Financement : Une banque des PME verra le jour

• Exaucer le vœu du secteur privé

• Lever une contrainte majeure pour les entreprises

 

Des changements sont annoncés dans l’univers de la finance et des banques au Burkina. Lors de sa déclaration de politique générale le 5 février, le Premier ministre Thiéba a annoncé la mise en place d’une banque dédiée aux PME/PMI. C’est-à-dire les Petites et moyennes entreprises et les Petites et moyennes industries. La banque promise «permettra d’apporter une gamme complète de services financiers à cette catégorie d’entreprises». Parmi ces services, le chef du gouvernement a cité «l’investissement en fonds propres et en quasi fonds propres au moment de la création ou du développement de ces entreprises»; « le financement de projets innovants et porteurs de compétitivité»; «le cofinancement des investissements » et «le financement du cycle d’exploitation». Cette annonce du Premier ministre permet d’exaucer l’un des grands vœux du secteur privé.
Selon les résultats d’une enquête de la Banque mondiale, le Burkina Faso est l’un des pays où le taux des entreprises identifiant l’accès au financement comme «une contrainte majeure» est très élevé.
75% des entreprises estiment que l’accès au financement est un vrai problème. En Côte d’Ivoire, ce taux est de 70%, 60% au Togo, 50% au Mali et 34% au Rwanda. Comparativement à la situation des autres pays, le Burkina a donc des efforts à faire pour satisfaire les besoins de financement de ses entreprises.
C’est dans un tel contexte qui fait de la question du financement une grosse préoccupation que la 14e Rencontre gouvernement/secteur privé (RGSP) tenue le 27 avril 2015, après son report en octobre 2014, s’était arrêtée sur le thème «la problématique du financement des PME/PMI au Burkina Faso: enjeux, défis et perspectives». Parmi la vingtaine de recommandations issues des échanges, les participants ont retenu «la création d’une banque d’investissement et d’une banque des PME/PMI, avec une implantation dans les différentes régions» comme premier point.
Il est établi que les PME/PMI (80% des entreprises) ont un rôle moteur dans l’économie. Or, ces entreprises sont freinées par des obstacles qui découlent essentiellement de l’accès au financement.
Au Burkina, les PME/PMI ont des difficultés d’accès aux banques à cause du problème de la garantie ou même de l’inadaptation des offres. Du côté l’Etat, l’accompagnement proposé aux PME à travers les fonds nationaux est insuffisant et parfois mal organisé.
Outre la mise en place de la banque des PME/PMI, le Premier ministre a annoncé plusieurs autres mesures qui vont permettre de satisfaire les différents besoins de financement de cette catégorie d’entreprises.
Karim GADIAGA


Les autres mesures en faveur des PME/PMI

En plus de la banque dédiée aux PME/PMI, le Premier ministre a annoncé d’autres mesures qui visent à régler la question du financement pour les entreprises :
• un dispositif complet (institutionnel, législatif et fiscal) pour promouvoir le capital-investissement (création, développement, transmission)
• le renforcement de la capacité d’intervention de la Société financière de garanties inter-bancaires (SOFIGIB) dans laquelle l’Etat, à travers le Fonds burkinabè de développement économique et social (FBDES), détient plus de 50% du capital, afin de garantir les crédits aux PME/PMI
• la création d’une institution publique autonome spécialisée dans la conception de la stratégie d’endettement de l’Etat sur les marchés financiers
• l’élaboration d’un cadre règlementaire propice au développement des instruments de la finance islamique pour promouvoir notamment les obligations islamiques couramment appelées sukuks, la micro-finance, etc.

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Numéro d'édition: 145

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