Émissions de gaz à effet de serre : La part de responsabilité des sociétés minières

• 703,6 Gg en équivalent CO2 de gaz émis en 2014

• La phase d’exploitation minière émet 98% de ces gaz

• L’énergie électrique produit 60,5% de l’ensemble des gaz du secteur

 

Quel est l’impact climatique des activités des industries minières en activité au Burkina Faso? Selon une étude réalisée en 2015 par l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) au Burkina Faso, une tonne d’or produite dégagerait des gaz à effet de serre équivalent à 17 Gg en équivalent CO2 (unité de mesure pour évaluer le potentiel de réchauffement climatique d’un gaz à effet de serre).


 

Tablo gaz


 

L’étude de l’ITIE qui a consisté à faire l’inventaire des gaz à effet de serre dans l’industrie extractive au Burkina Faso précise que les activités minières ont généré des émissions totales de gaz à effet de serre évaluées à 703,6 Gg en équivalent CO2 en 2014. En termes de taux, «la phase d’exploitation minière émet 98% des gaz à effet de serre totaux et la phase d’exploration 2%», relève Godefroy Thiombiano, consultant qui a réalisé l’étude.
Mais quelles sont les sources des émissions de gaz à effet de serre par les activités minières au Burkina Faso?
Selon l’étude, les gaz à effet de serre sont générés par diverses sources d’émissions dont la plus importante est la production de l’énergie électrique avec 60,5% de l’ensemble des gaz émis. Suivent ensuite les transports routiers dont les émissions représentent 30,72%. Dans ce registre, la quasi-totalité des émissions se concentre au cours de la phase d’exploitation. Enfin, les procédés industriels (7,95%) provenant de la production du zinc et du plomb et les déchets avec 0,82% d’émission complètent la liste des sources d’émission de gaz.
A ceux-là s’ajoutent la déforestation due à la construction de la mine, l’exploitation des carrières et le dépôt des terrines qui contribuent également à l’émission des gaz à effet de serre, selon le consultant.
L’étude, la toute première au Burkina Faso, a pris l’année 2014 comme année de référence à partir de laquelle des comparaisons peuvent être faites les années à venir sur les émissions de gaz à effet de serre.
Elle a eu pour mérite de contribuer à la transparence de l’impact climatique des activités des industries minières extractives en activité au Burkina Faso en mettant à la disposition de la population des informations sur la production directe et indirecte de gaz à effet de serre des activités minières.
Les résultats de l’étude ont inspiré les organisations de la société civile intervenant dans les domaines des mines, l’environnement et les droits humains. Dans le cadre de la conférence de Paris sur les changements climatiques, elles ont décidé de s’appuyer sur cette étude pour animer une conférence sous le thème: «Mines et changements climatiques». C’était le 11 décembre 2015 à Paris, en marge de la COP21. Le 15 janvier 2016, ces organisations ont fait le point de leur participation à la COP21 au cours d’une rencontre lors de laquelle le consultant a présenté les résultats de l’étude.o
Elie KABORE


Renforcer les capacités des structures en charge du suivi environnemental

L’étude a formulé les recommandations à l’endroit de l’administration des mines :
– Réviser le canevas des rapports périodiques, trimestriels et annuels pour intégrer le suivi des émissions de gaz à effet de serre.
– Promouvoir le Partenariat public-privé et mettre en place des mécanismes financiers et fiscaux pour la mise en place d’équipements de production d’électricité par la valorisation des énergies renouvelables
– Renforcer les capacités des structures en charge du suivi environnemental par une dotation en équipements et en ressources humaines
– Mettre en place un mécanisme pour une utilisation optimale des ressources financières de mise en œuvre des plans de réhabilitation des sites miniers
– Renforcer les capacités des productions de la SONABEL et améliorer la fiabilité du transport et de la distribution qui permettra de raccorder les sites miniers
– Améliorer l’accessibilité aux données
– Promouvoir des actions d’économies d’énergie électrique
– Réaliser des entretiens préventifs réguliers des véhicules et équipements afin de réduire les émissions nocives
– Réaliser des Partenariats public-privé dans la mise en place d’équipements de production d’électricité par la valorisation des énergies renouvelables.

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Numéro d'édition: 143

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