Les défis du nouveau gouvernement

• Rendre la justice indépendante

• 30% des recettes minières pour le développement

Le Burkina Faso est rentré dans une nouvelle ère avec les élections du 29 novembre dernier qui ont marqué le début de l’alternance politique. Longtemps réclamée par la population, cette alternance politique est l’un des socles sur lesquels le pays veut bâtir sa démocratie. Le nouveau gouvernement aura donc fort à faire, car la population a de nombreuses attentes dans plusieurs domaines tels la justice, la politique, l’économie et bien d’autres. Fort heureusement, le gouvernement pourra s’appuyer sur les recommandations faites par la Commission de réconciliation nationale et des réformes (CRNR) pour répondre aux aspirations du peuple.

Dans le domaine de la justice, de nombreux manquements ont été relevés. La commission cite, par exemple, l’ineffectivité de l’indépendance de la justice; la faiblesse des moyens humains et matériels mis à la disposition de la justice; la faible couverture du territoire en juridictions, l’inexécution des décisions de justice et les fréquents manquements aux règles d’éthique et de déontologie. Ces facteurs empêchent la justice de jouer pleinement son rôle de facteur de paix sociale et, au contraire, engendrent le développement de l’incivisme, de la vindicte populaire et des troubles sociaux.
Le nouveau gouvernement devra donc veiller à régler les problèmes qui entravent le bon fonctionnement de l’institution judiciaire afin de rassurer le peuple sur le vrai changement qu’il compte mettre en place. Le manque de justice et l’impunité ont longtemps affecté le pays. Comme l’a relevé la commission dans son rapport, l’impunité a fait beaucoup de mal dans le pays: «Le chantier vérité, justice et réconciliation est transversal: les crimes, délits, conflits enregistrés trouvent leurs causes dans les différents domaines confiés à la réflexion de la commission.
Les solutions appellent donc des réformes dans tous les secteurs de la société. Le chantier spécifique de la réconciliation nécessite d’apaiser les cœurs en apportant des solutions rapides au lourd passif des violations qui ont émaillé la vie de la nation». Comme solution, il a été recommandé le règlement des affaires pendantes, soit par la voie judiciaire, soit par la voie extrajudiciaire. Les populations ont autant soif de justice que d’engagements qui leur permettront de résoudre également les problèmes économiques auxquels elles font face. Pour ce volet, de nombreuses propositions ont été faites par la Commission de réconciliation. Parmi ces propositions, on note la sécurisation de l’investissement privé; dédier au moins 30% des recettes fiscales minières à l’investissement; soutenir l’industrie en luttant contre la fraude, etc. Les journalistes pour leur part espèrent également une meilleure collaboration avec les nouvelles autorités du pays, car l’accès aux sources d’informations publiques et aux documents administratifs est un réel problème. Les autorités ont toujours privilégiés les médias internationaux, qui ont toujours eu la primeur de l’information. Parmi les solutions proposées par la commission, il ressort la création d’une véritable Agence d’information en la dotant des moyens nécessaires à son fonctionnement; élargir la compétence du CSC au recrutement des Directeurs généraux des médias publics pour garantir leur indépendance de la tutelle ministérielle. Pour le moment, tous les regards sont rivés sur le nouveau gouvernement dont on attend de voir la composition et les premières actions.

Germaine BIRBA


Une soif de justice

L’insurrection populaire a marqué le besoin de changement dans la vie politique au Burkina Faso. Plusieurs facteurs ont conduit à cette insurrection. Ce sont, entre autres, la mauvaise gouvernance, l’impunité, la vie chère et bien d’autres. Les bases d’un nouveau Burkina sont jetées avec l’élection de Roch Marc Christian Kaboré. Mais le tout n’est pas que de faire une alternance politique. La population a soif de justice, d’équité, de bonne gouvernance. La tâche de cette nouvelle équipe sera ardue, car les Burkinabè ne veulent pas avoir à regretter leur insurrection.

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Numéro d'édition: 140

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