La certification produits est une nouvelle étape qui permettra aux entreprises de certifier la qualité et la sécurité de leurs produits. (YS)

La certification produits : Un nouveau challenge de qualité

 

De plus en plus d’entreprises burkinabè se soumettent aux règles internationales afin d’être compétitives sur le marché. Dans cette quête, elles sont nombreuses aujourd’hui à demander la certification. En plus de la certification des systèmes, connue au Burkina Faso, les entreprises expérimentent la certification produits.
Les 13 et 14 avril derniers, l’Agence burkinabè de la normalisation, de la métrologie et de la qualité (ABNORM) a procédé à son premier audit pour la certification produits sur 4 entreprises burkinabè.
La certification produits est une procédure qui permet d’attester qu’un produit qui a été testé répond bien aux exigences en matière de qualité, de sécurité, de fiabilité et de performance définies dans le référentiel de certification.
Cette nouvelle certification est un grand pas pour les entreprises qui pourront désormais certifier la qualité de leurs produits. ABNORM prévoit de grands projets pour accompagner les entreprises.
A ce jour, c’est une vingtaine d’entreprises burkinabè qui est officiellement certifiée. Toutefois, la tendance est à la hausse, car elles ont compris le bien-fondé de la certification, comme l’expliquait le directeur de l’ABNORM, Oumarou Ky: «Aujourd’hui, qualité rime avec satisfaction du client. Avant, les entreprises ne percevaient pas l’importance de la qualité. Et celles qui ne s’y sont pas lancées sont aujourd’hui en difficulté. La plupart des sociétés se lancent dans une démarche qualité. Surtout les entreprises d’Etat. Si elles ne sont pas déjà certifiées, elles sont en cours de certification».
L’ABNORM dont la mission est d’organiser et de contrôler la gestion du système qualité national a reçu plusieurs appuis dans ce sens et devrait mettre en place avec l’appui de l’Union européenne une stratégie de développement pluri-annuelle. Cette stratégie sera bâtie sur les besoins réels du pays selon les explications de M. Ky: «Nous allons normaliser les domaines prioritaires. Nous avons 313 normes élaborées au niveau national. Mais certains domaines doivent être également pris en compte et nous travaillons à cela».
Avec le financement de l’UE à travers le 10e Fed dans le cadre de la mise en œuvre du projet d’appui au développement du secteur privé, l’infrastructure qualité a bénéficié de 3 millions d’euros. L’ABNORM, pour sa part, a une dotation de 1,2 milliard de F CFA en études et équipements.
Les principales études dans ce sens sont le plan stratégique de développement, l’étude sur la gestion des ressources humaines, l’élaboration de 300 normes dans 7 domaines prioritaires tels que les cyclomoteurs, le miel, les produits forestiers non ligneux, l’environnement …
Dans le cadre de ses projets, l’Agence a en vue l’élaboration de 35 règlements techniques particuliers de certification. Dans le cadre de la métrologie, un appui de 600 millions en équipements est en cours d’acquisition. La Banque africaine de développement (BAD), à travers le programme d’appui à la transformation de l’économie et à la croissance accélérée, appuie aussi l’ABNORM à travers un certain nombre d’études pour un montant de 549 millions de F CFA en équipements de métrologie. Le dernier projet est dans le cadre des accords de l’appui ACP/UE et concerne la mise en place du programme Obstacle technique au commerce (OTC). L’ABNORM, de par son statut, se doit de mettre place en interne un système de management de la qualité pour démontrer son organisation et ses compétences. En plus de la certification qualité 9001 qui concerne l’organisation globale, tous les métiers de l’ABNORM seront concernés par des normes d’organisation spécifiques pour bâtir un système cohérent, de sorte que les résultats ne puissent être remis en cause. Cependant, l’ABNORM rencontre certaines difficultés à plusieurs niveaux. En ce qui concerne la normalisation, il s’agit de l’élaboration des normes dans les différents domaines. L’Agence est aussi confrontée à la difficulté de la capacité d’analyse au niveau national. Cependant, la plupart n’ont pas tous les équipements qu’il faut et ne couvrent pas tous les besoins. Le dernier point des difficultés est le sous-effectif en personnel. Il n’existe pas de structure nationale de formation des agents de l’ABNORM. Chaque année, l’Etat est obligé d’envoyer une à deux personnes à l’extérieur pour la formation. Toutefois, le directeur de l’ABNORM se veut confiant.

Germaine BIRBA


 

Les 11 métiers de l’Abnorm

Le plan stratégique de l’Abnorm a défini 11 métiers qui rentrent dans les attributions de l’agence. Le développement de l’Abnorm sera bâti autour du plan stratégique. Les métiers de l’Abnorm sont: la normalisation ; la certification ; la métrologie qui est scindé en deux parties que sont la métrologie industrielle et la métrologie légale ; l’inspection ; les essais ; l’inter comparaison qui permet de comparer les résultats obtenus par les laboratoires ; le système qualité; le système d’information et l’accréditation.


Les défis de l’ABNORM

L’agence burkinabè de la normalisation, de la métrologie et de la qualité est un établissement public de l’Etat créé en 2012, suite au plan d’action de la politique nationale qualité adopté en mars 2012 par le gouvernement. L’ABNORM a pour mission la mise en œuvre de la politique nationale en matière de normalisation, de certification, de métrologie, de contrôle de la qualité, mais aussi d’accréditation.
L’infrastructure qualité concerne toutes les infrastructures techniques qui existent, privées ou publiques, qui peuvent aider les entreprises à mettre en place une démarche qualité, à promouvoir la qualité au jour le jour dans leurs activités. Dans cette infrastructure qualité, il y a la normalisation, la métrologie et l’évaluation de la conformité.

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Numéro d'édition: 155

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