La quantité de précipitations tombées à ce jour est insuffisante pour répondre aux besoins de base de la consommation d’eau des ménages, comme des moyens de subsistance, de l’agriculture et de la faune, selon un communiqué du gouvernement zimbabwéen. (DR)

Sécheresse au Zimbabwe : Appel aux dons pour importer de la nourriture

• L’état de catastrophe naturelle déclaré

• Les réformes agraires de Mugabe décriées

 

Le 5 février dernier, le président du Zimbabwe, Robert Mugabe, déclarait l’état de catastrophe naturelle dans plusieurs régions du pays où un quart de la population fait face à des pénuries de nourriture dues à la sécheresse. Au total, 2,44 millions de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire, soit 26 % de la population zimbabwéenne, un chiffre en hausse par rapport à 1,5 million de personnes touchées au début de la sécheresse, selon un communiqué du ministre des Gouvernements locaux et des Travaux publics. Les zones rurales du pays sont affectées dans leur ensemble, a souligné le ministre Saviour Kasukuwere.
Les réservoirs d’eau sont à moitié vides au Zimbabwe, où plus de 16.000 vaches sont déjà mortes en raison de la sécheresse et 75 % des récoltes ont été ravagés, ajoute le ministre. Dans les zones rurales, les villageois, privés de leur alimentation de base, sont contraints de consommer des fruits sauvages ou de réduire leur nourriture.
Quatre jours plus tard, le 9 février, le Zimbabwe appelait les entreprises et associations caritatives nationales à verser 1,5 milliard de dollars pour importer de la nourriture et empêcher une famine.
«Le gouvernement du Zimbabwe a besoin d’un total de 1,5 milliard de dollars (1,39 milliard d’euros) entre février et décembre, a déclaré le vice-président Emmerson Mnangagwa lors d’une conférence, précisant qu’il faudrait importer 1,5 million de tonnes de maïs pour nourrir la population, rapporte Le Monde.
La quantité de précipitations tombées à ce jour est insuffisante pour répondre aux besoins de base de la consommation d’eau des ménages, comme des moyens de subsistance, de l’agriculture et de la faune, selon le communiqué.
Selon Emmerson Mnangagwa, les régions du sud du pays sont les plus affectées et des dizaines de milliers de têtes de bétail meurent, des réservoirs s’assèchent et le niveau des barrages baisse. «Il existe une menace pour la vie humaine et animale quand viennent à manquer l’eau potable, l’eau pour l’irrigation et les points d’eau pour les animaux», a-t-il poursuivi.
Autrefois qualifié de grenier de l’Afrique, le Zimbabwe a connu des pénuries à répétition ces dernières années et a misé sur l’importation de céréales des pays voisins pour répondre à ses besoins.
Robert Mugabe a expliqué la situation par la combinaison des faibles rendements agricoles dus aux pluies irrégulières et les sanctions imposées par les pays occidentaux pour violations des droits de l’Homme.
Mais des voix critiques pointent plutôt ses réformes agraires adoptées depuis les années 2000. Le gouvernement a promis de faire un audit pour vérifier que les terres étaient bien cultivées.
D’autres pays de l’Afrique australe comme l’Afrique du Sud, le Malawi et la Zambie sont également frappés par la sécheresse, dont la cause est El Nino, un courant chaud équatorial du Pacifique qui réapparaît tous les cinq à sept ans et qui connaît cette année une forte intensité. La Corne de l’Afrique est également gravement menacée. «La Somalie et l’Ethiopie se présentent dans cette région comme les deux pays les plus concernés par cette sécheresse, estime Vincent Taillandier, directeur des opérations à Action contre la faim. Une partie du cheptel a été décimée. Des témoignages disent que certains habitants doivent faire plus de 30 km pour trouver de l’eau potable».

N.K

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Numéro d'édition: 145

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