Nouveau gouvernement: 3 femmes pour assurer le développement

• Economie, finance, développement

• L’aménagement du territoire érigé en secrétariat d’Etat

• Un enseignant-chercheur aux mines

La gestion des finances publiques revient à une femme dans le tout premier gouvernement sous l’ère Roch Marc Christian Kaboré. Rosine Coulibaly/Sori a été nommée au poste de ministre de l’Economie, des finances et du Développement. Elle sera épaulée par Edith Clémence Yaka, ministre déléguée chargée du Budget et par Pauline Zouré, secrétaire d’Etat chargée de l’Aménagement du territoire.

 Le ministère de l’Economie, des finances et du Développement est dirigé par Rosine Coulibaly/Sori. Elle sera épaulée par deux autres femmes, à savoir Edith Clémence Yaka, ministre déléguée chargée du Budget et Pauline Zouré, secrétaire d’Etat chargée de l’Aménagement du territoire. (Ph: Yvan SAMA)

Le ministère de l’Economie, des finances et du Développement est dirigé par Rosine Coulibaly/Sori. Elle sera épaulée par deux autres femmes, à savoir Edith Clémence Yaka, ministre déléguée chargée du Budget et Pauline Zouré, secrétaire d’Etat chargée de l’Aménagement du territoire. (Ph: Yvan SAMA)

Quelle analyse peut-on en faire ?
Rosine Coulibaly/Sori est celle que la rumeur avait nommée Premier ministre. Cette spécialiste en macroéconomique et planification a longtemps travaillé dans le système des Nations-unies. Elle était jusqu’à sa nomination, la représentante résidente du Programme des nations-unies pour le développement (PNUD) au Bénin depuis 2014. En plus de ce poste, elle assurait la coordination du Système des Nations -Unies au Bénin. Rosine Coulibaly a occupé ce même poste au Burundi et au Togo. La dénomination de son ministère trahit les intentions du président Kaboré et de son Premier ministre.
En effet, en plus de l’Economie et des Finances, on lui a ajouté le «Développement». Tout un programme puisque malgré la mise en œuvre du Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté(CSLP), les indicateurs de croissance se sont certes nettement améliorés mais la pauvreté est restée présente. Cette contradiction a inspiré la mise en œuvre de la Stratégie de croissance accélérée et de développement durable (SCADD). L’année 2015 a marqué la fin de la première phase de mise en œuvre de la SCADD. Basée sur la bonne gouvernance, le développement des secteurs productifs, elle se fixait comme objectif 10% de croissance par an.

Cependant, on constate que la mise en œuvre de la SCADD n’a pas permis d’atteindre ces objectifs, tout comme les résultats mitigés des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD). Cette situation remet en cause la pertinence dans les choix des politiques de développement. Rosine Coulibaly/Sori aura la tâche de ramener le Burkina Faso sur la voie du développement.
Sur le plan de la mobilisation des recettes extérieures, elle hérite du ministère au moment où le Burkina Faso jouit d’une bonne image auprès des partenaires financières et des investisseurs privés.
Au lendemain de l’élection de Roch Marc Christian Kaboré, ce dernier a reçu en audience de nombreuses personnalités venues renouveler leur confiance au Burkina Faso. Ces audiences qui se sont poursuivies le jour de son investiture et après son installation à Kosyam, ont été l’occasion d’annoncer pour les uns le renouvellement et l’augmentation des soutiens financiers, et pour les autres leur retour au Burkina Faso. Déjà, pendant l’élaboration du budget 2016, le Burkina Faso a reçu des promesses de financements de 66 milliards de F CFA. Rosine Coulibaly/Sori avec son expérience dans les finances internationales sera chargée non seulement de gérer cette manne financière mais aussi d’attirer d’autres investisseurs privés dans le pays.
Dans la gestion de ces ressources, elle devrait améliorer la bonne gouvernance avec un accent sur la cohérence des politiques de développement, une stabilité institutionnelle durable pour une meilleure appropriation des politiques par tous les acteurs au niveau central et déconcentré. Pour l’aider dans sa tâche, le chef du gouvernement lui a adjoint une autre dame en la personne de Edith Clémence Yaka au poste de ministre déléguée chargée du Budget. Cette inspectrice du trésor a évolué au sein du Trésor public. Elle était jusqu’à sa nomination la directrice générale adjointe du Trésor et de la comptabilité publique. Poste qu’elle occupait depuis sa nomination en Conseil des ministres du 11 février 2015.
Elle siégeait au sein du Conseil d’administration de la Banque internationale pour le commerce, l’industrie et l’agriculture du Burkina (BICIAB) depuis le 29 juillet 2015 pour le compte du ministère de l’Economie et des finances. Avant ce poste, elle a été directrice de l’exécution et des statistiques budgétaires en 2011. Un bon profil pour ce poste.
L’importance du développement qu’accorde le président Kaboré se lit également à travers l’érection d’une direction générale de l’aménagement en Secrétariat d’Etat chargé de l’aménagement du territoire auprès du ministère de l’économie, des finances et du développement.

