UEMOA : La guerre de postes est déclarée

• Maky Sall persiste

• Le Niger attend son tour

• Où sont les intérêts de l’Union?

Le sommet extraordinaire de l’UEMOA aura été un flop. Il n’a rien changé à l’équation sur la nomination de nouveaux commissaires. Le poste de président de la commission de l’UEMOA pose problème et, le 4 juin dernier, les chefs d’Etat n’ont pas pu surmonter leurs désaccords. Le Niger à qui revient normalement ce poste selon les conclusions du sommet de Cotonou en janvier dernier devra ronger ses freins. Le Sénégal n’a pas voulu lâcher du lest. Macky Sall semble faire désormais dans la surenchère.
L’Union est en pleine guerre de postes. C’était prévisible. La tradition du consensus qui préside à la distribution des postes dans les hautes fonctions communautaires est-il en train de vivre ses derniers jours? Les solutions proposées par Dr Alassane Dramane Ouattara, le président ivoirien à qui ses pairs avaient confié le dossier, n’ont apparemment pas eu l’effet escompté. Le statut de Cotonou est maintenu jusqu’au prochain sommet. Pendant ce temps, c’est toute l’institution qui est plombée. Le Sénégal joue les trouble-fête. Il ne veut pas céder la présidence de la commission sans contrepartie. En l’occurrence, il lorgne le poste de vice-gouverneur de la BCEAO. Le Niger doit prendre son mal en patience. La présidence lui revient de fait. Cette décision a été actée lors de la nomination de Cheich Hadjibou Soumaré en 2011 comme président de la commission.
A cette époque, le Niger avait déjà «revendiqué» le poste parce que se sentant lésé dans la répartition des postes au sein de l’Union. C’est ainsi que promesse lui avait été faite qu’à l’issue d’un mandat, le commissaire sénégalais céderait la présidence à un candidat nigérien. L’Economiste du Faso avait pu se procurer l’acte additionnel en question, sans pouvoir confirmer s’il été publié officiellement ou pas par les services de la commission.
Face au blocage observé à Cotonou sur la mise en œuvre des dispositions de cet acte additionnel, le sommet avait demandé à Alassane Ouattara de gérer le dossier. Il avait 6 mois pour régler ce que les uns et les autres ont appelé pudiquement «des détails».
A l’arrivée, c’est un os en travers de la gorge de l’Union, puisque le médiateur lui-même est partie prenante au problème.
La Côte d’Ivoire, depuis la création de la BCEAO, la Banque centrale de l’Union, a toujours dirigé celle-ci. Un «consensus» qui reposait sur son poids économique indiscutable. Les autres pays sont tentés, par orgueil ou par souci de placement de leurs hauts cadres, de diriger au moins une grande institution communautaire ou de garder la présidence des institutions qu’ils ont eu l’occasion de diriger. Le Sénégal qui a repris le contrôle de la commission après l’intermède du Malien Soumaïla Cissé, n’a aucune envie de lâcher le morceau, en tout cas, pas aussi facilement. A ce petit jeu, on créera des institutions juste pour contenter des Etats.

FW


Le mystérieux acte additionnel

Voici quelques éléments de l’acte additionnel pris le 16 novembre 2011 à l’effet de régler la question de la nomination d’un commissaire nigérien à la tête de la commission après le seul mandat du commissaire sénégalais, Cheikhe Hadjibou Soumaré. Cet acte n’aurait pas encore été officiellement publié selon notre confrère «Le Reporters».
Il n’est pas sur le site officiel de l’UEMOA, après vérification. Seul l’acte nommant le président Cheikhe Hadjibou Soumaré daté du 16 novembre 2011 y figure. Pourquoi l’acte du 16 novembre n’a-t-il pas été publié ?
– «Article premier: Les fonctions de président de la commission de l’UEMOA seront confiées au candidat proposé par la République du Sénégal.
– Article 2: Le candidat désigné exercera un mandat unique de 4 ans couvrant la période 2011 – 2015. Le principe de la rotation à la présidence de la commission sera appliqué à l’expiration du mandat visé à l’article premier.
– Article 3: Le Niger est le seul Etat membre de l’Union habilité à proposer des candidatures pour le poste de président de la commission, pour le mandat à suivre».

Source: L’Economiste du Faso N° 141

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Numéro d'édition: 162

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