100 jours de gouvernance post-transition : Des citoyens ordinaires optimistes

Paradoxe dans les préoccupations des Burkinabè après 100 jours de règne du nouveau pouvoir. Alors que tous les spécialistes estiment que la priorité des priorités est la relance de l’économie nationale, la préoccupation économique n’occupe que la 7e place parmi les principales priorités des populations selon l’évaluation des 100 jours de gouvernance post-transition effectuée par Think Tank Burkina International. Ces résultats ont été présentés le 21 avril 2016.
Les principales priorités des populations, le niveau de confiance aux institutions et organisations, la communication gouvernementale, la perception des koglweogo, la performance de travail des figures de l’Etat,… sont entre autres les points sur lesquels Think Tank Burkina International a mené son étude. Et cela auprès de deux types de sondés (les citoyens ordinaires et les observateurs de la scène politique).
La santé, l’emploi, l’agriculture/ l’élevage, l’éducation, l’eau, la sécurité, l’économie, la bonne gouvernance, la réconciliation nationale, l’énergie, les infrastructures et le foncier sont par ordre d’importance le top 12 des principales priorités des populations.
Selon le directeur exécutif de Think Tank Burkina International, Roger Hanko Bemahoun, les populations relèvent les mauvaises conditions de vie, en revanche, elles affichent un optimiste par rapport à l’avenir.
En ce qui concerne la direction prise par le Burkina Faso, les citoyens ordinaires croient que le pays est plus ou moins dans la bonne direction. Les observateurs de la scène politique nationale quant à eux estiment que le Faso est dans la mauvaise direction.
Pour l’appréciation de la performance des trois principales personnalités de l’Etat, le président Kaboré arrive en tête avec 6/10. Il est suivi du président de l’Assemblée nationale avec 5,6/10 et du Premier ministre avec 5,4/10.
En ce qui concerne le niveau de confiance, les partis politiques et l’institution judiciaire sont moins cotés. Les citoyens ordinaires font plus confiance aux forces de défense et de sécurité (6,4/10) et aux syndicats (6,1/10). Ils font moyennement confiance aux OSC, au gouvernement, à l’Assemblée nationale et à la mairie.
Dans un tout autre registre de confiance, il y a la perception sur le groupe d’autodéfense koglweogo. De façon générale, l’appréciation est moyenne (5,9/10) mais il faut noter que dans des localités comme Manga (8/10), Fada N’Gourma (8,3/10), Ziniaré (8,1/10), ces groupes d’autodéfense sont fortement appréciés. Aussi, la présence des forces armées étrangères est mal perçue. Que ce soit l’armée française (4,4/10), l’armée américaine (4,9/10) ou du groupe d’intervention de la gendarmerie nationale de la France (4/10).
Dans l’objectif de satisfaire les priorités, la trêve sociale est jugée inopportune et cela en fonction de la profession des enquêtés. «L’analyse selon la catégorie socioprofessionnelle révèle que les travailleurs du service public, les élèves et les étudiants sont plus enclins à cette forme de participation politique. En revanche, ceux de profession libérale sont favorables à la trêve sociale», a précisé le statisticien Bemahoun.

J.B.K

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Numéro d'édition: 157

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