Le HCRUN a une obligation de résultat. Il peut compter sur les plus hautes autorités qui ont promis de l’accompagner dans sa tâche. Il a donc cinq ans pour apaiser les cœurs.(Ph.: MK)

Haut Conseil pour la réconciliation : Les choses sérieuses commencent

• Le quitus du président du Faso

• Solder tous les vieux contentieux

 

Le Haut Conseil pour la réconciliation et l’unité nationale (HCRUN) est désormais fonctionnel. Après avoir prêté serment le 10 février dernier devant les 9 juges constitutionnels, Benoît Kambou et ses 20 collaborateurs ont été officiellement installés le 22 mars 2016.
La tâche des 21 conseillers sera, à n’en pas douter, des plus âpres. Le président du HCRUN est conscient que son équipe n’a pas droit à l’erreur. Les 5.065 personnes qui attendent de voir élucider leurs dossiers (qui relèvent de toutes sortes de crimes) n’ont pas d’autres vœux que de voir aboutir leurs requêtes. Les meurtrissures sont grandes, les plaies sont béantes, depuis les indépendances, à telle enseigne que la nécessaire réconciliation doit se mener sur le champ de l’humilité de l’écoute, de la sincérité et de la justice.
Un Burkina nouveau ouvrira les portes de la concorde nationale et de la fraternité renforcée. On comprend dès lors pourquoi le président du HCRUN a résumé la mission de sa structure en avouant qu’il lui reviendra de «traiter un passé douloureux pour en faire un présent fraternel». Pour ce faire, les membres du HCRUN ont annoncé, par le biais de leur premier responsable, que leur mission est «de ne plus traîner comme un boulet au pied ni les rancœurs trop longtemps enfouies ni les crimes économiques et de sang trop longtemps relégués aux oubliettes». Erreur interdite donc pour ce Haut Conseil dont la nation attend beaucoup. L’établissement d’un ordre nouveau est attendu afin de réussir ce retour à une paix partagée. C’est pour cela que le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a exhorté le HCRUN à s’approprier les conclusions indicatrices du Collège des sages et de la Commission de réconciliation nationale et des réformes (CRNR) dont le président, Mgr Paul Ouédraogo, a été associé à cette cérémonie d’installation. Le chef de l’Etat a insisté sur le fait que le HCRUN et ses membres se doivent «d’établir un ordre nouveau débarrassé des violences de diverses natures et d’atteintes variées aux droits humains».
Le président Benoît Kambou est conscient que les seuls 21 membres du HCRUN ne peuvent pas atteindre l’objectif escompté. Il annonce donc qu’il fera appel à «toutes les personnes ressources susceptibles de contribuer à la manifestation de la vérité préalable à une justice équitable et condition nécessaire à une vraie réconciliation ». Roch Marc Christian Kaboré place un grand espoir en cette structure. Il l’exprime: «Il faut panser les plaies en construisant un esprit nouveau respectueux de la légalité, des valeurs morales et des exigences de bonne gouvernance ».
Pour ce faire, le président du Faso a interpellé la communauté nationale sur les valeurs d’engagement et de responsabilité. Si Benoît Kambou a tenu à rappeler que « le HCRUN ne remplace pas le système judiciaire formel», il a invité ce dernier à appuyer fortement le HCRUN de ses compétences et de ses expertises. Les 5.065 dossiers rangés dans les armoires du HCRUN par les soins de la défunte CRNR attendent d’être dépoussiérés pour transformer les cris de détresse en larmes de réconfort, de vérité et de justice. A cet effet, la méthodologie du HCRUN se base sur deux volets: volet sensibilisation, information, communication et volet étude, réparation et indemnisation. Le HCRUN a une obligation de résultat. Il peut compter sur les plus hautes autorités qui ont promis de l’accompagner dans sa tâche. Il a donc cinq ans pour apaiser les cœurs.

Alexandre Le Grand ROUAMBA


Les 21 membres du HCRUN

Benoît Kambou (président), Younoussa Sanfo (1er vice-président), Aïcha Ouédraogo/Zampaligré (2e vice-présidente), David Ouoba (rapporteur général), Bernadette Confé (rapporteur général adjoint), Lucienne Ariane Zoma, Rasmané Ouédraogo, Fatoumata Ouédraogo, Mouniratou Yerbanga, Col-Major Sy Traoré, Jérôme Compaoré, Mamadou Drabo, Souleymane Ilboudo, Lazare Yénou, Youssouf Ouédraogo (Lebda Naba), Issaka Sam, Laurent Monné, Pasteur Henri Yé, André Eugène Ilboudo, Claudine Valérie Rouamba/Ouédraogo, Col-Major Poko Ilboudo.

Commentaires
Numéro d'édition: 151

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.