Elie KABORE


Un enseignant-chercheur aux mines

Le ministère de l’Energie, des mines et des carrières sera dirigé par Alpha Oumar Dissa, enseignant-chercheur à l’Unité de formation et de recherche en sciences exactes et appliquées (UFR/SEA) de l’université de Ouagadougou. Il a été révélé au public par l’invention d’un réfrigérateur local basé sur l’évaporation de l’eau à travers une paroi poreuse en argile cuite. Aussi, il a été le président du comité d’organisation des journées portes ouvertes de l’Institut de génie de l’environnement et du Développement durable (IGEDD) qui forme des spécialistes maîtrisant les disciplines et les concepts de l’ensemble des domaines de l’environnement, de la gestion des risques et du développement durable.
Son profil d’enseignant-chercheur dans le domaine de l’environnement a été un atout dans sa nomination à ce poste stratégique. Entre autres grands défis qui l’attendent sont la prise des décrets d’application du nouveau code minier et le développement de la recherche afin de remplacer les mines en fin de vie. o


 

Simon Compaoré: le retour du CDR

SIMON-COMPAORE-L’ancien maire de Ouagadougou est désormais ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale, de la décentralisation et de la Sécurité intérieure. L’ancien CDR (Comité de défense de la révolution) prend les commandes d’un super département. Un poste qui lui convient comme des gants. Homme de principe et véritable fonceur, Simon Compaoré a une lourde tâche et devra sortir beaucoup de cartouches d’idées pour faire face à des défis pressants. La question de sécurité est une grosse préoccupation. On comprend pourquoi jusque -là le couvre-feu est toujours en vigueur. Cette question est tellement sensible qu’elle constituera une des priorités de Simon Compaoré. A ce poste, il l’aura la lourde charge de continuer la mise en œuvre de la Décentralisation. On attend de connaître la nouvelle date des élections municipales d’où sortiront les maires. A ce niveau, Simon Compaoré est dans son élément pour gérer cette question, lui qui a été président de l’Association des maires du Burkina Faso (AMBF) et trésorier de l’Association internationale des maires francophones (AIMF). Instruit par la gestion controversée de la plupart des communes, il saura apporter une réponse aux défis qui s’imposent à ce domaine. Quid de l’incivisme ! Là, l’ancien maire a déjà prouvé, 17 ans durant, qu’il n’a pas de sentiments pour ceux qui s’abonnent au désordre. Roch Marc Christian Kaboré a déjà donné le ton le 29 décembre dernier, le jour de son investiture: Force doit rester à la loi ! Simon Compaoré n’en demande pas plus pour faire respecter l’autorité, les lois et textes pour un Burkina plus civique et plus tolérant. On imagine déjà certaines mesures qui feront lever des boucliers, mais nécessaires pour l’ordre et la paix. Il a du pain sur la planche !

Tahirou Bangré: Face à des défis

Ministre-des-sports-et-des-loisirs,-Tairou-BangréPlus rien ne sera comme avant au Ministère des sports. Pour l’une des rares fois, ce département n’a pas été confié à un homme de tenue. L’ancien international et ex sociétaire du Racing club de Bobo Dioulasso (RCB), qui hérite du strapontin, est aussi le chef du département communication et journalisme de l’Université de Ouagadougou. Il connaît le milieu du sport et sait ce qui l’attend. Zimako, comme on l’appelle dans le milieu, va gérer un département de passionnés. Le public sportif est très attaché à son sport et est souvent impatient. Tahirou Bangré est bien placé pour le savoir. Il aura surtout à affronter des défis urgents dont la qualification des Etalons football pour la CAN 2017. Son premier rendez-vous, c’est pour le 26 mars 2016 contre l’Ouganda. Mais avant, le RCB et l’USFA seront en campagnes africaines en février. Tahirou Bangré sait qu’il n’aura pas de répit. Il aura à concrétiser le siège des fédérations sportives avec l’accompagnement du Japon, à régler les tensions dans certaines fédérations et aussi à aborder le renouvèlement des structures sportives dans moins d’un an. En sportif averti, il saura trouver les solutions idoines aux problèmes qui se présenteront à lui. c’est tout le mal qu’on lui souhaite.
AR

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Numéro d'édition: 141