Malgré des mesures qui sont censées permettre de mieux gérer la période de pointe avec moins de coupures cette année, la situation reste pour le moment semblable aux autres années.

Délestages : Le difficile pari de la SONABEL

• Une série de mesures d’atténuation

• Mais des coupures persistantes

Comparativement à l’année dernière, les Burkinabè devraient moins souffrir des délestages d’électricité en cette période chaude. C’est en quelque sorte l’assurance donnée par François de Salle Ouédraogo, Directeur général de la Société nationale d’électricité du Burkina (SONABEL), lors de la conférence de presse organisée le 4 mars 2016 sur le thème des délestages.
La Nationale d’électricité a annoncé tout un ensemble de mesures qui visent à minimiser la gravité des coupures de courant. Une situation inconfortable contre laquelle le pays tente difficilement de trouver la solution depuis une dizaine d’années maintenant. Selon la SONABEL, c’est en tout 110 MW qu’il lui faut cette année pour combler l’écart entre son offre de 160MW et une demande qui atteint 270 MW.
Dans son plan anti-délestages, la SONABEL dit avoir pris des dispositions pour assurer la continuité dans l’approvisionnement de ces centrales en combustibles. La difficulté d’approvisionnement en combustibles avait fortement joué sur la production de la société l’année dernière.
En plus, depuis juillet 2015, des travaux de maintenance de ses équipements et ouvrages impliqués dans la production ont pu être effectués afin d’écarter au maximum les risques de pannes. En matière de couverture du déficit, la mesure forte est venue du gouvernement, qui a décidé de louer des groupes électrogènes de 110MW. «Des groupes qui devraient être disponibles en avril prochain», assure-t-on.
Par ailleurs, la Côte d’Ivoire qui approvisionne le Burkina en électricité de 50MW grâce à l’interconnexion, aurait assuré de sa coopération et serait même prête à étendre sa contribution à 80 MW chaque fois que cela sera possible.
Voilà donc des éléments qui permettent au Dg de la SONABEL d’être plus optimiste dans la gestion de la période de pointe. Pour lui, la situation devrait être meilleure par rapport à l’an passé et les autres années. «Une situation meilleure qui ne signifie pas pour autant zéro perturbation dans la fourniture de l’électricité», a-t-il tempéré.
En effet, selon lui, il est impossible d’éviter les pannes des machines. Aujourd’hui, l’on semble déjà dans ce cas de figure où les aléas techniques engendrent des coupures de courant. De nombreuses coupures de courant plus ou moins prolongées ont été constatées depuis que le DG de la SONABEL a tenu ses propos optimistes. Tout récemment, le lundi 14 mars 2016, c’est «l’entretien d’un important groupe de la centrale d’Azito» en Côte d’Ivoire, qui a entrainé des perturbations pour les clients du Réseau national interconnecté. Les coupures ont été constatées entre 18h et 24h ce jour-là, avec d’autres perturbations le lendemain.
Bien avant cela, c’est depuis le 20 février 2016 que des coupures de courant semblables à des délestages sont ressenties. Une situation que le Dg de la SONABEL a liée à «une série de malheureux incidents enregistrés sur le réseau national interconnecté» et aussi à «des interventions programmées sur le réseau». Bien que tous ces cas relèvent d’aléas techniques, leurs effets restent cependant très pesants et suffisamment proches des situations de délestages. Pour la population, tout se passe comme si la situation n’avait pas vraiment changé par rapport aux autres années. En dépit des assurances du Dg de la SONABEL, le pari de réduire la souffrance engendrée par les coupures de courant reste difficile tenir.
Il faut maintenant attendre l’arrivée annoncée et le fonctionnement des groupes électrogènes de 110 MW pour voir si la situation va avoir un meilleur visage.

Karim GADIAGA


Des projets pour mettre fin au calvaire

Pour sortir de ces désagréments qui arrivent chaque année, des projets sont en voie d’être concrétisés. Déjà le Ghana et le Togo sont aujourd’hui prêts pour offrir respectivement 50MW et 30MW au Burkina via la ligne d’interconnexion avec la Côte d’Ivoire.
Il reste au gouvernement ivoirien d’en étudier la faisabilité. En dehors de cela, le chantier de la ligne d’interconnexion de 100 mégawatts avec le Ghana a commencé en mi-janvier 2016 et devrait s’achever en juillet 2017.
Les lignes Nigeria-Niger-Burkina et Ghana-Bobo-Mali et de la construction de centrales thermiques Ouaga Est (100MW) et à Donsin (210MW) sont aussi dans le plan qui vise à combler le déficit électrique du Burkina. Par ailleurs, le Burkina est désormais engagé dans l’exploitation du solaire et cela devrait se concrétiser par des projets.

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Numéro d'édition: 150

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