Alexis Lourgo, Directeur général de la Société burkinabè d’intermédiation financière (SBIF).

«Nous aidons les entreprises à trouver de l’argent moins cher», Alexis Lourgo (SBIF)

A l’occasion de la Journée BRVM, comment résister à l’idée de donner la parole à la pionnière des Sociétés de gestion et d’intermédiation du Burkina qu’est la Société burkinabè d’intermédiation financière (SBIF) dirigée par Alexis Lourgo? A cette occasion, le directeur général revient sur les activités de sa société, mais aussi sur la culture boursière au Faso. Les chefs d’entreprises seraient moins attentistes désormais, selon lui.

– L’Economiste du Faso: La SBIF est la première Société de gestion et d’intermédiation (SGI) du Burkina, expliquez-nous vos principales missions et activités.
Alexis Lourgo, DG de la SBIF: La Société burkinabè d’intermédiation financière (SBIF) est une Société de gestion et d’intermédiation (SGI), dûment agréée par le Conseil régional de l’épargne publique et des marchés financiers (CREPMF) de l’UEMOA. C’est un établissement financier à caractère spécial. C’est un courtier en valeurs mobilières qui bénéficie d’un monopole de négociation des valeurs mobilières à la Bourse régionale des valeurs mobilières de l’UEMOA (BRVM). Des banques, des établissements financiers, des sociétés d’assurances et divers autres opérateurs économiques ont décidé de contribuer, par la création de cette société anonyme qu’est la SBIF, à la résolution des problèmes de financement des entreprises au Burkina grâce à une bonne mobilisation de l’épargne publique. Les missions fondamentales de la SBIF sont, d’une part de fournir aux investisseurs (ceux qui ont de l’argent à épargner) des véhicules et instruments de placements attractifs de par leur rentabilité et, d’autre part d’aider les entreprises à trouver des financements adaptés et surtout moins coûteux pour leurs investissements productifs.
En somme, la SBIF achète et vend à la Bourse des titres comme les actions et les obligations; elle conserve et gère ces titres. Elle aide et conseille les entreprises à mobiliser de l’argent moins cher pour leurs investissements productifs.
La SBIF peut aider l’Etat à mobiliser des fonds pour des investissements économiques productifs (emprunts obligataires d’Etat).

– Si ce n’est pas un secret, quels sont vos clients (est-ce seulement des Burkinabè) ?
La clientèle de la SBIF est composée de personnes morales et physiques. Les personnes physiques sont réparties en trois catégories. Il s’agit des clients :
– Résidents du Burkina Faso
– Résidents d’autres pays de l’UEMOA
– Non-résidents de l’UEMOA.

– Quelles sont les perspectives du marché financier à court et moyen termes ?
Face aux difficultés de financement de la petite et moyenne entreprise dans l’UEMOA, la BRVM projette de créer un compartiment «Nouveau marché pour les PME». Ce nouveau marché dédié aux PME va permettre aux Petites et moyennes entreprises (PME) d’accéder aux financements à moyen et long termes, de se faire coter à la BRVM et ainsi de se valoriser et de gagner en notoriété.
Les Petites et moyennes entreprises qui solliciteront la BRVM devront se faire accompagner, c’est-à-dire conseiller par les Sociétés de gestion et d’intermédiation financière (SGI) qui seront leur mandataire.Ce nouveau compartiment devra contribuer au développement économique de nos Etats à travers l’éclosion de nouvelles entreprises modernes ouvertes sur le monde.

– Après plus d’une dizaine d’années d’activités, pensez-vous que la Bourse est devenue plus familière aux Burkinabè?
Pas encore. La culture boursière n’est pas encore partagée par une majeure partie des Burkinabè.

– Il avait été question de mettre en place des clubs d’investissements pour encourager la culture boursière, où en est cette initiative ?
Il existe désormais plusieurs clubs d’investissements au Burkina Faso et qui fonctionnent convenablement. Ces clubs d’investissements participent effectivement à l’amélioration rapide de la culture boursière au Burkina.

– La Bourse intéresse-t-elle vraiment le Burkinabè moyen?
Oui, la Bourse intéresse les Burkinabè et tous les Burkinabè et ce n’est pas une affaire d’initiés. Il faut reconnaître que les entreprises et opérateurs économiques burkinabè qui étaient attentistes, voire méfiants, vis-à-vis du marché financier il y a quelques années,! ont progressivement changé d’attitude et de comportement. Les séminaires, les rencontres d’information et de formation menés à leur intention depuis plusieurs années leur ont permis de comprendre et de cerner les opportunités qu’offre le marché financier et boursier. Cependant, il faut reconnaître qu’il reste beaucoup à faire pour amener nos opérateurs économiques à se familiariser aux mécanismes boursiers et à profiter des opportunités du marché financier. En tant que consommateurs de fonds (entreprises et Etats), l’on va sur le marché financier pour lever du financement adapté afin d’améliorer sa structure financière et accélérer sa croissance. En tant que détenteurs de fonds, de liquidités (entreprises et personnes physiques), l’on va sur le marché financier pour améliorer son revenu à travers des placements judicieux et rentables.

– Un message à l’occasion de cette Journée BRVM?
La première Journée BRVM au Burkina est une très belle initiative qui permettra d’améliorer et de promouvoir un tant soit peu le développement du marché boursier et de la culture boursière auprès des acteurs économiques nationaux.

Propos recueillis par FW


«Actions», «obligations», «titres» … en français facile

Les titres financiers sont des instruments financiers émis par une entreprise ou un Etat pour se financer. Les titres financiers se répartissent fondamentalement entre des titres représentatifs de dettes(les obligations) et des titres représentatifs de capital (les actions).
Les actions sont des valeurs à revenus variables. Ce sont des titres qui rendent leurs détenteurs associés ou actionnaires de la société les ayant émises. L’actionnaire possède une fraction du capital social et tous les droits qui s’y attachent. L’actionnaire qui place des fonds dans une société accepte de ne pas recevoir de rémunération si le résultat de l’exercice est déficitaire.
Si la société fonctionne convenablement et si l’assemblée générale le décide, l’actionnaire recevra une partie des bénéfices réalisés sous forme de dividendes et verra le prix de son action croître. Le risque de l’actionnaire est donc compensé par une possibilité de revenu (dividende) auquel s’ajoute une possibilité de valorisation de l’action (plus-value en capital).

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Numéro d'édition: 162

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