Le président Roch Kaboré a souhaité un partenariat entre l’Etat et les acteurs du monde rural. Les producteurs, quant à eux, ont souhaité voir la concrétisation de la centrale d’achat d’intrants et de matériels agricoles.(Ph.: Présidence du Faso)

Roch et les paysans : Les annonces du gouvernement

• La création de la banque agricole confirmée

• Une usine de tomates aussi

 

Débutée le 28 avril 2016 à Tenkodogo, la 19e édition de la Journée nationale du paysan (JNP) a pris fin le 30 avril par l’entretien direct entre le chef de l’Etat et les producteurs. Ce face-à-face a permis aux acteurs du monde rural de faire le diagnostic des difficultés liées à leurs activités et de poser des préoccupations. Plusieurs promesses, entre autres, la création d’un lycée agricole et d’une banque de l’agriculture, sont nées de cet échange entre l’exécutif et les paysans.
Les préoccupations des acteurs du monde rural se résument à la problématique du financement du secteur agricole, aux difficultés d’écoulement des produits, aux conflits agriculteurs-éleveurs et aux questions liées au foncier, en l’occurrence l’opérationnalisation de la loi 034 portant réorganisation agraire et foncière.
Les producteurs ont plaidé pour la création d’unités de transformation des produits agricoles, le bitumage des axes routiers, l’accompagnement des organisations paysannes par la mise en place de programmes et projets et d’une banque agricole, la disponibilité des équipements agricoles et des intrants à temps. Pour coller au thème, il a été question de chercher des réponses à comment aider les jeunes à entreprendre dans le secteur agro-sylvo-pastoral, à l’écoulement des produits agricoles et au désenclavement de certaines régions.
L’intervenant des producteurs qui aura attiré toutes les attentions a été Mamadou Cissokho, président du Réseau des organisations paysannes et des producteurs agricoles de l’Afrique de l’Ouest (ROPPA). «Nous ne sommes pas et nous ne serons jamais une charrette. Nous sommes responsables de notre vie, de notre projet de société et nous sommes maîtres de notre développement», a-t-il martelé. Constamment applaudi par les participants, il a montré qu’il est un homme de conviction en démontrant comment les paysans sont négligés et combien eux-mêmes ne valorisent pas leur métier.
Il a rappelé deux principes qui doivent guider les rapports entre l’Etat et les organisations paysannes. Le principe de la reconnaissance de l’Etat et celui du partenariat dans le dialogue et la concertation. A l’issue de ces questions, c’est le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba, qui a pris la parole. Dans la foulée, il a annoncé la création d’une banque agricole en cette année 2016. Tour à tour, les ministres interpelés se sont succédé pour donner des éclaircissements sur les préoccupations des paysans.
Ainsi le ministre du commerce, Stéphane Sanou, a promis la création d’une usine de tomates pour bientôt. Réagissant à la question de l’écoulement des produits agricoles, le ministre a promis qu’un projet de décret est en cours pour soumettre les produits de grande consommation à l’achat des grands consommateurs tels que les cantines scolaires, les restaurants universitaires, l’armée, etc. Le ministre en charge des Infrastructures a laissé entendre que les chefs-lieux de provinces non encore traversés par du goudron seront bitumés. «A termes, tous les chefs-lieux de régions devront être reliés par des voies bitumées», a-t-il précisé.

M N


Des innovations entamées et annoncées

L’une des principales innovations de cette 19e édition de la JNP est la prise en main de l’organisation par les organisations de producteurs. Une prise en main qui s’est manifestée par la présence dans toutes les commissions des producteurs, sauf dans les domaines de souveraineté tels la sécurité et le protocole.
Selon le ministre Jacob Ouédraogo, président du comité national d’organisation, dans une conférence de presse le 25 avril 2016, les échanges avec les producteurs vont accoucher d’un plan d’action qui fera l’objet d’un suivi périodique par les services techniques en collaboration avec les producteurs et l’administration. «Ce ne sera plus comme avant où on vient déclarer, on va faire tant de bottes de foin pour l’élevage, on va produire 100.000 tonnes, et après c’est fini. On ne sait pas si on pourra le faire, car c’est sans suite», avait-il soutenu.

Commentaires
Numéro d'édition: 157

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.