Le ministre d’Etat, Simon Compaoré, et le secrétaire d’Etat chargé de la décentralisation, Alfred Gouba, ont échangé avec la presse. (DR)

MATDSI Les défis de Simon Compaoré

• Mieux organiser les Renseignements

• Accorder plus de place à la décentralisation

• Déplacer le camp de Mentao

Le ministre d’Etat, Simon Compaoré, a rencontré la presse le 4 février dernier pour décliner les priorités du ministère de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Sécurité intérieure (MATDSI). A peine deux semaines passées à la tête du département, Simon Compaoré a voulu partager avec les hommes de médias ce qu’il entend poser comme actions.
Pour lui, un travail de réorganisation s’impose, compte tenu de la recrudescence du grand banditisme et de la multiplication des actes terroristes. Si la sécurité nécessite beaucoup de moyens, des hommes, de l’argent et du matériel, le ministre en charge de la Sécurité intérieure estime que l’efficacité de sa structure repose sur les renseignements et la collecte d’informations.
C’est pourquoi Simon Compaoré a dit tout haut qu’il y a nécessité de bien organiser l’organe de renseignements. Il a confié au détour de cette rencontre d’échanges avec la presse que son département s’attèlera au renforcement des capacités opérationnelles des Forces. Cela passera nécessairement, reconnaît-il, par la mise en place de mesures permettant une adaptation des hommes et du matériel à l’évolution de la menace.
Si le ministre d’Etat rappelle que la sécurité du territoire incombe à chaque Burkinabè, il insiste néanmoins sur la nécessité de restaurer l’autorité de l’Etat face à l’incivisme généralisé et face à la défiance de certaines populations. Sur ce point, Simon Compaoré veut remettre de l’ordre. Il reconnaît que ce retour à la discipline est une œuvre de longue haleine à laquelle chacun doit prendre part.
Passée l’étape de la sécurité, le défi de la décentralisation s’impose au ministre d’Etat et au secrétaire d’Etat chargé de la décentralisation, Alfred Gouba. Déjà, les élections municipales du 22 mai prochain se profilent à l’horizon. Les maires seront bientôt installés et les problèmes de lotissements referont surface.
Une question taraude les esprits de Simon Compaoré et d’Alfred Gouba: faut-il ouvrir le chapitre des lotissements avant ou après les élections municipales ? L’ouvrir avant, estime Simon Compaoré, peut alimenter l’eau de ceux-là qui veulent compétir le 22 mai et pourrait gêner les élections dans certaines communes. Ce qui semble envisageable pour Simon Compaoré et son secrétaire d’Etat, c’est de réfléchir sur une démarche commune à dérouler après les élections. La position de Simon Compaoré n’est pas tranchée sur la question. En tout cas, dans le plan du ministre d’Etat, plus de place doit être accordée à la décentralisation. A propos des élections du 22 mai, le ministre en charge de l’Administration du territoire n’exclut pas un couplage Municipales-Référendum sur la Constitution, au cas où la Commission en charge de la relecture de la Constitution serait prête. Cette disposition est du reste une proposition de la Commission de la réconciliation nationale et des réformes. La question sur la nécessité de dissocier le département de la Sécurité de l’Administration territoriale est revenue sur la table. Le ministre Compaoré demande d’attendre de voir. Installé seulement il y a deux semaines, Simon Compaoré se demande de quels éléments disposent les défenseurs de cette thèse pour convaincre que la formule actuelle est inopérante? «Je veux des résultats et, Dieu voulant, on aura des résultats. Mettons ce débat de côté et serrons-nous les coudes», a lancé Simon Compaoré.

Alexandre Le Grand ROUAMBA


 

Le camp qui inquiète Simon

Le camp des réfugiés maliens, le camp Mentao, dans le Nord du Burkina, préoccupe aussi le ministre de la Sécurité. Il est revenu au cours de ce point de presse qu’il y a beaucoup de monde dans ce camp et les va-et-vient peuvent être source d’insécurité. «Ce camp devient dangereux!», s’exclame Simon Compaoré. A titre personnel, il estime qu’il faut voir avec le HCR pour déplacer ledit camp. Simon Compaoré craint que des coups ne se trament là-bas à partir des faisceaux de renseignements. o

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Numéro d'édition: 144

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