Fêtes de fin d’année : Les prestataires font le plein des stocks

• Maquis et caves prêts pour la fête

• Tous entendent faire de bonnes affaires

• Le couvre-feu encore suspendu !

Il n’est un secret pour personne que les fêtes de fin d’année constituent des périodes de ruptures de stocks de boissons dans la capitale burkinabè. Pour éviter que les Ouagalais vivent cette situation «désagréable», maquis et caves s’affairent. Dans ces lieux de distractions, tout est remis à neuf: les bâtiments se sont vu repeindre, les meubles, chaises et tables sont réfectionnés, de nouveaux appareils de sonorisation high-tech installés.

Au quartier Wemtenga de Ouagadougou, le maquis-bar dénommé «La Maison Blanche» a dû prendre une batterie de mesures dans le seul but de satisfaire sa clientèle. «Nous avons pris un mois tout entier pour remettre à neuf la Maison Blanche.
Cela nous a coûté une fortune, mais c’est pour le plaisir de la population que nous avons fait ce sacrifice. Pour ces fêtes de fin d’année, nous avons des programmes spéciaux et beaucoup de cadeaux pour nos clients», a confié le responsable de cette boîte de nuit, Laye Somi Ben Saïd.
Il a affirmé avoir pris contact avec son fournisseur pour approvisionner le maquis en boissons, et surtout à temps, afin qu’aucun client ne se plaigne. Laye Somi Ben Saïd est « timide » quand il s’agit de parler de chiffres, notamment sur la quantité de boissons commandée. Ce qui est sûr, la Maison Blanche compte «doubler, voire tripler» sa commande habituelle en ces moments de fêtes.
En ce qui concerne le chiffre d’affaires journalier, la boîte de nuit de Laye Somi Ben Saïd réalise 400.000 F CFA en temps ordinaire. Au quartier Patte d’Oie, c’est avec le même engouement que les prestataires du maquis «Mousse Bleue» s’activent pour que la fête soit belle. «Il faut que chacun puisse exprimer sa joie durant cette semaine de fêtes. Ici à la Mousse Bleue, nous travaillons à satisfaire les gens pendant les fêtes de fin d’année.
Il y aura de la bière à gogo, puisque nous comptons tripler notre commande», a confié Pierre Guigma, caissier de ce débit de boissons. Voilà donc qui est clair ! A l’en croire, la «Mousse Bleue» aurait un chiffre d’affaires journalier de 700.000 à 800.000 F CFA pendant les jours ordinaires, et de plus de 1.000.000 F CFA durant les week-ends.
Particulièrement pour ces fêtes de fin d’année, Pierre Guigma compte encaisser «au-delà du million». Comme ces responsables et gérants de maquis, les caves et les brasseries veulent être au rendez-vous des commandes. A la société Brakina, la production de boissons gazeuses et non gazeuses a atteint les 150% de la production habituelle. Une manière pour la brasserie du Burkina de pallier les incessantes ruptures des années antérieures.
Et ce ne sont pas les finances qui font défaut. «Nous avons investi environ 10 milliards de F CFA pour cette année 2015, et nous comptons continuer dans la même lancée. Ainsi, nous préparons un budget de 14 milliards pour l’année prochaine. Tout cela pour le bonheur des Burkinabè», a souligné le directeur général de la Brakina, Marc Pozmentier.
Problème de boissons, le DG en fait le serment: «Il n’y aura pas de rupture de boissons cette année». D’ailleurs, le directeur commercial et marketing de la Société de distribution des boissons (Sodibo), filiale de Brakina, Julien Zagré, corrobore les dires de Marc Pozmentier: «Nous sommes plus que prêts pour les fêtes, car nous avons assez de stocks dans nos magasins». Avant de déplorer la morosité du marché ces derniers mois-ci. Situation qu’il lie, en partie, au couvre-feu qui ne permet pas, selon lui, à ses partenaires des bars et maquis de vendre jusqu’à des heures tardives.
A la cave Simporé, tout est fin prêt. Le Président directeur général (PDG) de ladite cave, François Simporé, a soutenu disposer de «suffisamment de stocks» pour subvenir aux besoins des populations durant la période des fêtes de fin d’année. «Les boissons sont là, mais le marché est mou cette année. Notre chiffre d’affaires a diminué de presque la moitié», a-t-il confessé. Ici aussi, situation nationale oblige. Mais de la Brakina aux bars et maquis via les caves à boissons, l’on reste optimiste malgré la lenteur de la commercialisation, et tous appellent de leurs vœux à la levée du couvre-feu, ne serait-ce que temporairement, pour permettre aux populations de bien fêter.
CD


 

Souplesse gouvernementale

Le couvre-feu a été instauré à l’issue du coup d’Etat manqué du 17 septembre dernier. Les horaires initiaux étaient de 19 heures à 6 heures, avant d’être repoussés de 23 heures à 5 heures. Les horaires du couvre-feu en vigueur actuellement vont de 1 heure (TU) à 4 heures du matin.
Pour les fêtes de fin d’année, de nombreux Ouagalais s’interrogaient sur la conduite à tenir. Mais selon une source sécuritaire, la question divisait au sein des autorités en charge de la sécurité. Certaines penchaient pour la suspension du couvre-feu, d’autres par contre préféraient le statu quo. Finalement, le ministre délégué chargé de la Sécurité l’a suspendu du 23 au 25 décembre. On s’attend à ce qu’il en soit de même pour la nuit du 31 décembre au 1er janvier.

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Numéro d'édition: 138

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