DU FASO Première édition post-insurrectionnelle, la SNC 2016 aura été, selon Tahirou Barry, l’occasion pour les Burkinabè de réaffirmer la force de leur diversité culturelle. (DR

SNC 2016 – Culture et cohésion nationale

• Un thème en phase avec l’actualité sociopolitique
• Participation des Trésors humains vivants
• L’incendie des stands, la mauvaise note du festival

EVÉNEMENT culturel phare du pays, la Semaine nationale de la culture (SNC) qui s’est tenue du 26 mars au 2 avril met en valeur les multiples expressions artistiques et culturelles nationales autour du thème «Culture et cohésion nationale». Un thème qui colle parfaitement à l’histoire sociopolitique du Burkina Faso au cours de ces deux dernières années, marquée notamment par des soubresauts
qui ont mis à mal la paix. Ce thème, selon les premiers responsables de la manifestation, est donc une invite à la réflexion adressée au peuple burkinabè, afin de se mettre dans la dynamique d’un renouveau paisible. Ces deux dernières années, la tranquillité du Burkina Faso a été ébranlée par de graves crises sociopolitiques, insurrection populaire, tentative de coup d’Etat, attentats terroristes, mais le pays
a su les surmonter grâce à ses référents culturels. Et le thème de la 18e édition de la SNC Bobo 2016 se veut encore interpellateur sur la nécessité de préserver, dira le ministre de la Culture, des Arts et du Tourisme, Tahirou Barry, l’alchimie qu’offre la diversité des communautés culturelles burkinabè. Pour lui, ce qui rend le peuple burkinabè si fort et si fie malgré les difficultés multiples, c’est bel et bien la culture. Pour le ministre Tahirou Barry, ce thème est une invite à préserver la cohabitation pacifique et la bonne collaboration entre les différentes communautés du Burkina. Première édition post insurrectionnelle, la SNC 2016 aura été, selon Tahirou Barry, l’occasion pour les Burkinabè de réaffirmer la force de leur diversité culturelle. La fraternité entre la soixantaine de communautés culturelles dans le pays est, a-t-il affirmé, une des valeurs cardinales qui fondent la nation burkinabè. Pr Albert Ouédraogo de l’université de Ouagadougou, ancien ministre des Enseignements secondaire et supérieur, a d’ailleurs animé une conférence publique sur le thème le 28 mars dernier. A la lumière des derniers développements de l’actualité nationale, Pr Ouédraogo a surtout indiqué que «le Burkina revient de loin, avec une transition loin d’avoir été un long fleuve tranquille. Le  navire a tangué, a-t-il dit, mais n’a pas
chaviré, grâce à des hommes et femmes de qualité». Au demeurant, et au-delà même du thème de cette année, la SNC, comme à chaque édition d’ailleurs, célèbre la cohésion nationale en mettant en exergue la parenté à plaisanterie. Socle de l’hospitalité et de la bonne cohabitation, depuis toujours, ce lien de fraternité entre les groupes ethnoculturels est du reste magnifié à travers le village des communautés, activité phare également de la SNC où les parents à plaisanterie s’adonnent à des joutes oratoires et cela
dans un cadre conviviale. Cerise sur le gâteau, la SNC Bobo 2016 a connu la participation effective des 17 Trésors humains vivants (THV). Proclamés en décembre 2015, les THV sont des personnes physiques ou morales détentrices de savoirs ou de savoir-faire, qui incarnent les compétences et techniques nécessaires à la mise en oeuvre de certains aspects de la vie culturelle des populations et à la
pérennité du patrimoine culturel immatériel par l’encouragement des jeunes à l’apprentissage de ces compétences et techniques en leur offrant l’opportunité d’en être les futurs maîtres.

LSF


 

La SNC en chiffres

LA 18e édition la biennale de la culture a coûté 735 millions de F CFA dont 525 millions de F CFA alloués par l’Etat, 210 millions par les partenaires et 75 millions par le ministère de la Culture, des Arts et du Tourisme. Le comité d’organisation, lui, était composé de 154 membres statutaires et 300 membres associés, répartis au sein de 19 commissions. En ce qui concerne les participants, 14 régions culturelles (la région des Hauts-Bassins a été divisée en deux régions culturelles, alors que le Burkina Faso compte 13 régions administratives) y étaient représentées. 1.238 compétiteurs ont rivalisé dans les 5 catégories du Grand prix national des arts et des lettres (GPNAL) que sont la littérature, les arts plastiques, l’art du
spectacle, l’art culinaire et le sport traditionnel. Il y avait 140 lutteurs dont 104 garçons et 30 filles.
Quant à la commission chargée des foires, elle avait à gérer 3 sites, avec 571 stands au siège de la SNC dont 80 pour les maquis et restaurants, 30 autres à l’école Tougouait pour l’espace gastronomique et 25 à l’institut français pour les expositions littéraires. Bien entendu, il a été difficile d’empêcher les installations anarchiques. Les prix de location des stands varient en fonction des activités : 25.000 F CFA, 60.000 F CFA, 225.000 F CFA et même 1.000.000 de F CFA. La foire commerciale accueillait environ 35.000 visiteurs par jour, pour des droits d’entrée de 200 F CFA. La SNC a connu un incident avec un incendie qui a dévasté des stands le 31 mars. Le pagne à l’effigie de la SNC Bobo 2016 a coûté 7.000 F CFA.


 

Sibidibila Alexandre Ouango lauréat en photo

LES premiers résultats à la SNC sont tombés le 30 mars, à miparcours du festival. Les lauréats du prix du concours de la photographie des sites touristiques à la SNC 2016 ont déjà reçu leurs prix. Dix lauréats ont été primés. Les trois premiers sont respectivement Sibidibila Alexandre Ouango avec son oeuvre intitulée «Greniers Troglodytes ». Une photographie réalisée à Niansogoni dans la région des Cascades. Sibidibila Ouango reçoit la somme de 1.000.000 de F CFA. Il est suivi de Boureima Regtoumda qui a proposé une oeuvre intitulée «Chapeau du roi». L’oeuvre est une photographie faite dans la localité de Pabré dans la région du Centre. Boureima Regtoumda reçoit la somme de 750.000 F CFA. Le troisième prix est revenu à Yempabou Ouoba. Il a proposé une oeuvre intitulée «Grands sites touristiques du Burkina Faso», photographiée dans la région du Nord. Il reçoit la somme 500.000 F CFA. Toutes les oeuvres des lauréats sont exposées à la maison de la culture Anselme Titiama Sanon.

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Numéro d'édition: 152

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