Projets et infrastructures : Printemps annoncé pour le PPP

• L’option du gouvernement Thiéba

• Une solution face au manque de financement public

• La formule fait des émules en Afrique de l’Ouest

 

En tant que maître d’œuvre du programme du président Roch Kaboré, le gouvernement du Premier ministre Paul Kaba Thiéba prévoit la réalisation de plusieurs projets et infrastructures sur la durée du mandat de 5 ans. L’ensemble de ces intentions a été dévoilé le 5 février dernier à l’occasion de la déclaration de politique générale, devant les députés de l’Assemblée nationale. Construction et bitumage de routes, réalisation d’infrastructures marchandes dans les secteurs du transport et de l’énergie, construction d’infrastructures sociales dans le domaine de l’eau et de l’assainissement, la santé, l’éducation, l’aménagement urbain constituent le menu de ce chapitre. Pour y arriver, Paul Kaba Thiéba entend se servir du Partenariat public/privé (PPP) comme passerelle. Le Premier ministre l’a clairement annoncé dans la déclaration avant de l’évoquer plusieurs fois dans ses explications et ses réponses aux questions des députés. A en croire le chef du gouvernement, le Burkina, sous la conduite du président Roch Kaboré, est résolument engagé à utiliser la formule du PPP comme option prioritaire dans la réalisation des projets et des infrastructures. Cette formule est envisagée comme une solution et une alternative face au manque de financement public.
En effet, sur la réalité des ressources financières du pays, le Premier ministre a présenté un tableau non reluisant qui ne laisse qu’une portion congrue pour les investissements. «Sur la base des données enregistrées en 2015, les dépenses courantes de l’Etat absorberaient près de 94% des recettes fiscales», a indiqué Paul Kaba Thiéba. Et d’après le chef du gouvernement, les perspectives s’annoncent négatives. «L’accroissement démesuré des charges courantes, notamment des salaires, se poursuit et dégrade le ratio masse salariale sur recettes fiscales».

Selon le Premier ministre Thiéba , l’Etat entreprendra au cours de l’année 2016, dans le cadre d’un partenariat public-privé, la construction de l’autoroute Ouaga-frontière de la Côte d’Ivoire.(DR)

Selon le Premier ministre Thiéba , l’Etat entreprendra au cours de l’année 2016, dans le cadre d’un partenariat public-privé, la construction de l’autoroute Ouaga-frontière de la Côte d’Ivoire.(DR)

La situation financière actuelle du Burkina empêche tout investissement et contraint pratiquement l’Etat à se limiter à l’accomplissement des dépenses courantes.
Afin de satisfaire à la réalisation de certaines infrastructures et projets, qui ne restent pas moins des urgences de développement, le recours à d’autres procédés de financement s’impose. Le PPP se présente alors comme une nouvelle voie et en même temps une alternative aux institutions financières internationales qui sont les bailleurs de fonds classiques.
L’engouement pour la formule du PPP est en vogue en Afrique de l’Ouest. Selon la représentation Afrique francophone de Deloitte, cabinet d’audit et de conseil, les investissements dans les infrastructures en Afrique de l’Ouest ont progressé de 50% entre 2013 et 2014 grâce au PPP. Tout autour du Burkina, beaucoup de pays qui ont déjà mis en place leur cadre juridique du PPP s’en servent pour réaliser des grands projets d’infrastructures. Le Niger, le Sénégal, la Côte d’Ivoire et le Mali sont des pays qui se sont récemment dotés de loi sur le PPP et qui ont pu réaliser des projets d’envergure sur ce schéma.
En Côte d’Ivoire, le 3e pont d’Abidjan, inauguré en décembre 2014, a été réalisé sur la formule du PPP. C’est également cette formule qui a été retenue pour la construction du deuxième terminal du port autonome d’Abidjan.
Au niveau régional, également, l’Uemoa envisage de réaliser des projets d’autoroutes, de chemin de fer et de ponts sous la formule du PPP. Pour marquer son intérêt pour le PPP, le Burkina s’est doté de sa loi sur le PPP en mai 2013. De grands projets nationaux ont déjà été lancés sur la base du PPP. Mais à présent, on semble avoir opté d’aller à fond pour ce procédé. Un printemps des PPP s’annonce donc au Burkina. Première fleur de ce printemps: l’autoroute Ouaga–frontière de la Côte d’Ivoire. Selon le Premier ministre Thiéba, l’Etat entreprendra sa construction au cours de l’année 2016.

Karim GADIAGA


Les projets nationaux en PPP

Même si le PPP va peut-être amorcer sa vitesse de croisière sous le gouvernement du Premier ministre Thiéba, de grands projets en cours existent déjà sous le régime du PPP. C’est le cas notamment du projet intégré de Tambao. Ce projet comprend à la fois l’exploitation du minerai de manganèse, mais aussi des infrastructures comme le chemin de fer Kaya –Tambao et le bitumage de la route Dori- Gorom-Gorom.
La réalisation de l’échangeur du nord à Ouagadougou va également se faire sous le principe du PPP. Présenté comme le plus grand et le plus beau des échangeurs de la capitale, ses travaux ont été lancés en décembre 2015. Dans le domaine de l’énergie également, des projets ont été conçus sous forme de PPP.

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Numéro d'édition: 145

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