Le Directeur général de «Afrika Verein», Kristopher Kannendisser, a profité pour échanger avec la presse nationale le 13 juin dernier. (Ph.:MK )

Immigration : L’Allemagne face aux défis

• Un million d’immigrants en 2015

• Une législation en discussion

• La destination allemande pourrait se compliquer

 

Quels sont les défis de l’immigration en Allemagne? Venu au Burkina s’enquérir des potentialités qui peuvent s’offrir à l’Allemagne dans le secteur économique, le Directeur général de «Afrika Verein», Kristopher Kannendisser, a profité pour échanger avec la presse nationale le 13 juin dernier à Ouagadougou autour des défis de l’immigration dans son pays. Il est établi que les relations entre le secteur privé burkinabè et l’Allemagne sont assez faibles.
La preuve, très peu d’entreprises allemandes sont installées au pays des Hommes intègres. Parmi les rares entreprises allemandes basées au Burkina, deux évoluent dans le secteur de la santé et de l’énergie. Selon le Directeur général de «Afrika Verein», l’année 2015 a été exceptionnelle pour l’Allemagne en matière d’immigration.
L’Allemagne a reçu en cette année-là un million d’immigrants venant surtout de la Syrie et de l’Afghanistan. Cela n’est pas sans conséquences. Étant l’un des pays les plus riches du monde, l’Allemagne devrait être capable, reconnait Kristopher Kannendisser, de s’occuper de ce million d’immigrants venus dans des situations fragiles nées des conflits comme en Syrie.
En 2016, le nombre d’immigrants est moins important qu’en 2015. Cela est surtout dû, confie le DG d’Afrika Verein, à une protection plus forte des frontières extérieures de l’Union européenne, particulièrement en Grèce et en Turquie.
A cela s’ajoute le fait que plus d’immigrants potentiels se rendent à l’évidence qu’il n’est pas aussi facile qu’ils le pensaient de venir en Allemagne et surtout de s’intégrer dans le marché du travail, de trouver du travail et de se créer une nouvelle vie. Cela constitue donc un défi pour chaque immigrant. Selon Kristopher Kannendisser, l’Allemagne et l’Union européenne sont en train de penser à une nouvelle stratégie de coopération avec les pays dont les réfugiés sont originaires, hormis la Syrie.
Il s’agit entre autres des pays de l’Afrique du Nord. Pour lui, des solutions appropriées ont été trouvées avec la Turquie. Les autres pays européens, confesse-t-il, essaient de renforcer les possibilités de la Turquie dans l’objectif de recevoir un plus grand nombre de réfugiés. Cela se matérialisera par des transferts financiers opérés par l’Union européenne et des pays membres de cette Union, comme l’Allemagne. Cela rendra la Turquie capable de gérer un très grand nombre de réfugiés venus de la Syrie, mais aussi des pays voisins de la Syrie.
Pour les années à venir, le défi qui se présente à l’Allemagne est d’intégrer ce grand nombre d’immigrants qui, souvent, n’ont pas une qualification professionnelle ou scolaire nécessaire à leur réussite sur le marché du travail. Un défi pour les institutions en Allemagne, reconnait le Directeur général d’Afrika Verein.
La situation se durcit face au fait que la quantité d’opportunités de travail pour des immigrants mal qualifiés est réduite, vu que le marché du travail de l’Allemagne exige non seulement la maitrise de la langue allemande, mais aussi une bonne qualification.
Quant à la migration venant des pays de l’Afrique subsaharienne, l’Allemagne n’est pas une destination prioritaire. L’Allemagne, à ce niveau, ne fait pas partie des 10 premiers pays de destination.
Les immigrants de l’Afrique subsaharienne préfèrent surtout se rendre en Angleterre, en France, aux USA ou en Afrique du Sud, en l’Espagne ou en Italie. A entendre le Directeur général d’Afrika Verein, la destination Allemagne pourrait se compliquer dans les mois à venir parce qu’actuellement, note-t-il, l’Allemagne se concentre sur l’intégration de ceux et celles qui sont venus pour de bonnes raisons.
Une législation de l’immigration est même en train d’être discutée en Allemagne, ce qui ouvrira des portes pour une immigration qualifiée.
L’Allemagne se rend compte qu’il faut un système d’immigration qui fait une différence entre l’immigration de réfugiés de régions en conflits et l’immigration qui vise le marché du travail. Kristopher Kannendisser a fait noter qu’un effort national est fait pour soutenir les activités visant à intégrer les immigrants dans le marché du travail.
Ainsi, des programmes de qualification sont initiés dans les entreprises tout comme les programmes d’intégration et de soutien pour les familles des immigrants financés par des entreprises allemandes.
Les entreprises allemandes, à travers Afrika Verein, se disent ouvertes pour internationaliser leurs employés parce que, reconnaissent-elles, elles jouent dans un monde globalisé dans lequel l’Afrique subsaharienne joue un rôle de plus en plus important.

Alexandre Le Grand ROUAMBA


Mieux connaître «Afrika Verein»

logo-afrika-verein«Afrika Verein» est l’association économique germano-africaine rassemblant environ 600 entreprises en Allemagne et qui sont actives dans le commerce extérieur. «Afrika Verein» a certes un réseau d’entreprises allemandes, mais aussi un réseau politique en Allemagne. Il travaille à motiver beaucoup d’entreprises allemandes à s’engager dans les pays africains en leur fournissant les informations nécessaires sur les opportunités d’affaires. Afrika Verein organise divers événements visant à informer les opérateurs économiques en Allemagne sur lesdites opportunités.
Cette association est le point focal pour toute question qui concerne les activités économiques entre l’Allemagne et l’Afrique. Afrika Verein est également le premier interlocuteur des ambassades africaines à Berlin. Il est encore le premier interlocuteur des entreprises allemandes pour ce qui est des marchés africains dans les différents secteurs. Afrika Verein dispose de 25 employés, de deux offices à Berlin et à Hambourg ainsi que d’experts pour toutes les régions du continent africain. Kristopher Kannendisser est, depuis le 1er juin 2012, le Directeur général de l’association économique germano-africaine, Afrika Verein. Avant d’occuper ce poste, il était, de 2007 à 2009, le directeur du Markenverband (une association de Marques) qui regroupe des entreprises de différents secteurs et qui s’engage à représenter de leurs intérêts.
L’actuel patron d’Afrika Verein a été aussi suppléant au secrétaire général de la Fondation Konrad-Adenauer pendant 3 ans. Ayant travaillé pour la Chambre de commerce et de l’industrie allemande, Kristopher Kannendisser s’engagera par la suite dans l’association fédérale des syndicats allemands. Ancien président du conseil d’administration de l’Agence fédérale pour l’emploi et membre de la Commission indépendante de l’immigration et du Comité des experts pour l’immigration, Kristopher Kannendisser préside aux destinées d’Afrika Verein qui se fixe de grandes ambitions.

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Numéro d'édition: 163

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