrielle compte 235 parcelles. A l’attention des promoteurs, prévient le DGI, la RAF accorde un délai de 5 ans pour la mise en valeur d’une parcelle.

FW


Nouvelle zone industrielle Un ntaux d’exécution de 70%

Au ministère du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, c’est la direction générale de l’industrie qui s’occupe du développement des zones industrielles. Joseph Zerbo, le patron de cette direction, a bien voulu partager les dernières informations sur le nouveau site industriel.

– L’Economiste du Faso: Parlez-nous de la situation de la nouvelle zone industrielle de Bobo

Joseph Zerbo, directeur général de l’industrie. Il a précisé que dans le cadre de l’aménagement du territoire, plusieurs zones industrielles sont prévues. Des concertations sont en cours pour trouver la meilleure stratégie pour les opérationnaliser. (DR)

Joseph Zerbo, directeur général de l’industrie. Il a précisé que dans le cadre de l’aménagement du territoire, plusieurs zones industrielles sont prévues. Des concertations sont en cours pour trouver la meilleure stratégie pour les opérationnaliser. (DR)

En effet. La ville de Bobo-Dioulasso dispose de deux anciennes zones industrielles aménagées respectivement en 1923 et 1954.
La première a été délimitée avec l’avènement du chemin de fer. Cette zone non réellement aménagée à des fins industrielles est en fait une dépendance du chemin de fer sous forme de transit de marchandises. Elle est beaucoup plus une zone d’activités diverses regroupant les grands entrepôts, les ateliers de maintenance du chemin de fer et les installations de la SONABEL de Bobo-Dioulasso. La zone ne dispose plus de capacité d’accueil.
La deuxième zone industrielle aménagée sur une superficie de 233 hectares compte au total trois cent quinze (315) parcelles
La nouvelle zone industrielle est la troisième de la ville. Située au secteur 23, elle couvre une superficie de 205 hectares.
Les études techniques de voirie et d’assainissement de la zone ont été réalisées et validées en septembre 2013.
Selon les résultats de ces études, le coût global de la viabilisation totale de cette zone est estimé à environ 14 milliards de F CFA.
La première phase des travaux d’aménagement a démarré en mai 2014 et concerne la réalisation de 8,5 km de route en terre et 8,5 km de caniveaux. Ces travaux présentent un taux d’exécution physique estimé à 70% à la date du 31 janvier 2016, selon le rapport de la mission de contrôle.
La zone compte 235 parcelles reparties entre le bloc agro-alimentaire, le bloc métallurgique et mécanique et le bloc des activités diverses.

– Quel est le nombre d’entreprises déjà installées et en lice pour s’y installer ?
A ce jour, dans la nouvelle zone industrielle de Bobo (secteur 23), cinquante-trois (53) arrêtés d’attribution ont été signés. Le constat qui se dégage est que sur la cinquantaine d’arrêtés signés, six (6) unités sont fonctionnelles, six (6) autres sont en cours de construction. Le reste des terrains sont simplement clôturés ou ont fait l’objet de bornage par les attributaires.
Au titre des projets industriels totalement réalisés et fonctionnels, il s’agit de:
– International Oils and Fats (IOF), production de beurre de karité
– Olvéa Burkina (Ex burkarina), production de Beurre de karité
– Anatrans, transformation des amandes de cajou
– Neema Agricole du Faso (NAFASO), traitement des semences
– SIA industrie ; production de liqueur
– HUILERIE Tondé Abdoulaye
Au titre des projets en cours de réalisation et non fonctionnels, il s’agit de :
– Wassa Industrie ; production d’huile alimentaire
– Faso Malagré, production d’huile alimentaire
– Moulins du Sahel, production de farine
– GECOMIF
– Huilerie
– Huilerie.

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Numéro d'édition: 167

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