Confection de tenues du 8-Mars : Pas d’engouement chez les couturiers

* Le Faso Dan Fani domine le pagne importé

* Moins de recettes qu’en 2015

* Engagement est pris d’honorer les commandes

La dizaine de couturiers rencontrés aux quartiers Katre-Yaar et Dagnoën de la ville de Ouagadougou est unanime sur une chose : la célébration du 8-Mars 2016 leur a moins profité que celle de l’année dernière en termes de clientèle et de recettes. Les causes de cette situation que les acteurs eux-mêmes qualifient de «crise du 8-Mars 2016» sont multiples.
Les couturiers, à l’image de Léopold Bazié, accusent le gouvernement Paul Kaba Thiéba d’avoir fait une mauvaise communication sur le port du pagne du 8-Mars 2016. Il justifie sa colère par le fait qu’en lieu et place du pagne traditionnel Faso Dan Fani comme l’avait suggéré le gouvernement Zida, celui de Thiéba a laissé entrer sur le territoire national des pagnes 8-Mars moins chers venus d’autres pays.
Cette situation, de l’avis du couturier que nous avons trouvé dans son atelier en train de coudre une chemise en pagne importé, a créé la confusion chez les utilisateurs. Autre argument qui justifie la morosité des affaires est la cherté du pagne traditionnel. En effet, les 3 pagnes s’achètent à 18. 000 FCFA et un pagne et demi coûte 9.000 FCFA. Des prix qui ne seraient pas à la portée de tout le monde.
Pendant ce temps, le pagne importé appelé «pagne simple» est vendu sur le marché entre 6.000, 6.500, 7.000 et 8.000 FCFA les 3 pagnes, selon la qualité du pagne. Il est reproché à ceux qui ont importé le pagne simple d’avoir introduit sur le marché plusieurs couleurs au détriment d’une couleur unique comme ce fût le cas l’année dernière. Ainsi, nous avons trouvé dans les ateliers de couture des pagnes aux couleurs verte, bleue et rouge clair. Autre grief, c’est que même le pagne traditionnel présenterait de nombreux motifs qui ne plairaient pas aux clients.
Malgré ces entraves, des commandes ont été faites par les clients, surtout les clientes qui ne veulent pas rater cette fête qui leur est particulièrement dédiée.
A l’atelier Djibo Couture sur le boulevard Tensoba, ex-circulaire, le maître des lieux, Issouf Djibo, et ses collaborateurs s’affairent à livrer les dernières commandes des clients du pagne 8-Mars. Malgré qu’il ait reçu plus de clientes avec le pagne Faso Dan Fani que le pagne simple cette année, il confie avoir réalisé de meilleures recettes en 2015 où le pagne était d’une couleur unique.
Bernadette Somda, venue récupérer sa robe cousue en pagne Faso Dan Fani, justifie ce choix par le fait qu’elle veut faire partie de ces Burkinabè qui consomment localement. Mieux, elle indique qu’en choisissant de s’habiller localement, elle permet aux tisseuses d’avoir des revenus. «Le pagne traditionnel 8-Mars est beau et on peut encore le porter pour les autres fêtes de 8-Mars à venir», a mentionné Bernadette Somda. Elle demande aux autorités politiques de continuer la vulgarisation du Faso Dan Fani auprès des Burkinabè.
A Etoile Couture, voisin à Issouf Djibo, nous apercevons dans l’armoire vitrée beaucoup de chemises cousues en pagne traditionnel mélangé à d’autres morceaux de pagnes. Dans cet atelier, on nous confie que les clients préfèrent plus le pagne traditionnel que le pagne importé.
Toujours sur le même boulevard, les patrons des ateliers de couture Oussalé et Djam Confection avouent avoir reçu peu de pagnes 8-Mars à coudre. Sur l’avenue Wentenga, les choses ne sont pas aussi reluisantes dans l’atelier de couture de Léopold Bazié et dans celui de Sania. Léopold Bazié confie qu’en 2015 à la même période, les affaires ont très bien marché, mieux que cette année. Il souligne que son atelier a reçu plus de pagnes importés que de pagnes tissés. A Sania Couture, nous avons trouvé 5 pagnes importés du 8-Mars prêts à être cousus. Mais à Djibi Mode sur l’avenue Yateng Naba Tigré, c’est le pagne traditionnel qui dominait dans la boutique, à notre passage.
Ce qui est le contraire à Gilles Paris Couture, sis non loin du marché de NaabiYaar. Dans cet atelier, le patron des lieux indique recevoir plus de pagnes traditionnels que de pagnes importés. Un peu plus loin, dans l’atelier de Issa Koanda, celui-ci souligne avoir reçu 3 pagnes Faso Dan Fani et plus de dix pagnes importés.
En attendant que le 8-Mars 2017 leur sourit «financièrement», ils ont tous pris l’engagement d’être dans les délais de leurs clients quant à la livraison des commandes.

