Format

Les lampions se sont éteints sur la 19e Journée nationale du paysan (JNP) à Tenkodogo. Le scenario n’a pas vraiment changé. Une foire des produits agro-sylvo-pastoraux, des ateliers de réflexions, puis le grand débat avec le président du Faso. On a posé les problèmes du secteur agricole, les mêmes demandes et griefs reviennent au fil des ans, et c’est à se demander finalement à quoi sert cette grand-messe. On a voulu mettre les paysans à l’honneur, ils ont certes la parole, ils passent à la télé et ont le privilège de serrer la main au président, mais est-ce pour autant que leurs conditions de vie et de travail ont vraiment changé à coups de JNP? Pas sûr!
L’édition de Dédougou en 2015 avait mis l’accent sur la productivité de l’exploitation agricole familiale dans l’atteinte de la souveraineté alimentaire. Cette édition-ci a planché sur le thème Agriculture et chômage des jeunes. Entre les deux éditions, que va-t-on capitaliser concrètement sur le terrain comme acquis?
Des voix se sont élevées depuis quelques années pour critiquer le format actuel de la JNP. Son suivi-évaluation pose problème et cela est lié à la périodicité de la rencontre. Entre les engagements que les uns et les autres prennent et leur mise en œuvre, 12 mois paraissent bien courts si l’on veut des changements muris et structurants. Le nouveau président du Faso semble l’avoir bien compris en annonçant que c’est la dernière fois que la JNP se tient sous ce format. En attendant de voir les propositions de contenu du nouveau format, il n’est pas hasardeux de dire adieu au caractère annuel de la Journée pour en faire un véritable forum.
Abdoulaye TAO

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Numéro d'édition: 156

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