A l’image de cette salle, toutes les régions qui ont accueilli le 11-Décembre ont été dotées d’infrastructures immobilières. (YS)

Célébrations du 11-Décembre : 53 milliards de F CFA pour l’habitat et les routes

• Honorer les factures en souffrance

• Bouffée d’oxygène pour les régions

• Veiller à la bonne exécution des ouvrages

Depuis 2008, la célébration de la fête de l’indépendance du Burkina est tournante. Ainsi, chacune des 13 régions que compte le pays a abrité ou va abriter cette manifestation.

Colonel-Major Pascal Komyaba Sawadogo, SP du 11-Décembre. (YS)

Colonel-Major Pascal Komyaba Sawadogo, SP du 11-Décembre. (YS)

L’objectif est de permettre la réalisation d’infrastructures routières et immobilières dans chaque chef-lieu de région. Depuis Fada N’Gourma en 2008, la ronde des régions est une réalité: Ouahigouya en 2009, Bobo-Dioulasso en 2010, Koudougou en 2012, Dori en 2013, Dédougou en 2014 et cette année 2015, Ouagadougou.
Si l’édition de 2011 n’a pu se tenir à cause de la crise militaire (mutinerie) qui a secoué le Burkina, l’édition de 2015 qui devait se tenir à Kaya, dans le Centre-Nord, a été ramenée à Ouagadougou en attendant d’y aller en 2016. Cette décision est née du retard enregistré dans l’avancement des travaux à cause du putsch manqué de septembre dernier.
Quel bilan peut-on faire de cette célébration dans les chefs-lieux de région? Partout où cette organisation a lieu, les populations ont salué les investissements consentis. Des Places de la Nation en passant par la réhabilitation des aérodromes, il y a eu l’érection de marchés, de monuments, de stades, de salles polyvalentes et de cités des «Forces vives».
Des villes ont changé de visage au lendemain de la célébration de la fête nationale sur leur sol. Il y a plus de routes bitumées, d’adductions d’eau, de feux tricolores aux carrefours, ainsi que l’effectivité de réseaux d’éclairage public; bref, l’idée de faire profiter chaque région est en marche. Mais cela suppose de gros investissements.
On peut seulement déplorer que le projet d’érection des cités, surtout en 2008 à Fada N’gourma, ne connaisse pas un meilleur sort, tant les villas construites demeurent désespérément inoccupées et en passe de devenir des cages de singes. Heureusement, depuis 2009, la donne a évolué. Désormais, c’est aux «Forces vives» de chaque région de se mobiliser pour ériger leurs propres villas après acquisition gratuite de parcelles.
Ce réajustement a permis d’améliorer le niveau d’occupation des villas des cités des « Forces vives ».
Mais, le talon d’Achille des chantiers du 11-Décembre reste la qualité de la réalisation de certains ouvrages.
Si certains attributaires se sont mis au sérieux pour réaliser leurs ouvrages, d’autres par contre n’en ont eu cure. Conséquence, des routes défaites juste après la fête, des toitures de salles polyvalentes ou de salles de spectacles qui suintent. Le manque de professionnalisme de certaines entreprises risque d’avoir des conséquences sur la durabilité des ouvrages.
Dans la politique de développement des régions du Burkina par le biais de la célébration du 11-Décembre, le ministère de l’Habitat et de l’urbanisme est un partenaire incontournable. De 2008 à 2014, on retient que plus de 10 milliards de F CFA ont été injectés dans la construction des infrastructures immobilières et près de 43 milliards de F CFA pour le volet routes.
Difficile donc de remettre en cause le bien-fondé de cette pratique. Seulement, il nous revient que certains prestataires, s’ils n’attendent pas toujours de rentrer en possession de leur dû, ont dû faire preuve d’extrême patience pour voir leurs factures honorées et avec un très grand retard.
On retiendra l’essentiel qui est que la célébration du 11-Décembre dans les chefs-lieux de région est une aubaine pour le développement local. En attestent les 10 milliards que le Burkina a investits dans l’habitat et les 43 milliards orientés vers les infrastructures routières en 6 éditions. L’édition qui vient de se dérouler à Ouagadougou le 11 décembre dernier n’a pas connu de réalisation dans les deux volets suscités. Mais avec cette stratégie des autorités burkinabè, c’est tout le Burkina qui gagne.

Alexandre Le Grand ROUAMBA


 

Réalisations et chiffres

Fada 2008: aménagement de la Place de la Nation, construction d’un complexe sportif pour un montant total de : 413.408.443 F CFA
Ouahigouya 2009: salle de spectacles, réhabilitation de l’aérodrome, construction du marché, réhabilitation du stade: 885.187.974 F CFA
Bobo 2010: aménagement de la Place de la Nation, construction du marché, monuments, réhabilitation du stade: 1.424.137.611 F CFA
Koudougou 2012: érection d’une salle de spectacles, d’une Place de la Nation, d’une tribune: 1.551.476.199 F CFA
Dori 2013: salle de spectacles, Place de la Nation : 2.180.358.653 F CFA
Dédougou 2014: salle polyvalente, Place de la Nation, stade régional, alimentation électrique: 3.848.023.338 F CFA
Soit un total de 10.299.592.215 F CFA (uniquement pour le domaine de l’habitat et de l’urbanisme). A cela s’ajoutent les investissements dans le domaine du ministère des Infrastructures, du désenclavement et des transports dont le montant total est de 42.804.990.418 F CFA.

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Numéro d'édition: 136

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