Salfo Ilboudo, SG du Syndicat national des travailleurs des postes et des TIC, annonce une nouveau sit-in pour cette semaine. (DR)

Fonction publique : Les informaticiens en colère

• Un sit-in les 25, 26 et 27 mai

• Ouaga et Bobo dans le coup

 

Après l’avertissement du 25 avril dernier, les travailleurs du syndicat national des postes et des technologies de l’information et de la communication (SYNPTIC) seront à nouveau de sortie les 25, 26 et 27 mai. Ils organisent un sit-in de protestation de 72 heures face au silence réservé à leur plateforme revendicative. Salfo Ilboudo, le secrétaire général, menace: «Si à l’issue de cette seconde action des militants du Synptic, il n’y a aucun frémissement des autorités à l’horizon, des actions plus musclées seront entreprises.»
Le sit-in du 25 avril était la conséquence du silence des autorités du ministère vis-à-vis de leurs préoccupations. Le contentieux de ce corps avec l’administration date de 2014 suite à la suppression de leurs indemnités spéciales. Le syndicat estime que cette indemnité était un acquis et qu’il ne fallait pas la supprimer. Ce que les informaticiens ne comprennent pas, c’est qu’on leur a supprimé la leur, alors que d’autres corps tels que la santé et les enseignements bénéficient d’indemnités spécifiques.
L’indemnité spéciale des informaticiens a été reconsidérée comme une indemnité de technicité. Pas grand-chose au menu donc, soutiennent-ils. Alors que du côté d’un corps comme la magistrature, ces indemnités du même type sont passées pratiquement d’à peine 30.000 à 150.000, voire plus. En son temps, le syndicat avait pris attache avec son ministre de tutelle, Jean Koulidiati. «Ce dernier avait approuvé la justesse des revendications», soutient le secrtétaire général du syndicat des informaticiens.
Mais l’avènement de l’insurrection a renvoyé le dossier aux oubliettes. Sous la transition, le nouveau au département de l’économie numérique, le ministre Nebila Yaro, recevra les syndicalistes une seule fois et sans suite là aussi. Le syndicat avait espoir avec le retour à l’ordre constitutionnel. En plus, la nouvelle ministre en charge des TIC est ingénieur comme eux. Mais là aussi, une seule rencontre a pu avoir lieu en février dernier, mais sans résultats probants. Suite au mouvement d’humeur du 25 avril dernier, une rencontre interministériel avait été promise au syndicat pour étudier les revendications le 27 avril. Le syndicat attend toujours les suites de ladite rencontre
Autre injustice que les informaticiens souhaitent voir corriger, l’iniquité de traitement entre les ingénieurs informaticiens. Les diplômés en travaux informatiques sont classés en A3, alors que les diplômés en travaux statistiques sont en A2. Même diplôme et pas même catégorie. Le syndicat ne comprend pas cette différence de traitement et rejette l’argument de la durée de formation. Selon le secrétaire général du syndicat, «nous proposons de revoir cette situation et de classer tout le monde en A2.»
La différence du temps de formation est le fait de l’Etat. Pour économiser, les ingénieurs en travaux informatiques font 3 ans de formations sans vacances à partir de la deuxième année. Ces vacances sont consacrées aux stages en entreprise obligatoires pour soutenir en fin de cycle. Pour les ingénieurs en travaux statistiques, ils font 3 ans de formation et un an de stage en entreprise avant de soutenir.
Dans la foulée, le Synptic réclame une grille indiciaire uniforme pour tous les ingénieurs informaticiens. Actuellement, il y a ceux qui relèvent de l’administration générale et ceux qui sont de l’Agence nationale de promotion des TIC.
Autres demandes et pas des moindres. Après avoir obtenu l’organisation de concours professionnels à partir de 2012, les informaticiens souhaitent que l’administration trouve une solution aux cas des travailleurs qui avaient plusieurs années de travail avant l’instauration desdits concours, afin qu’ils ne soient pas bloqués dans leurs carrières.

FW


Gare à la cyber grève

Les ingénieurs informaticiens se sentent les parents pauvres des réformes de l’administration publique. Tout le Burkina en compte environ 400. Ils ont été parmi les premiers fonctionnaires à bénéficier de l’indemnité spéciale. Celle-ci était alors d’environ 24.000 FCFA. Avec la relecture de la grille indemnitaire, ils semblent avoir perdu ce privilège. Dans leur quête de justice, il faudra que les autorités ne rompent pas les fils du dialogue, car les instigateurs de «la grève 2.0» comme l’a baptisée un de nos confrères, pourraient prendre en otage les «disques durs» de l’administration.

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Numéro d'édition: 159

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