Le nouveau Premier ministre à son arrivée à l’aéroport international de Ouagadougou. (DR)

Paul Kaba Thiéba, Premier ministre : Le gouvernement désormais à la tâche

• Faire la fête à l’incivisme

• Affronter les défis

• Emprunter le chemin de la réconciliation

Depuis le 6 janvier dernier, le tout nouveau Premier ministre du gouvernement post-transition est connu: Paul Kaba Thiéba. Il a 55 ans, est marié et père de 3 enfants. La nouvelle rendue publique le 7 janvier vient mettre un terme à toutes les folles rumeurs qui circulaient. La 3e personnalité du Burkina est ainsi connue. Place maintenant aux défis. Des défis, il y en aura. Le Burkina insurgé a pris rendez-vous avec l’histoire en réussissant là où beaucoup de pays ont échoué: insurrection des 30 et 31 octobre 2014, résistance populaire du 16 au 29 septembre 2015, élections transparentes et sans aucune contestation le 29 novembre 2015, investiture à laquelle 9 chefs d’Etat (et de nombreux invités d’Amérique, d’Europe, d’Asie et d’Afrique) ont pris part le 29 décembre 2015. Le Burkina revient de loin. Des martyrs sont tombés pour offrir leur sang à la paix et à la concorde. Le Burkina nouveau est en marche. Et la phrase du président de la transition, Michel Kafando, résonne encore plus fort: Plus rien ne sera comme avant.

Un jeune Premier ministre, certainement averti des défis qui l’attendent, a atterri sur le sol burkinabè le jour même où sa nomination a été rendue publique. Roch Marc Christian Kaboré envoie ainsi un signal, la prime à la jeunesse qui attend de le voir à l’œuvre. Elle l’attend sur le terrain de l’emploi, les syndicats l’attendent sur le terrain de la lutte contre la corruption et la vie chère.
Les étudiants s’impatientent de voir ce qu’il proposera pour réduire certaines de leurs souffrances. Les victimes de divers torts l’attendent sur le champ de la justice et de la réconciliation. Bref, la nation entière est tout ouïe pour voir comment Paul Kaba Thiéba va mettre en œuvre le programme présidentiel pour combler les nombreuses attentes.
Tout neuf (car il a beaucoup servi à l’international), Paul Kaba Thiéba est donc débarrassé, pour l’instant, de toute critique. On veut le voir à l’œuvre d’abord. Il a la lourde et délicate tâche de relever le pays avec son gouvernement. Il doit trancher d’avec le passé pour espérer conquérir la confiance du peuple dont le soutien est indispensable pour le développement de ce pays qui se veut prospère.
Visiblement – et les syndicats l’ont annoncé – il n’y aura pas de temps de grâce pour Paul Kaba Thiéba, nouveau et neuf soit-il ! La sincérité et l’engagement de chaque nouveau ministre à servir son pays doivent l’emporter sur le favoritisme et les actes qui pourraient engendrer des remous.
Si le choix de Roch Marc Christian Kaboré s’est porté sur cet économiste, c’est qu’il a les capacités de conduire son premier gouvernement. Tous l’attendent à l’œuvre! On attend de lui des mesures fortes pour arrondir les angles de l’incivisme, pour que, comme le président du Faso l’a dit le 29 décembre 2015, force reste à la loi.
A coup sûr, rien de viable ne peut s’entreprendre dans le désordre et l’indiscipline. L’incivisme a droit de cité dans notre pays et on espère avec le nouvel air qui souffle que chaque Burkinabè revisitera son attitude, son comportement et son engagement à faire de ce pays un pays où on a recommencé à intégrer les valeurs d’intégrité et de respect des règles dans son vécu quotidien.

Alexandre Le Grand ROUAMBA


Mieux connaître le nouveau PM

Expérience professionnelle
Depuis février 2014 : Administrateur délégué du Fonds de stabilité financière de l’UEMOA.
De janvier 2012 à février 2014: Conseiller du directeur général des opérations de la BCEAO.
De janvier 2009 à décembre 2011 : Conseiller du directeur du département des affaires générales de la BCEAO, assurant la supervision des directions en charge des systèmes d’information, des affaires juridiques; des affaires administratives
De janvier 2007 à décembre 2008 : Directeur des opérations financières de la BCEAO.
De juillet 2000 à décembre 2006 : Adjoint au Directeur des opérations financières de la BCEAO.
De septembre 1998 à juillet 2000 : Chef du service des changes de la BCEAO.
De novembre 1993 à septembre 1998 : Fondé de pouvoirs au service du marché monétaire de la BCEAO.
De décembre 1988 à décembre 1991 : Gérant de portefeuille chez Techniques de gestion financière (TGF), groupe Caisse des dépôts et consignations à Paris.
De janvier 1992 à octobre 1993 : Fondé de pouvoirs chez CDC Gestion, groupe Caisse des dépôts et consignations, Paris.

Formation universitaire
Décembre 1988: Diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS), option Banques et finances, Université de Paris V
Décembre 1987: Doctorat de 3e cycle, option Monnaie, Finance, Banque, Université de Grenoble II
Juin 1984: Diplôme d’études approfondies (DEA), option Monnaie, Finances Banques, Université de Grenoble II
Juin 1983: Maîtrise option Gestion des entreprises, Université de Ouagadougou
Juin 1982: Licence option Gestion des entreprises, Université de Ouagadougou
Juin 197 : BAC série C, Lycée Philippe Zinda Kaboré.

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Numéro d'édition: 140

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