ACS


De bonnes recettes malgré la rupture du fil

Pour avoir comme particularité la commercialisation des pagnes Faso Dan Fani et d’être en même temps dans des ateliers de couture, les responsables des ateliers de couture Moustapha et frère et Florido Création, sis non loin du marché de NaabiYaar, disent que le 8-Mars cette année leur a été financièrement bénéfique.
Dans la boutique Moustapha et frère, le pagne traditionnel Faso Dan Fani était en manque. Un des gérants trouvés sur les lieux dit être en rupture de ce pagne, tant la commande était forte.
Il confie que près de 50 pagnes étaient vendus par jour. Chez Florido Création, spécialisée dans la tenue dagara, la gérante a confié avoir réalisé de meilleures recettes que l’année dernière. Leur seul problème, disent-ils, c’est la rupture du fil à tisser le pagne traditionnel.


Mine d’or de Essakane  Aïda Alhamdou, de vigile à conductrice de dumper

ph-AidaAïda Alhamdoua a intégré la mine d’or de Essakane comme conductrice de dumper. Le samedi 27 juin 2015, au cours de la cérémonie d’inauguration de la nouvelle fosse, la fosse satellite encore appelée «Fosse Falangountou», c’est elle qui a conduit le camion dumper 785C transportant le premier minerai qui est partie de la fosse vers l’usine.
Avant que le mastodonte de 150 tonnes ne s’ébranle, Aïdatoute, émue, a reçu les félicitations du ministre des Mines et de l’Energie de l’époque, Boubacar Ba, du président et chef de la direction de IAM GOLD, Steve Letwin, du président du conseil et administrateur de IAMGOLD, Donald K. Charter, du gouverneur de la région du Sahel, Djibril Lallé, et surtout du Haut-Commissaire de la province du Séno, Irène Coulibaly. Qui est Aïda Alhamdou? Originaire de Dori, elle abandonne ses études secondaires en classe de 3e en 2007. Elle n’avait que 19 ans. Sa mère travaillait dans le milieu associatif et Aïda a vite appris la fabrication du savon local avant de devenir vigile à la mine d’or de Essakane SA pour le compte d’une société de sous-traitance de gardiennage.
En 2010, elle entreprend une formation dans la conduite des engins lourds, proposée par l’Agence nationale de la promotion de l’emploi (ANPE) de Dori. Elle passe son permis de conduire et s’inscrit pour la formation après avoir abandonné son emploi. Quelque temps après la fin de sa formation à l’ANPE, Essakane SA lance une offre d’emploi pour des opérateurs d’engins lourds. Elle postule malgré son manque d’expérience, mais Essakane SA lui donne sa chance. En janvier 2011, elle intègre la mine comme opératrice et obtient sa compétence après 4 mois de formation dans la mine. «Mes collègues opérateurs doutaient de mes capacités à mes débuts, mais je les ai ait vite convaincus», raconte-t-elle.
Aïda Alhamdou, fruit de la formation professionnelle, est le modèle-type de la promotion de l’emploi local par la mine de Essakane SA.

EK

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Numéro d'édition: 148

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