Un tour

Des 14 candidats sur le banc des présidentiables, un seul a été porté par le suffrage universel. Roch Marc Christian Kaboré, avec 53,49% des voix. Un coup K.O ou un quart de tour, le président élu vient de tenir sa première promesse électorale.
Il est donc passé au premier tour. Un grand soulagement pour son camp, même si, pour la beauté du spectacle et pour les amateurs de suspense, un second tour aurait été étincelant.
Les urnes en ont décidé autrement. Il faut s’en remettre à la sagesse des électeurs, car rien ne dit qu’un second tour aurait été plus apaisé. Le 29 novembre dernier, les votants ont décidé d’abréger le martyre de la transition et ils ont eu raison. Et cela n’est pas pour mécontenter tout le monde.
Parmi les «transitaires», nombreux sont ceux qui avaient hâte de passer la main, à commencer par le premier d’entre eux: Michel Kafando qui se prépare à une seconde retraite encore bien méritée.
Douze mois de transition à tenter de tenir le gouvernail d’un pays qui tanguait entre renouveau démocratique et chaos, ça use. Et pas que les dirigeants.
Le peuple en a eu pour sa ration de peur avec le coup d’Etat manqué. Les opérateurs économiques, eux, auront bu le calice jusqu’à la lie, avec des comptes au rouge et des chiffres d’affaires en chute libre.
Pour ces catégories, le «coup K.O» est salutaire. Car moins le processus électoral s’étend, plus vite on remettra les institutions sur les rails et la confiance des investisseurs reviendra. Cette victoire au premier tour fait également du bien aux caisses de l’Etat.
La CENI fait ainsi l’économie des dépenses d’un second tour. Les économies ainsi réalisées vont permettre aux argentiers du Burkina de boucler une année financièrement difficile. Et ce n’est pas non plus mal.
Abdoulaye TAO

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Numéro d'édition: 135

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